Fès-Meknès. Les dernières précipitations salutaires pour les grandes cultures
Malgré un léger déficit pluviométrique, les dernières précipitations enregistrées dans la région Fès-Meknès ont été favorables au cycle de production des grandes cultures d’automne, à l’installation des cultures printanières et à la floraison des arbres fruitiers. Le point avec la Direction régionale de l’Agriculture de Fès-Meknès.
A l’instar des plaines du Gharb, la région Fès-Meknès est l’une des zones agricoles les moins touchées par le déficit pluviométrique lors de cette campagne agricole 2023-2024. A ce titre, le programme d’assolement des cultures d’automne a atteint un taux de réalisation satisfaisant, notamment en matière de céréales, de cultures maraîchères, de légumineuses et de cultures fourragères.
Les ressources hydriques de la région sont légèrement en recul par rapport à l’année dernière, indique la Direction régionale de l’Agriculture (DRA) de Fès-Meknès, contactée par Médias24. Les dernières précipitations ont eu cependant un "impact positif indéniable pour les grandes cultures d’automne, ce qui favorise l’installation des grandes cultures du printemps".
"Il faut signaler également l’effet favorable sur les parcours destinés au cheptel et la réalimentation de la nappe phréatique", ajoute la même source. A la date du 13 mars 2024, l’état de remplissage des barrages régionaux a atteint 39%, l’équivalent de 2,1 milliards de mètre cubes (MMm³), soit environ la moitié des ressources disponibles dans les barrages du pays.

Des précipitations bénéfiques aux céréales et arbres fruitiers
La hausse des réserves des barrages est capitale car des dotations agricoles sont allouées à partir de ces édifices pour irriguer 45.000 ha dans la région. Pour le reste des terres agricoles, en bour (953.500 ha), "la reprise des pluies en mars a été bénéfique. Elle a permis d’enregistrer une pluviométrie moyenne de 43,6 mm à la date du 11 mars 2024", précise la DRA de Fès-Meknès.
Pour ce qui est du cumul pluviométrique de la région, "il est d’environ 251,49 mm. Toutefois, on note un déficit pluviométrique de 11% par rapport à l’année précédente et de 27% par rapport à une année normale (340,5 mm)". Un déficit qui n’interrompt pas la continuité de la campagne agricole.
D’après les professionnels sondés par Médias24, ces ressources hydriques tombent à point nommé. Elles sont bénéfiques aux grandes cultures d’automne. Et pas seulement : l’arboriculture de la région Fès-Meknès, qui représente 27% de la superficie arboricole du pays, en majorité non irriguée, a tiré profit des dernières pluies, surtout en cette période de l’année.
Et pour cause, si cette époque de l’année est décisive, c’est parce qu’en termes de cycle végétatif, elle coïncide avec le début de la floraison des oliviers (389.000 ha) et des amandiers (59.769 ha) dans la région. Cependant, la hausse des températures annoncée pour les prochains jours risque de contrarier cette phase, surtout si les températures dépassent les 35°C et sont accompagnées de vents chauds (Chergui).
La part belle aux cultures maraîchères et au semis direct
Pour l’heure, l’état d’avancement du programme d’assolement des cultures d’automne dans la région Fès-Meknès a atteint un important taux de réalisation. Les cultures d’oléagineuses d’automne ont même dépassé les attentes. Leurs superficies ont été doublées en comparaison au programme initial :
- Céréales d’automne : 656.860 ha, dont 163.750 ha de blé dur et 314.320 ha de blé tendre ;
- Légumineuses alimentaires : 88.892 ha, dominés par la culture de la fève avec 66.585 ha ;
- Cultures fourragères : 94.655 ha dont 14.050 ha en irrigué ;
- Programme des oléagineux d’automne : 3.000 ha.
Concernant les cultures maraîchères d’automne (2023-2024), la superficie totale réalisée est supérieure à celle programmée initialement (6.173 ha), atteignant 7.232 ha dont 5.408 ha irriguée et 1.823 ha bour. "Cette superficie est dominée par les cultures maraîchères caractéristiques de la région ; l’ail, l’oignon et la pomme de terre", souligne la Direction régionale de l’Agriculture de Fès-Meknès, qui met en avant la promotion du semis direct comme une solution aux défis du changement climatique.
"La région Fès-Meknès a en effet engagé plusieurs actions dans ce sens, à travers la distribution de semoir de semis direct au profit des principales coopératives actives des zones céréalières. Cet effort de sensibilisation et d’encadrement a permis d’atteindre une superficie de 36.970 ha en semis direct en céréales, légumineuses alimentaires et cultures fourragères", indique la même source.
Enfin, dans le cadre des opérations de sauvegarde du cheptel à travers le Programme de réduction de l’impact du déficit pluviométrique et des effets de conjoncture (PRIDPEC), la DRA de Fès Meknès a distribué de l’orge subventionné et des aliments composés en deux tranches :
- 1re tranche : 275.000 Qx d’orge subventionné au profit de 19.325 éleveurs et 17.390 Qx d’aliment composé au profit de 2.189 éleveurs de bovins laitiers ;
- 2e tranche : 356.818 Qx d’orge subventionné au profit de 23.022 éleveurs et 13.690 Qx d’aliment composé au profit de 1.657 éleveurs de bovins laitiers.
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