img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
DROIT

Affaire Jerando : voici ce qu’il faut savoir

ROUND UP. Un ressortissant marocain résidant au Canada, Hicham Jerando, est accusé d’avoir orchestré un réseau de chantage et de diffamation via sa chaîne YouTube. Plusieurs membres de sa famille sont impliqués, et l’enquête est toujours en cours au Maroc. Détails.

Affaire Jerando : voici ce qu’il faut savoir
Par
Le 5 mars 2025 à 16h45 | Modifié 6 mars 2025 à 11h22

Sans citer son nom, le parquet mentionne un ressortissant marocain “en fuite à l’étranger”, présenté comme le “principal suspect” d’un “réseau” de diffamation et de chantage ayant entraîné l’arrestation de plusieurs individus. Au cœur de cette affaire se trouvent Hicham Jerando et sa famille. Qui est-il ? De quoi est-il accusé ? Et comment cette affaire a-t-elle éclaté ?

Hicham Jerando, ressortissant marocain installé au Canada, possède une boutique de vêtements pour hommes et anime une chaîne YouTube intitulée “Tahadi”. Il se présente comme un militant anticorruption et dénonce ce qu’il considère comme le cœur de la corruption au sein de la justice et de l’administration marocaines. Toutefois, de nombreuses personnes l’accusent d’exploiter sa popularité sur les réseaux sociaux pour diffuser des accusations infondées.

Selon l’enquête de la police judiciaire marocaine, Hicham Jerando est "un maître chanteur" qui bénéficie de l’aide de membres de sa famille.

Pour sa part, il affirme que sa famille a été arrêtée uniquement pour faire pression sur lui et prétend même que sa nièce, mineure, a été placée en détention à Oukacha. Or, cette information est inexacte. Le ministère public assure qu’elle a été placée dans un centre de protection de l’enfance sur décision du juge des mineurs, et ce, dans un but de protection. Mais comment cette famille en est-elle arrivée là ?

De conseiller à justicier

En trois ans, sa chaîne YouTube “Tahadi” a réuni 727.000 abonnés. À ses débuts, elle abordait des sujets variés liés à l’entrepreneuriat, au conseil financier et au financement, dans l'esprit de relever les défis et challenges de la vie, d’où le nom “Tahadi”.

Mais au bout d’un an, Hicham Jerando change de cap et publie des vidéos aux thématiques plus sensibles. Progressivement, il se met à dénoncer plus fréquemment la corruption au sein de la justice et de l’administration marocaines. Se forgeant une image de justicier anticorruption, il gagne en visibilité et dope son audience.

Prenons l’exemple de deux vidéos publiées à peu de temps d’intervalle il y a deux ans. L’une, intitulée “Le savoir comme base de la réussite”, n’a recueilli que 2.400 vues, tandis que l’autre, “La monarchie parlementaire est la solution du Maroc”, a atteint 69.000 vues.

Depuis un an, il se concentre presque exclusivement sur les grandes figures, publiant principalement des vidéos pour les attaquer. Cependant, certaines de ces vidéos ont disparu, car les personnes visées ont porté plainte, notamment au Canada où il réside. Ces plaintes ont abouti à des injonctions interlocutoires à son encontre, le contraignant à payer des amendes pouvant atteindre des milliers de dollars canadiens pour exécuter les jugements visant à la suppression des vidéos diffamatoires. En outre, d’autres procédures judiciaires à son égard sont en cours.

D’après les informations obtenues par Médias24, plusieurs victimes de ses vidéos, parmi lesquelles des personnalités de haut rang, ont sollicité les services d’avocats réputés pour défendre leurs intérêts au Canada, et ce, depuis plus d’un an.

Une plainte contre X au Maroc

Concernant l’affaire en cours au Maroc, le point de départ en est une plainte déposée par une femme contre X, après la réception de messages qualifiés de “dangereux”.

À la suite de cette plainte, et comme l’a expliqué le représentant du parquet lors d’un point de presse tenu le mardi 4 mars au tribunal correctionnel de Aïn Sebaâ, une enquête a permis de découvrir plusieurs éléments corroborés par des “preuves matérielles et techniques”, confirmant que cette “bande” agit pour diffamer et menacer des personnes.

À ce jour, le parquet a mentionné cinq individus poursuivis depuis le samedi 1er mars 2025, ainsi qu’un autre individu poursuivi depuis le mardi 4 mars.

Parmi ces suspects figurent la sœur de Hicham Jerando, son mari, leurs enfants, dont une mineure de 15 ans, ainsi qu’un monteur de vidéos et de photos publiées sur la chaîne “Tahadi”.

Selon le parquet, ces personnes aidaient Hicham Jerando à faire du chantage et à diffamer des individus de la manière suivante :

• en lui fournissant des numéros de téléphone marocains utilisés pour créer des comptes sur les réseaux sociaux en vue de menacer des gens ;

• en l’assistant dans la modification et le montage de plusieurs vidéos, ainsi que la diffusion de fausses informations ;

• en recevant l’argent envoyé par les victimes de chantage ;

• en recevant ou prospectant des affaires dont Hicham Jerando allait parler.

Par exemple, le parquet évoque le cas de l’employeur du beau-frère de Hicham Jerando. Selon Jamal Lahrour, substitut du procureur du Roi près le tribunal correctionnel de Aïn Sebaâ, le beau-frère de Hicham Jerando a demandé à ce dernier de réaliser une vidéo dans laquelle il prend le parti de son patron, en conflit avec sa femme.

Toujours selon le parquet, les membres de cette “bande” recevaient une contrepartie financière pour leurs actions. C’est pourquoi ils ont été placés en détention provisoire, à l’exception de la mineure, placée dans un centre de protection de l’enfance sur décision du juge des mineurs.

Il est important de noter que, selon le parquet, l’enquête est toujours en cours. Mais pour l'heure, les individus arrêtés sont poursuivis pour "complicité d'outrage à une institution constitutionnelle", "complicité d'outrage à une organisation publique", "complicité de diffamation", "complicité de menace" et "outrage à un avocat dans l'exercice de ses fonctions".

LIRE AUSSI 

Affaire Jerando : les précisions du parquet dans une déclaration à la presse

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 5 mars 2025 à 16h45

à lire aussi

Coupe du monde 2026. Les éclairages de Mohamed Ouahbi
Football

Article : Coupe du monde 2026. Les éclairages de Mohamed Ouahbi

Un brin fataliste puis agacé par la tournure que prenait la conférence de presse organisée ce mardi 14 juillet au Complexe Mohammed VI de Salé, Mohamed Ouahbi a tenté d’apporter sa version des faits à des questions auxquelles il n’avait pas toujours les réponses. Mais le sélectionneur a tout de même affiché une foi inébranlable en l’avenir après l’élimination en quart du Mondial 2026.

Pour responsabiliser les livreurs, Glovo va numéroter ses sacs
Quoi de neuf

Article : Pour responsabiliser les livreurs, Glovo va numéroter ses sacs

Dès le second semestre 2026, 10.000 équipements dotés d’un identifiant visible seront progressivement déployés au Maroc.

Al Haouz : un avion militaire léger s'écrase après une panne moteur, le pilote indemne
Quoi de neuf

Article : Al Haouz : un avion militaire léger s'écrase après une panne moteur, le pilote indemne

L'ancien pilote de Mirage F1, qui était aux commandes de l’appareil, a été contraint de tenter un atterrissage d’urgence dans un douar proche de Marrakech.

Après les crues de 2026, un barrage à 1,145 milliard de DH pour protéger Ksar El Kébir
Eau

Article : Après les crues de 2026, un barrage à 1,145 milliard de DH pour protéger Ksar El Kébir

Implanté sur l’oued Loukkos, en amont d’Oued El Makhazine, le futur ouvrage pourra retenir jusqu’à 400 millions de m³ et devrait entrer en service à l’horizon 2030.

La station de dessalement de Casablanca sera opérationnelle en février 2027, annonce Nizar Baraka
Eau

Article : La station de dessalement de Casablanca sera opérationnelle en février 2027, annonce Nizar Baraka

D’une capacité initiale de 200 millions de mètres cubes par an, portée ensuite à 300 Mm³, l’infrastructure doit renforcer la sécurité hydrique du Grand Casablanca.

Reprise de la guerre au Moyen-Orient : quel impact pour le Maroc ?
ECONOMIE

Article : Reprise de la guerre au Moyen-Orient : quel impact pour le Maroc ?

Le répit aura été bref. Moins d’un mois après l’accord entre Washington et Téhéran, les frappes ont repris et le Brent a bondi de 77 à 87 dollars en vingt-quatre heures. Pour un pays qui importe près de 90% de ses besoins énergétiques, l’enjeu dépasse largement le prix à la pompe. Transport, industrie, inflation et budget de l’État pourraient rapidement subir le contrecoup d’un conflit qui menace aussi les routes maritimes.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité