Maroc-Belgique. D'importantes opportunités économiques à exploiter
Les délégations marocaine et belge ont affirmé, mardi à Casablanca, que le potentiel économique entre les deux pays peut être mieux exploité et qu'elles sont mobilisées pour soutenir plus d'investissement et d'échanges commerciaux.
Après le politique, l'économique. Ce mardi 16 avril s'est tenue la rencontre économique Maroc-Belgique, initiée dans le cadre de la tenue de la 3ème session de la Haute Commission Mixte de partenariat Maroc-Belgique.
On peut résumer la séquence économique en une phrase : "nous pouvons aller beaucoup plus loin". Comme l'a si bien dit le président de la CGEM. Intervenant lors de la rencontre, le patron des patrons marocains a donné un exemple des plus parlants. "Nos échanges commerciaux ont été de l’ordre de 2,5 milliards de dirhams en 2023, ce qui ne reflète pas réellement le potentiel existant".
Chakib Alj avance que "la coopération économique entre les deux pays repose sur des fondamentaux solides".
"En plus de la volonté et du cadre politiques, il existe un maillage important d'entreprises belges au Maroc dans divers secteurs stratégiques ainsi qu'une grande diaspora marocaine établie en Belgique, d’environ un demi-million de personnes représentant la deuxième communauté d'origine étrangère du pays. Cette diaspora compte énormément de hauts potentiels et d’entrepreneurs exceptionnels", a-t-il poursuivi.
Et d'ajouter, "nous gagnerions à développer ces échanges, mais nous gagnerions aussi et surtout à promouvoir davantage l’investissement entre les entreprises marocaines et belges", a préconisé le président du patronat.
Par ailleurs, le président de la CGEM a relevé que la convergence entre l'expertise technologique belge dans les énergies renouvelables et l’expérience du Maroc dans le solaire et l’éolien, pourra aboutir à des projets intéressants dans la production, le stockage et l'exportation d'énergie propre et abordable.
Il s’agit d’un enjeu de taille dans un contexte de choc énergétique et au moment où l’économie mondiale est appelée à se décarboner, a-t-il noté, invitant les entreprises belges à explorer et bénéficier pleinement des dispositifs mis en place dans le cadre de l'offre d'hydrogène vert du Maroc qui a été récemment publiée.
Pour sa part, le ministre de l'Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a souligné l'engagement du gouvernement en faveur d'une coopération renforcée avec la Belgique, insistant sur la nécessité pour les deux pays d'avancer ensemble face à des crises mondiales
Parallèlement, M. Mezzour a mis en avant le potentiel économique du Maroc qui se distingue par les investissements massifs dans l'infrastructure, l'ouverture économique et l'attrait pour les investisseurs internationaux.
Il a également présenté les atouts du Royaume, notamment son potentiel en matière de sécurité énergétique grâce aux énergies renouvelables.
Dans son intervention, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, s’est penchée sur la stratégie énergétique, le développement durable et l'expansion des filières comme l'hydrogène et ses dérivés.
Elle a appelé à la collaboration entre le Maroc et la Belgique pour créer un hub énergétique et commercial, soulignant l'importance des investissements dans les infrastructures de connexion entre les deux marchés dès 2024.
Insistant sur l'impératif d'accélérer les investissements dans les énergies renouvelables, les réseaux et la valorisation des déchets, Mme Benali a évoqué les projets structurants tels que la feuille de route gazière et le développement des infrastructures dans les provinces Sud du Maroc.
Par ailleurs, la ministre a sollicité l’engagement du secteur privé marocain et belge, relevant la possibilité pour les entreprises d'accéder à des projets matures, bancables et complètement dérisqués.
Mme Benali a insisté sur l’importance d'investir dans la transition énergétique, avec une estimation de plus d'un milliard d'euros par an, ce qui offre un potentiel d'investissement pour le secteur privé belge et marocain.
De son côté, le ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques, Mohcine Jazouli a mis l'accent sur les différents atouts que recèle le Maroc, notamment la stabilité, la continuité des politiques publiques, en plus d'une population jeune et d'une infrastructure de classe mondiale.
Il a aussi évoqué la refonte de la charte de l'investissement, laquelle constitue aujourd'hui un dispositif permettant à tout investisseur de venir au Maroc et d'être parfaitement rassuré sur le cadre dans lequel il va investir.
Cette charte, a expliqué le ministre, s'appuie sur trois grands piliers liés à la gouvernance de l'investissement, au schéma des affaires et à tous les avantages que peuvent avoir les investisseurs.
Ont pris part à cette rencontre, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, le Premier ministre belge, Alexander De Croo, l'ambassadeur du Maroc en Belgique, Mohamed Ameur, l’ambassadeur de Belgique à Rabat, Véronique Petit, la Présidente du Comité de direction du SPF Affaires étrangères, Théodora Gentzis, le directeur général de l’Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations (AMDIE), Ali Seddiki, ainsi que plusieurs membres des communautés d’affaires marocaine et belge.
Arrivé dimanche soir à Rabat à la tête d’une importante délégation composée des ministres belges de l'Intérieur, des Affaires étrangères, de la Justice, et de l'Asile et la migration, M. De Croo a co-présidé avec M. Akhannouch la 3è réunion de la Haute commission mixte de partenariat Maroc-Belgique, marquée notamment par la signature de deux mémorandums d'entente et d'une feuille de route de coopération.
(Avec MAP)
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