Fatiha El Moudni : un parcours qui a fait l’unanimité au conseil de la capitale
Fatiha El Moudni a été élue ce lundi 25 mars par 66 voix à la tête du conseil communal de Rabat, soit une très large majorité par rapport aux 41 bulletins nécessaires. L’occasion de revenir sur son parcours et de dresser le portrait de cette élue entrée en politique en 2015.
N’ayant pas réussi à joindre l’unique candidate élue malgré notre insistance depuis une semaine, Médias24 a sollicité plusieurs de ses proches pour en savoir plus sur son parcours académique, professionnel et politique et sur les expériences qui lui ont permis de devenir la deuxième femme à diriger la capitale du Royaume.
Un parcours académique intéressant
Que ce soit à l’arrondissement du quartier du Souissi, dont elle est une des deux têtes de liste, ou à la mairie de Rabat où elle a été secrétaire du Conseil, tous ses collègues mettent en avant son parcours professionnel dans le secteur privé qui ne peut, selon eux, qu’être bénéfique pour son mandat.
"Après avoir été élue conseillère sous les couleurs du PAM (2015-2021) puis du RNI (2021-2024), Fatiha El Moudni a accédé à la fonction de présidente du Conseil communal grâce aux 66 voix des conseillers, qui ont ainsi reconnu ses compétences managériales et politiques", explique un de ses proches avant de revenir sur son parcours académique et professionnel qui l’a menée à la politique.
Selon lui, cette fille d’un homme d’affaires prospère de Tafraout est née à Rabat en 1981 où elle a obtenu son baccalauréat au lycée Dar Es Salam, puis une licence en marketing et communication à l’Institut international d’enseignement supérieur (IHEM) qui lui a permis de décrocher ensuite une maîtrise en commerce international et finance au Regent College de Londres, en Grande-Bretagne.
Une expérience professionnelle à l’international
Des diplômes qui lui ont permis de commencer sa carrière professionnelle dans une grande entreprise britannique de l’industrie sidérurgique, Steel Business Briefing, où elle a d’abord occupé le poste de directrice marketing à Londres avant de travailler dans plusieurs autres sociétés internationales en Turquie, en Irlande, aux Emirats Arabes Unis, en Allemagne, en Corée du Sud et en Chine.
Une expérience à l’international qui lui aurait permis de renforcer ses compétences de manager, mais aussi de devenir une parfaite polyglotte maitrisant l’anglais, l’espagnol, le chinois et le français.
Après être rentrée au Maroc, Fatiha El Moudni a rejoint la société familiale Gitradis, spécialisée dans l’import-export de produits d’entretien et d’hygiène où elle a commencé comme directrice du marketing avant d’être nommée présidente de ce groupe à vocation internationale.
Mettant également en avant son parcours associatif, notre source a tenu à rappeler que la nouvelle présidente a obtenu plusieurs prix internationaux, dont le "New Leader for the Future au Crans Montana Forum" en 2015, puis le prix "African Woman Young Leader" obtenu en Belgique en 2019.
"Engagée en politique depuis 2015, El Moudni veut restaurer la confiance des habitants"
"Après avoir été élue conseillère du quartier Souissi sous les couleurs du PAM en 2015, Fatiha El Moudni a rejoint les rangs du RNI en 2021 pour un deuxième mandat qui lui a permis d’acquérir une maîtrise de la chose publique et des mécanismes politiques", souligne notre source. Selon elle, son poste de secrétaire du Conseil lui a permis de se préparer à sa tâche de mairesse.
A l’occasion de l’une de ses rares sorties médiatiques, El Moudni avait évoqué sa vision de l’avenir de la capitale en insistant, de façon prémonitoire, sur la nécessaire restauration de la confiance et de la crédibilité au sein du conseil, avec une gouvernance transparente, une participation citoyenne et des mécanismes rigoureux de reddition des comptes au service des habitants de la capitale.
Invité à commenter l’élection de Fatiha El Moudni, qui a rassemblé une très large majorité de conseillers, un membre de l’opposition tient à rappeler que la nouvelle présidente était une proche d’Asmaa Rhlalou et que "durant ses deux mandats, elle ne s’est pas vraiment fait remarquer".
S’il faudra encore patienter avant de savoir si elle sera en mesure d’apporter le changement espéré par tous les habitants de Rabat, son élection aura au moins le mérite de mettre fin à la paralysie du Conseil de la ville, qui a caractérisé le mandat de la précédente présidente démissionnaire.
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