Vol fictif : l’animateur “Momo” comparaîtra le 2 avril au tribunal correctionnel de Aïn Sebaâ
Poursuivi en état de liberté provisoire pour “participation à outrage à la police judiciaire par la dénonciation d’une infraction fictive”, l’animateur Mohamed Bousfiha, alias “Momo”, comparaîtra le 2 avril devant le tribunal correctionnel de Aïn Sebaâ.
La prochaine audience de Mohamed Bousfiha, alias “Momo”, animateur sur Hit Radio, est fixée au 2 avril. Il est poursuivi, en état de liberté provisoire, pour “participation à outrage à la police judiciaire par la dénonciation d'une infraction fictive”.
Selon une source sûre contactée par Médias24, Mohamed Bousfiha a bénéficié de la liberté provisoire après avoir payé une caution. Une première audience a eu lieu le mardi 26 mars au tribunal correctionnel de Aïn Sebaâ. Celui-ci a reporté l’audience au 2 avril pour accorder un délai de préparation à la défense.
À noter que le dossier a été enregistré au sein de cette juridiction le jour même de la première audience, soit le lendemain de la publication d’un communiqué par la Direction générale de la Sûreté nationale, dans lequel figuraient les faits reprochés à l’animateur de l’émission “Momo Ramadan Show”.
Dans ce communiqué, l’implication de l’animateur et des chroniqueurs de cette émission n’a pas été affirmée, contrairement aux actes des deux suspects arrêtés qui ne sont autres que la prétendue victime et son complice.
Rappelons que les faits remontent au vendredi 22 mars lorsqu’un auditeur participe à l’émission “Momo Ramadan Show” pour partager une anecdote le concernant. Au moment de la raconter, l’auditeur se fait arracher son téléphone. L’on entend une personne courir et le terme “voleur, voleur” avant que l’appel ne soit coupé. L’animateur et ses deux chroniqueurs se sont montrés surpris, puis compatissants envers l’auditeur qui a fini par rappeler la station radio avant d’être récompensé par un nouveau téléphone, offert par l’animateur.
Or, ce scénario s’est avéré fictif selon l’enquête de la police judiciaire qui, en premier lieu, avait ouvert une enquête pour arrêter les voleurs du téléphone, avant de conclure qu’il ne s’agissait que d’une fiction.
Un faux vol commandité ?
Selon le communiqué de la DGSN, “les services de la police judiciaire de Casablanca ont ouvert une enquête, sous la supervision du parquet compétent, pour identifier toutes les personnes impliquées dans :
- l’invention d’une infraction fictive ;
- la publication de fake news à travers des moyens électroniques, touchant au sentiment de sécurité des citoyens ;
- l'outrage à une institution par de fausses déclarations”.
Il indique également que les services de police de Casablanca ont “réagi à l’appel qu’a reçu la station de radio privée, portant sur des faits présumés de vol”. En ouvrant une enquête pour arrêter les suspects et “déterminer les responsabilités légales”, les services de police, en collaboration avec la Direction générale de la Surveillance du territoire national, ont découvert que la victime de ce présumé vol s’est présentée sous une fausse identité et a “inventé des faits de vol, avec la complicité d’une autre personne”.
Ledit communiqué indique que la prétendue victime a “appelé pour son intérêt personnel et pour augmenter le nombre d’auditeurs de ladite station de radio”. Son complice, également arrêté par la police nationale, s’avère être un récidiviste qui a “commis plusieurs opérations frauduleuses similaires, à travers le même mode opératoire”.
Si l’enquête de la police judiciaire a conclu à un faux vol, elle n’a pas encore livré ses conclusions quant à la complicité éventuelle de l’équipe du programme “Momo Ramadan Show”. Dans son communiqué, la police nationale indique que l’enquête se poursuit sous la supervision du parquet compétent. Et que “des expertises numériques détaillées sont effectuées dans le but de savoir si le faux vol a été commandité ou a fait l’objet d’une coordination préalable entre les deux suspects et le staff du programme qui a reçu cet appel”.
Il convient de noter que selon l’article 263 du Code pénal, l’outrage à agent de la force publique est punissable d’un emprisonnement allant d'un mois à un an, et d'une amende de 250 à 5.000 DH.
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