SIAM. La recherche de l’INRA au secours de l’agriculture en manque d’eau

INNOVATIONS. Outre la création variétale, l’irrigation déficitaire régulée est l’une des priorités de l’Institut national de recherche agronomique (INRA) en vue d’économiser l’eau d’irrigation et de s’adapter au déficit hydrique. Les explications du Dr Faouzi Bekkaoui, directeur de l’INRA, à l’occasion de la 16e édition du Salon international de l’agriculture (SIAM), qui se déroule à Meknès du 22 au 28 avril 2024.

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SIAM. La recherche de l’INRA au secours de l’agriculture en manque d’eau

Le 24 avril 2024 à 16h03

Modifié 24 avril 2024 à 16h03

INNOVATIONS. Outre la création variétale, l’irrigation déficitaire régulée est l’une des priorités de l’Institut national de recherche agronomique (INRA) en vue d’économiser l’eau d’irrigation et de s’adapter au déficit hydrique. Les explications du Dr Faouzi Bekkaoui, directeur de l’INRA, à l’occasion de la 16e édition du Salon international de l’agriculture (SIAM), qui se déroule à Meknès du 22 au 28 avril 2024.

Face à la baisse des ressources en eau disponible pour l’irrigation des cultures, il faut tendre vers des techniques efficientes, "dont l’irrigation déficitaire régulée", indique le Dr Faouzi Bekkaoui, directeur de l’Institut national de recherche agronomique (INRA), lors d’un entretien accordé à Médias24, mardi 23 avril, en marge de la 16e édition du Salon international de l’agriculture à Meknès (SIAM).  

Les différents scénarios scientifiques produits d’ici à 2050 montrent que le régime pluviométrique tendra vers la baisse, avec pour conséquence, une diminution des quantités d’eau allouées à l’agriculture. Dans ce cadre, la stratégie de l’irrigation déficitaire régulée peut avoir un réel impact car les effets de la sécheresse sur le secteur agricole se font déjà sentir.  

Selon le ministère de l’Agriculture, la quantité d’eau qui doit revenir aux grands périmètres irrigués n’a pas dépassé 680 millions m³ pour la saison agricole 2023-2024. Soit un peu plus de 10% du total de la dotation prévue dans les documents de planification de l’eau, évaluée à 5.300 Mm³/an.

Résultat, la surface irrigable dans ces grands périmètres ne dépasse pas 400.000 ha sur un total de 800.000 ha. Une utilisation efficiente de l’eau pour l’irrigation s'impose. "Outre les moyens modernes comme les capteurs qui servent à mesurer les besoins spécifiques de l’eau, nous avons également développé une technique qui démontre de bon résultats, notamment l’irrigation déficitaire contrôlée", annonce le Dr Faouzi Bekkaoui.

"Cette technique se traduit par une évaluation des quantités d’eau utilisées par l’agriculture pour l’irrigation de sa culture, avant de la réduire graduellement. Nous avons observé que l’on peut souvent diminuer les quantités d’eau utilisées sans qu’il y ait des pertes significatives en termes de rendement pour les cultures de palmier dattier, d’olivier et d’agrumes", ajoute-t-il. 

En phase d’être introduite auprès d’un grand nombre d’agriculteurs, l’irrigation déficitaire régulée semble efficace afin de réduire l’impact de la sécheresse sur des filières d’une grande valeur socioéconomique et environnementale, mais qui demandent beaucoup d'eau. Prenons l’exemple du palmier dattier. 

Si l’on en croit la Direction de l’irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole, relevant du ministère de l’Agriculture, le palmier dattier consomme jusqu’à 12.000 m³ d’eau par hectare. Cet arbre aux fonctions écosystémiques, indispensable à la survie des oasis en tant que barrière contre la désertification, a fait l’objet d’une expérience concluante en matière d’irrigation déficitaire régulée.  

Menée sur la variété du Majhoul par l’INRA dans la zone de Goulmima (province d’Errachidia), l’expérimentation a conclu que l’irrigation déficitaire régulée a non seulement amélioré la productivité végétative du palmier, mais elle a surtout permis la conservation de 14% à 40% de l’eau d’irrigation.

Des variétés de blés moins consommatrices d’eau 

Lors de la précédente édition du SIAM, plusieurs contrats-programmes ont été signés entre le gouvernement et les professionnels. Ces contrats ont pour point commun la recherche et le développement. "Nous avons entamé des discussions avec plusieurs partenaires et avons identifié des priorités de recherches dont l’agriculture biologique, les agrumes et les semences", affirme le Dr Bekkaoui. 

Des graines parmi lesquelles "une variété de blé qui demande moins d’eau, développée en collaboration avec notre partenaire international, l’ICARDA. Dans des conditions de sécheresse, elle peut offrir un rendement supérieur de 30%. Elle est en cours de multiplication", poursuit-il. Variété qui fait partie d’un large éventail de nouvelles obtentions variétales qui partagent une résistance à la sécheresse et aux ravageurs, parmi lesquelles : 

- 6 variétés de blé dur ;

- 6 variétés de blé tendre ;

- 4 variétés d’orge ;

- 2 variétés de triticale ;

- 5 variétés d’avoine ;

- 2 variétés de lentille ;

- 3 variétés de pois chiche ;

- 2 variétés de fève ;

- une variété de féverole ;

- 3 variétés de colza.

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