La Banque mondiale approuve un financement de près de 6 MMDH en appui au secteur public au Maroc
Le conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé un financement de 600 millions de dollars (5,96 milliards de DH) pour le Maroc, destiné à deux projets visant à améliorer la performance du secteur public, ainsi que l’inclusivité et la qualité des services publics.
Le premier programme qui appuie la mise en œuvre de la réforme des établissements et entreprises publics (EEP) au Maroc (financement de 350 millions de dollars) vise à améliorer la gouvernance, la restructuration, la neutralité concurrentielle et le suivi des performances des EEP. Pour ce faire, il appuiera le renforcement des fonctions actionnariales de l’État, l’amélioration des pratiques de gouvernance et de gestion des EEP, le pilotage et suivi des performances – y compris en matière d’impacts climatiques – et établira un cadre pour garantir une concurrence équitable, explique un communiqué de la Banque mondiale.
Le financement additionnel (de 250 millions de dollars) pour le programme "Performance du secteur public marocain" (Ennajaa) continuera à soutenir les efforts du gouvernement marocain pour améliorer la performance et la transparence, en se concentrant sur la modernisation de l’administration publique, notamment à travers la numérisation et les réformes de la gestion des finances publiques.
"L’objectif prioritaire de ces deux projets est d’améliorer la performance du secteur public et la qualité des services publics rendus aux citoyens marocains, conformément au Nouveau Modèle de développement du Maroc, mettant l’accent sur la nécessité d’un changement de paradigme pour favoriser une croissance inclusive et une plus forte participation du secteur privé", a déclaré Jesko Hentschel, directeur Pays pour le Maghreb et Malte à la Banque mondiale, cité dans le communiqué.
La Banque mondiale accompagnera ainsi le gouvernement marocain dès les phases initiales de la réforme des EEP, en mettant l’accent sur les résultats, en renforçant la capacité technique et de mise en œuvre des deux agences d’exécution, à savoir le ministère de l’Économie et des finances, notamment sa Direction des entreprises publiques et de la privatisation (DEPP), et l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État et de suivi des performances des établissements et entreprises publics (ANGSPE) nouvellement créée, tout en encourageant la coordination. Les résultats viseé par le Programme incluent une augmentation notable de la représentation des membres indépendants dans les conseils d’administration des EEP ainsi que des femmes – passant d’une représentation faible à 30% –, un cadre concurrentiel propice à l’investissement privé et la publication de rapports sur les impacts climatiques.
"La réforme des EEP est une priorité pour le Maroc, comme souligné lors du dernier Conseil des ministres présidé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI le 1er juin dernier. Dans une perspective de prospérité nationale, l’objectif est de restructurer le portefeuille public, d’améliorer sa performance et de conduire des réformes pour offrir à la population des services accessibles et de haute qualité", a ajouté Jesko Hentschel.
En termes de performance du secteur public, le programme Ennajaa initial enregistre déjà des résultats significatifs après presque deux ans de mise en œuvre, avec une augmentation notable de près de 7% des recettes fiscales supplémentaires grâce à une meilleure conformité au niveau national, ainsi qu’une hausse de 22% des recettes perçues par les dix plus grandes municipalités au niveau infranational.
Ce financement additionnel pour le programme Ennajaa donnera la priorité à l’amélioration de l’efficacité des dépenses publiques et de la gestion des recettes, en incluant une plus grande transparence budgétaire pour les citoyens en matière de dépenses publiques, explique la Banque mondiale. Il facilitera également l’adoption d’une budgétisation sensible au climat, une première au Maroc, et d’une budgétisation sensible au genre pour huit départements ministériels d’ici la fin du projet, prévue en 2028.
À découvrir
à lire aussi
Article : Catastrophes naturelles : le nouveau système que prépare l’État pour mieux alerter les citoyens
Ouverte ce mercredi 24 juin 2026 à Casablanca, la consultation nationale sur les systèmes d'alerte précoce dresse le bilan d'un dispositif en pleine mutation. Face à la recrudescence des phénomènes extrêmes, le Maroc mise sur la haute technologie, l'intelligence artificielle et une couverture cartographique totale pour protéger ses populations et sécuriser ses infrastructures vitales.
Article : ASMEX : comment Sonia Mezzour a gagné une élection bien plus disputée que prévue
Après plusieurs semaines de tensions autour de ses statuts et de son processus électoral, l’ASMEX a finalement tenu, mardi 23 juin, son assemblée générale élective dans un climat apaisé. Sonia Mezzour a été élue présidente au terme d’un scrutin serré. Elle prend la tête d’une association appelée à tourner la page des crispations internes et à ouvrir rapidement le chantier de sa gouvernance.
Article : Énergie : le bureau de l’ONUDI au Maroc certifié ISO 50001, une première mondiale pour l’organisation
Le site de Rabat couvre désormais près de 40% de ses besoins électriques grâce au solaire, après l’installation de panneaux photovoltaïques, le passage à l’éclairage LED et la modernisation de la climatisation. Selon l’agence onusienne, ces mesures ont permis de réduire de 25% la consommation globale et de plus de 60% les émissions de carbone.
Article : Le Grand Stade Hassan II primé aux Architizer A+Awards 2026
Le futur fleuron sportif marocain a reçu le prix du jury dans la catégorie des projets sportifs non encore construits.
Article : Logistique : Colis.ma s’étend au Sénégal et lance son premier corridor en Afrique de l’Ouest
Spécialisée dans les échanges entre le Maroc et l’Europe, Colis.ma poursuit son développement avec l’ouverture d’un corridor logistique vers le Sénégal, première étape de son expansion sur le continent africain.
Article : Enquête. Le scandale silencieux des avoirs en déshérence : pour un dirham rendu aux héritiers, deux partent au Trésor
Chaque année, des millions de dirhams oubliés par leurs propriétaires ou leurs héritiers glissent discrètement vers les caisses de l'État. Au Maroc, la loi organise le transfert des avoirs en déshérence mais impose peu d'obligations pour retrouver leurs bénéficiaires. Enquête sur une zone peu explorée du système financier dont l'ampleur réelle demeure inconnue.