Construction : une croissance en valeur, sans gain de poids dans l’économie
Entre 2014 et 2024, la valeur ajoutée du secteur de la construction a progressé de 53,8%, moins que le rythme de la valeur ajoutée globale (55,9%). Ainsi, sa part dans l'économie est restée figée autour de 6,3%. Cette stagnation interroge, surtout dans un pays où l’immobilier absorbe une part importante de l’épargne des ménages et où l’État multiplie les dispositifs de soutien au logement.
Sur la période 2014–2024, la valeur ajoutée du secteur de la construction au Maroc est passée de 58,4 à 89,8 MMDH, soit une hausse de 53,8%. Ce rythme est presque aligné avec celui de la valeur ajoutée globale, qui a progressé de 56% sur la même période.
Malgré cette croissance en valeur absolue, le poids relatif de la construction dans l’économie n’a pas connu d’évolution positive. En réalité, le constat dominant est celui d’une stagnation, voire d’un léger recul, de son importance structurelle.
Explication : tant que le rythme de croissance du secteur ne dépasse pas celui de l’économie dans son ensemble, sa part relative ne peut progresser. Elle tend même à se replier légèrement lorsque sa dynamique reste inférieure à la moyenne nationale, comme cela a été le cas pour la construction au cours de la période considérée.
Une croissance sans emprise
La part de la construction dans le PIB nominal est passée de 5,8% en 2014 à 5,6% en 2024, avec des variations modestes mais constantes d’année en année, oscillant entre un minimum de 5,3% en 2021 et un maximum de 5,9% en 2016 et 2017.

Dans le même temps, sa contribution à la valeur ajoutée totale est passée de 6,4% à 6,3%, atteignant un point bas de 5,9% en 2021. Ces chiffres traduisent une dynamique en demi-teinte : la construction croît, mais au même rythme que l’ensemble de l’économie, sans parvenir à capter une part accrue de la richesse nationale. En termes relatifs, sa trajectoire est donc plutôt neutre, voire marginalement négative.

Cette inertie soulève plusieurs paradoxes. Dans un pays comme le Maroc, où l’immobilier constitue le principal vecteur d’investissement des ménages et où l’épargne nationale se dirige massivement vers la pierre en l’absence d’une culture boursière mature, l’on aurait pu s’attendre à une montée en puissance du secteur dans la structure économique nationale.
Pourquoi la construction stagne
La culture patrimoniale marocaine, fortement orientée vers l’acquisition de biens immobiliers, conjuguée à un faible taux de bancarisation de l’investissement financier, confère à la construction un rôle clé dans la canalisation de l’épargne. Ce canal, pourtant si central dans la logique économique des ménages, ne semble pas se traduire par un renforcement de la contribution sectorielle à la croissance.
La construction croît sans parvenir à capter une part accrue de la richesse nationale
Ce constat est d’autant plus surprenant que l’État a multiplié les dispositifs de soutien au secteur. Ces efforts institutionnels, bien que notables, n’ont pas réussi à inverser la tendance relative. La structure productive reste marquée par une prédominance de l’informel, une faible industrialisation du secteur, une spécialisation limitée et une dépendance chronique à la commande publique.
Face à cette stagnation, quelle lecture pourrait-on en faire ? Contacté par Médias24, un expert du secteur apporte son éclairage. Selon lui, la valeur ajoutée de la construction est déjà structurellement sous-dimensionnée dans l’économie nationale.
"En Espagne, la construction représente entre 16% et 25% du PIB, selon les périodes. Au Maroc, le problème réside principalement dans la branche immobilière. Si les travaux publics ont affiché une performance significative sur la dernière décennie, cette dynamique a été freinée par les difficultés structurelles du secteur bâtiment", explique-t-il.
"Le problème du secteur du bâtiment vient principalement de la production de logements, qui a fortement ralenti ces dernières années. Cela a entraîné une contraction de l’activité d’achat et de vente. Bank Al-Maghrib a d’ailleurs signalé cette problématique, en soulignant une baisse des transactions immobilières", conclut-il.
À découvrir
à lire aussi

Article : Naissance rare d’un tapir brésilien au Zoo de Aïn Sebaâ à Casablanca
Né le 16 mai 2026 après treize mois de gestation, le nouveau-né issu du couple Trompette et Bily porte à quatre le nombre de tapirs terrestres du Brésil hébergés dans le parc zoologique casablancais.

Article : Meeting Mohammed VI : Soufiane El Bakkali frappe fort à Rabat et signe la meilleure performance mondiale de l’année
Le double champion olympique marocain a remporté le 3.000 m steeple en 7 min 57 sec 25, dimanche 31 mai 2026, devançant l’Allemand Frederik Ruppert et le Kényan Simon Kiprop Koech lors de la troisième étape de la Ligue de Diamant 2026.

Article : Ettolba en liquidation : Palmeraie Développement sécurise une importante créance
La créance a été validée contre Ettolba Lil Imar et son dirigeant Lahcen Ettolba. Le même jour, le juge-commissaire a autorisé la vente aux enchères des biens immobiliers personnels de ce dernier.

Article : Les transferts des MRE atteignent près de 40 milliards de DH à fin avril 2026
Les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont atteint 39,98 milliards de DH à fin avril 2026, en hausse de 9,8% sur un an, selon l’Office des changes.

Article : TGV : chronique d’une journée suspendue, quand le Maroc réapprend le temps
Le TGV a-t-il changé le Maroc ? Entre efficacité économique et liens familiaux renforcés, la grande vitesse est devenue, en quelques années, le trait d’union indispensable d’un pays qui ne compte plus les kilomètres, mais les opportunités.

Article : Le prince héritier Moulay El Hassan préside à Rabat le Meeting Mohammed VI d’athlétisme
La 17e édition du Meeting Mohammed VI d’Athlétisme, présidée par le Prince Héritier Moulay El Hassan, a une nouvelle fois placé Rabat au centre de l’athlétisme mondial, avec la participation des meilleurs athlètes internationaux et l’établissement de plusieurs records.

