Les subventions semencières à la rescousse des légumineuses marocaines
Une première. Les subventions aux semences sont désormais élargies aux légumineuses. Bien que les détails techniques les concernant n'aient toujours pas été fixés, ces subventions, une fois déployées, vont permettre de relancer les légumineuses, une filière en crise depuis plusieurs années. Il est également question d'améliorer le taux d'utilisation des semences certifiées dans cette filière.
L'élargissement des subventions aux semences pour inclure les légumineuses est l'une des mesures d'urgence prises pour la relance du secteur agricole, à la suite de la dernière réunion tenue entre le chef du gouvernement, la Confédération marocaine de l'agriculture et du développement rural (Comader) et les interprofessions agricoles.
Les détails techniques (montants, déploiement...) relatifs à cette nouvelle subvention n'ont toujours pas été fixés, nous apprend, Rachid Benali, président de la Comader. Ils seront dévoilés plus tard par le ministère de l'Agriculture, précise-t-il.
Pour comprendre ce que cette subvention va apporter à la filière des légumineuses, en baisse depuis des années maintenant, Médias24 a joint Omar Idrissi, coordinateur du projet de recherche sur les légumineuses alimentaires à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA).
Des subventions, mais à quelles fins ?
"Les subventions des semences de légumineuses seront d'un apport majeur", estime notre interlocuteur. "Elles bénéficieront doublement aux agriculteurs et aux multiplicateurs de semences, ce qui va permettre, par conséquent, de réhabiliter le secteur des légumineuses alimentaires", explique Omar Idrissi.
"Il y a un programme d'amélioration génétique, donc de création variétale, dénoté par l'INRA. Il y a des variétés nationales qui ont été inscrites au catalogue officiel. Et l'idée, justement, c'est de subventionner ces variétés pour leur utilisation par les agriculteurs, mais aussi pour les multiplicateurs de semences. La multiplication de semences implique tout un processus de certification qui nécessite des investissements conséquents. Si les semences de céréales bénéficient depuis des années maintenant de subventions étatiques, les subventions pour les semences de légumineuses sont une première. Ces dernières permettront en effet de réhabiliter le secteur des légumineuses destinées à l'alimentation".
Seulement 2% des semences utilisées dans la filière sont certifiées
"Les subventions vont permettre également de tirer vers le haut le taux d'utilisation des semences certifiés. Les agriculteurs sont très peu sélectifs lorsqu'il s'agit du choix des semences. S'ils ne trouvent pas des variétés certifiées à un prix compétitif, ils sèmeront ce qu'ils ont sous la main, notamment des graines qui ne sont pas forcément certifiées. En témoigne le taux d'utilisation des semences certifiées dans la filière des légumineuses, tous types confondus (féverole, lentille, fève, haricot, pois chiche...) qui n'est que de 2% seulement. L'ambition c'est de porter ce taux à 15%. C'est un des objectifs de la stratégie Génération Green", ajoute le coordinateur du projet de recherche sur les légumineuses alimentaires à l'INRA.
"Si on subventionne la semence des légumineuses qui est aujourd'hui d'un prix élevé pour les agriculteurs, nous allons aussi améliorer le gain en rentabilité financière et économique des agriculteurs. Cela va pousser les agriculteurs à cultiver davantage les légumineuses. Les superficies consacrées à cette culture augmenteront de ce fait. Conséquence : augmentation de la production nationale et garantie de l'autosuffisance", souligne Omar Idrissi.
La production nationale des légumineuses ne couvre pas les besoins
"Il se trouve que les variétés améliorées inscrites maintenant au catalogue officiel par l'INRA permettent un gain génétique élevé par rapport aux variétés disponibles maintenant, donc par rapport à ce que les fermiers cultivent. Recourir aux variétés améliorées signifie gagner en termes de rendement, de qualité des graines et en termes de résistance aux maladies, ce qui va permettre d'augmenter la production", poursuit notre interlocuteur.
"Globalement, la production nationale ne suffit pas pour couvrir les besoins. La saison agricole actuelle pour les légumineuses s'annonce difficile. L'autosuffisance est hors d'atteinte cette année, à mon avis. Il y a beaucoup d'importations, surtout du Canada et du Mexique. L'essentiel de l'importation se fait aujourd'hui au niveau des légumineuses destinées à la consommation alimentaire. Nous n'importons pas forcément les semences. La lentille est l'espèce la plus importée aujourd'hui", conclut Omar Idrissi.
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