Le Maroc se prépare à recevoir ses premiers hélicoptères Apache AH-64E
Des photos des hélicoptères d’attaque américains AH-64E Apache, revêtis du camouflage désertique des Forces Armées Royales (FAR), ont largement circulé sur la toile, suggérant une livraison imminente du premier lot de 24 appareils acquis par le Maroc. Détails.
Le programme d’acquisition des hélicoptères AH-64E Apache par le Maroc franchit une nouvelle étape. Selon les dernières informations, dix appareils ont déjà été construits, et ce nombre atteindra bientôt douze.
"Le premier lot d’Apache marocains a été livré à l’US Army afin d’y subir une série de tests et de vérifications techniques, une étape essentielle pour s’assurer que les hélicoptères sont pleinement opérationnels avant leur mise en service au sein des Forces royales air (FRA)", explique à Médias24 l’expert militaire Abdelhamid Harifi.
Un lot de six hélicoptères Apache est actuellement en phase de préparation pour être chargé à bord d’un navire à destination du port de Tanger Med, à l'image des Chinooks qui ont aussi été livrés par voie maritime. L’accostage de ces appareils au Maroc est prévu "aux alentours du 20 février 2025", puis la livraison se poursuivra à raison de 6 appareils par lot.
Les Apache AH-64E : un tournant stratégique pour les Forces armées royales
L’arrivée des hélicoptères d’attaque AH-64E Apache dans l’arsenal des Forces armées royales (FAR) marque une avancée significative dans la doctrine militaire marocaine. Selon Abdelhamid Harifi, ces appareils vont "profondément modifier la doctrine de combat des unités terrestres", en introduisant une capacité d’appui-feu mobile et réactive.
Dans ce cadre, une base aéroterrestre est en cours de finalisation à Khouribga, dont l’objectif principal sera "l’appui-feu rapproché des unités engagées au sol", précise l’expert.
L’Apache AH-64E se distingue par un système d’armement avancé, lui permettant d’opérer contre une large variété de menaces. Il est équipé de :
- Roquettes guidées et non guidées pour le soutien aérien rapproché ;
- Une mitrailleuse M230 de 30 mm, offrant une puissance de feu efficace ;
- Des missiles Hellfire de dernière génération, capables de détruire des cibles blindées avec une précision chirurgicale ;
- Des missiles air-air assurant une protection rapprochée contre les menaces aériennes.
Une intégration technologique avancée
L’Apache AH-64E ne se limite pas à sa puissance de feu. Il dispose également d’un système de contrôle de drones, permettant "au pilote de manipuler des drones en vol", ce qui augmente la conscience situationnelle et offre une meilleure vision du terrain et des menaces, y compris au-delà de l’horizon visuel.
L’Apache peut également "servir de poste de commandement avancé sur le champ de bataille", améliorant ainsi la coordination entre différentes unités telles que les chars Abrams, les avions F-16, les drones et l’artillerie.
Pour garantir cette synergie interarmes, l’Apache est équipé des systèmes de communication L16 et L11. Ces technologies permettent « une intégration fluide avec les autres unités opérant sur le champ de bataille », explique notre expert.
Grâce à ces capacités, les FAR pourront optimiser l’usage de leurs moyens militaires en adoptant une approche plus efficiente et économique. "Lorsqu’une menace est identifiée, la force la plus proche et la munition la plus adaptée et moins coûteuse seront sélectionnées pour la neutraliser rapidement et efficacement"..
"L’arrivée des Apache va permettre d’alléger la charge opérationnelle de l’aviation royale". Jusqu’à présent, les missions de soutien aérien rapproché étaient principalement assurées par des avions de combat F-5. Avec l’intégration des Apache, ces missions seront désormais prises en charge par un appareil plus performant, plus adapté et moins coûteux en exploitation et en maintenance.
Les premiers pilotes marocains formés à l’Apache AH-64E ont déjà achevé leur formation initiale. "Ce programme de formation se poursuivra pour accompagner les prochaines livraisons, garantissant ainsi une prise en main rapide et efficace de ces nouveaux appareils", précise Harifi.
Un contrat de 4,25 MMDH
Annoncé en juin 2020, cet achat des 24 hélicoptères Apache fait du Royaume le 17ᵉ pays à acquérir le Boeing AH-64 Apache et le 2ᵉ en Afrique après l'Égypte.
Conclu avec l’armée américaine dans le cadre du programme de ventes militaires à l’étranger du gouvernement US, ce contrat prévoit que Boeing produise 24 Apache modèle E pour le Maroc.
Le Pentagone avait demandé l’autorisation du Congrès pour la vente de ces hélicoptères, incluant une option pour 12 appareils supplémentaires, divers armements et équipements, pour un montant maximal annoncé de 4,25 milliards de DH.
"La commande, passée officiellement en juin 2020 pour 24 hélicoptères, a une valeur finale qui n’est pas encore connue à ce jour, mais dont on sait qu’elle est inférieure au montant annoncé", précise M. Harifi.
Ce contrat fait partie d’une commande historique marocaine de modernisation des Forces armées royales, qui porte sur la livraison de 25 chasseurs F16 Block 72 équipés de radars de 5ᵉ génération, la modernisation de 23 autres et l’acquisition de 36 hélicoptères AH-64 E Apache, dont 12 en option.
"Le Maroc entre ainsi dans la cour des grands avec cet appareil de combat légendaire qui n’a cessé d’être modernisé, au point d’être aujourd’hui l’hélicoptère de combat le plus avancé et ayant la plus longue expérience concluante dans le combat", conclut Abdelhamid Harifi.
à lire aussi
Article : Au congrès mondial de la CGLU, le Roi appelle à faire des villes un moteur de justice sociale
Dans un message lu mardi 23 juin à Tanger par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, le Souverain a défendu une action publique territoriale fondée sur la proximité, l’équité et l’efficacité, en affirmant que l’accès aux services de base devait être “un droit du citoyen” et non dépendre du lieu de résidence ou du statut social.
Article : Abdellatif Jouahri : “Nous souhaitons le réveil de l'investissement privé”
Le deuxième Conseil de Bank Al-Maghrib de l'année 2026 s'est tenu ce mardi 23 juin, suivi par la traditionnelle conférence de presse du Gouverneur. Voici l'essentiel des réponses de Abdellatif Jouarhri aux questions des journalistes.
Article : Mauritanie : à Nouakchott, Attijariwafa bank organise plus de 350 rendez-vous B2B pour accélérer les partenariats africains
Les 18 et 19 juin 2026, le Club Afrique Développement et Attijari bank Mauritanie ont réuni près de 300 acteurs économiques et institutionnels venus notamment du Maroc, du Sénégal, de Côte d’Ivoire, d’Égypte, des États-Unis et d’Europe. Mines, énergie, pêche, agro-industrie, BTP... La 46e mission multisectorielle du groupe a mis en avant les secteurs appelés à porter l’industrialisation du pays, avec un mémorandum signé pour accompagner les micro, petites et moyennes entreprises.
Article : ONHYM-SA : la réforme qui change les règles du jeu pour les ambitions énergétiques du Maroc
Le changement peut sembler administratif. Il est en réalité hautement stratégique. En devenant ONHYM-SA, l’Office obtient une marge de manœuvre nouvelle pour porter des actifs, investir au Maroc comme à l’étranger et s’impliquer davantage dans la création de valeur, à un moment où le Royaume prépare les prochaines étapes du gazoduc Afrique-Atlantique et la structuration de son marché gazier.
Article : ASMEX. Avec 102 voix sur 293, Sonia Mezzour élue présidente
Sonia Mezzour a été élue présidente de l’ASMEX, à l’issue de l'assemblée générale élective tenue ce mardi 23 juin à Casablanca. Elle succède à Hassan Sentissi El Idrissi, qui dirigeait la Confédération marocaine des exportateurs depuis 2013.
Article : Ordre des médecins : inscrite au prochain Conseil de gouvernement, la réforme débloquera-t-elle enfin les élections ?
Depuis décembre 2022, les instances ordinales vivent sous mandat expiré, tandis que les médecins privés contestent des négociations menées en leur nom sur l’AMO, les tarifs et leur place dans les futurs groupements sanitaires territoriaux. Le texte attendu le jeudi 25 juin pourrait ouvrir une sortie de crise pour quelque 17.000 praticiens, dans un secteur qui affirme assurer 67% de l’offre de soins. Détails.