Conflit du Sahara : pour la Slovaquie, l'autonomie est la solution la plus juste (Juraj Blanár, MAE )
Au lendemain de sa rencontre avec son homologue marocain Nasser Bourita, le ministre slovaque des Affaires étrangères, Juraj Blanár, accompagné de son collègue de la Défense, Robert Kalinak, nous a accordé une interview où il a déclaré que leur visite allait renforcer les relations économiques et militaires. Interrogé sur l'avenir du conflit du Sahara, le chef de la diplomatie a estimé que la solution d’autonomie prônée par le Maroc était la voie la plus juste pour le résoudre pacifiquement.
Lors de leur visite à Casablanca, Médias24 s'est entretenu avec les ministres slovaques des Affaires étrangères et de la Défense.
Un entretien qui fait le point sur les projets de coopération économique et militaire, ainsi que sur le soutien de leur pays à la solution d’autonomie proposée par le Maroc.
Médias24 : Vous êtes venus à la tête d’une importante délégation économique et militaire. Peut-on parler d'un rapprochement historique ?
Juraj Blanár (MAE) : Absolument, car la dernière visite d’un ministre des Affaires étrangères de la Slovaquie a eu lieu en 2007, et j'aimerais d'ailleurs remercier mon homologue marocain ainsi que le ministre délégué chargé de la Défense et le président du Parlement pour leur chaleureux accueil.
Pour répondre directement à votre question, nous sommes venus pour intensifier notre coopération et la propulser à un niveau plus élevé avec le Maroc, qui est notre plus important partenaire commercial d’Afrique.
À cette occasion, nous avons signé une déclaration avec votre chef de la diplomatie, avec qui j’ai eu une discussion très ouverte sur la politique étrangère dont nous partageons les mêmes positions.
Nous nous sommes mis d’accord sur la nécessité de porter notre coopération bilatérale à un niveau supérieur, pas seulement en ce qui concerne le volet politique, mais également commercial.
Nos deux pays ont pour philosophie commune d’essayer d’instaurer la paix dans le monde
Ainsi, nous avons décidé de soutenir mutuellement nos candidatures respectives pour tâcher de devenir durant la période 2028-2029 des membres non permanents du Conseil de sécurité de l'ONU.
Partageant le même sentiment sur la situation internationale et notamment du droit humanitaire qui ne cesse de se détériorer, nos deux pays ont pour philosophie commune d’essayer d’instaurer la paix dans le monde.
— Comment comptez-vous renforcer les relations économiques ?
— Il existe plusieurs opportunités de coopération au niveau des énergies vertes, mais surtout dans le domaine de l’industrie de l’armement où la Slovaquie a une grande expérience, et dont mon collègue ministre de la Défense pourra vous donner davantage de détails.
À ce propos, nous avons jugé qu’il serait intéressant d'organiser des visites communes avec les représentants d’entreprises marocaines en Slovaquie ou alors d'entreprises slovaques au Maroc.
— C’est ce qui explique donc la présence de votre ministre de la Défense dans cette délégation ?
Robert Kalinak (Défense) : Sachant que nos pays utilisent les mêmes équipements militaires comme les avions de chasse F-16 ou les systèmes de défense aérienne Barak, dont l’achat pose parfois des problèmes en termes d’accès à l’armement avec des contrats d’achat qui peuvent ne pas aboutir, j’ai discuté avec mon homologue de la possibilité de développer une coopération dans certains secteurs.
Partant du principe que nos deux pays ont une position neutre, nous aspirons à devenir autonomes en termes de production militaire
Cela sera le cas dans le domaine de l'artillerie où nous allons faire en sorte de faciliter la fourniture de munitions et de respecter les délais de livraison, contrairement à certains pays fournisseurs qui invoquent souvent des excuses politiques pour ne pas honorer leurs engagements contractuels.
Partant du principe que nos deux pays ont une position neutre, nous aspirons à devenir autonomes en termes de production militaire.
— Des exemples précis de cette future coopération militaire ?
— En accord avec mon homologue marocain, nous avons décidé de collaborer davantage pour améliorer nos équipements militaires et développer leur production industrielle en Slovaquie et au Maroc.
Ayant pour objectif l’autosuffisance en termes d’armements pour devenir autonomes, gage de garantie de la paix pour renforcer notre sécurité, nous allons capitaliser sur nos expériences respectives en nous inspirant, par exemple, du développement industriel des drones marocains.
Sachant que la Slovaquie a une grande expérience dans le secteur des munitions, de l'artillerie ou de la détection chimique, nous allons élaborer un cadre juridique pour développer notre coopération et l'échange d'expériences aussi bien dans le domaine militaire que dans celui de l’industrie.
— Comment faut-il interpréter l’annonce de jeudi sur le soutien de votre pays à la solution d’autonomie proposée par le Maroc pour résoudre le conflit du Sahara ?
Juraj Blanár : À l’instar du Roi du Maroc, les autorités de Slovaquie soutiennent que, dans le cas d’un conflit comme celui du Sahara, la base de sa résolution doit toujours être le droit international.
Mon pays considère que la position du Maroc est la plus juste
Tout en estimant qu’il faut respecter la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU pour résoudre ce problème de manière pacifique, mon pays considère que la position du Maroc est la plus juste.
En effet, nous soutenons la proposition du Maroc qui a été présentée au Conseil de sécurité de l'ONU et nous voulons apporter notre soutien pour que la situation puisse se résoudre de cette manière.
– Pensez-vous que ce dossier sera définitivement résolu en 2025 ou en 2026 ?
– Encore une fois, il est important de résoudre ce conflit en respectant le droit international, mais je n'ai pas de boule de cristal pour savoir quand cela aura lieu.
Si je suis incapable de vous dire s’il sera court ou long, je pense cependant qu’on est sur le bon chemin pour trouver une solution durable qui aboutira à un armistice et à une paix définitive.
Dans le cas contraire, cela voudra dire que la diplomatie internationale a failli en ne jouant pas son rôle, à l’instar de ce qui se passe en Ukraine, qui nous prouve qu’un conflit ne peut pas être résolu par les armes.
Pour conclure, je tiens à remercier pour ses initiatives notre consul honoraire Kamil Ouazzani qui œuvre inlassablement depuis plus de vingt ans à créer un pont entre la Slovaquie et le Maroc et à développer notre coopération bilatérale afin de trouver un nouveau chemin pour le futur.
Interview filmée dans les locaux du consulat honoraire de Slovaquie
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