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DROIT

Ce que l’on sait sur l’assassinat de Reda Faras, défunt mari de Rym Fikri

Round up. Après l’assassinat de Reda Faras, défunt mari de Rym Fikri, plusieurs questions se posent sur sa relation avec ses assaillants, dont fait partie Reda Abakrim. Celui-ci est impliqué dans une affaire similaire, pour laquelle il comparaîtra le 20 mars prochain. Détails.

Ce que l’on sait sur l’assassinat de Reda Faras, défunt mari de Rym Fikri
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Le 20 février 2024 à 19h07 | Modifié 21 février 2024 à 6h41

Depuis plus d’une semaine, la chanteuse Rym Fikri est au cœur de toutes les discussions. La raison ? La disparition, puis la mort, de son époux Reda Faras. Le trentenaire a été victime de kidnapping, séquestration et torture avant d’être assassiné. Pour l’heure, cinq suspects ont été arrêtés. L’un d’eux n’en est pas à sa première affaire devant la justice. Il comparaîtra le 20 mars prochain dans le cadre d’une affaire similaire.

Rappelons que l’instruction de ce dossier est en cours, d’où la réticence de Me Mourad El Ajouti, avocat de Rym Fikri, qui n’a pas souhaité s’exprimer au-delà des communiqués publiés depuis le début de cette affaire.

Le premier date du 14 février. L’avocat indiquait que sa cliente a été entendue par la police judiciaire le 10 février dans le cadre d'une affaire personnelle au sujet de laquelle elle ne détient pas encore des informations claires et précises, en attendant les résultats de l’enquête ouverte par les services de police.

À ce moment-là, l’information concernant la disparition de son époux le 8 février circulait déjà. Elle a été confirmée le 14 février par la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), indiquant dans un communiqué que la dépouille de Reda Faras avait été retrouvée.

Kidnapping, séquestration et torture mortelle

Les données qui y figurent permettent d’en savoir davantage sur les circonstances de ce crime. Kidnappé le 8 février, l’homme a été séquestré et torturé à mort dans un appartement à Mansouria, aux alentours de Mohammedia. Le principal suspect a aussitôt été placé en garde à vue aux côtés de cinq autres individus. Il est suspecté d’avoir participé à l’exécution matérielle de ces infractions avant de se débarrasser du corps de la victime dans une rivière près de Rabat.

Par ailleurs, le communiqué de la DGSN mentionne un lien entre la victime et le suspect principal. Cette affaire "semble porter sur un règlement de comptes à cause d’anciens désaccords" entre les deux hommes. Depuis la publication de ce communiqué, l’affaire fait polémique et de nombreuses questions sont soulevées, notamment sur la relation entre la victime et l’auteur présumé du crime. Autrement dit, sur le mobile du meurtre.

Selon une source proche du dossier, Reda Faras recevait des menaces qui justifiaient le fait qu’il vivait séparé de son épouse. Il avait changé les serrures de l’appartement dans lequel il habitait. Les époux entretenaient une bonne relation, "affectueuse", précise-t-on de même source.

Celle-ci indique également que "le flou persistait autour de la profession" de la victime. "Ses proches, dont son épouse, le connaissaient en tant qu’homme d’affaires, pas plus". Il était également connu "pour des antécédents de violences dans les milieux de la nuit". Notre source indique que le défunt "adoptait un comportement violent et comptait parmi ses amis des membres de bandes criminelles. Il connaissait d’ailleurs l’un de ses assaillants". Mais cela suffit-il pour conclure qu’il faisait lui aussi partie de cette bande criminelle ?

Pour l’heure, la piste suivie par la police judiciaire est celle du règlement de comptes. Six personnes sont impliquées dont une a reconnu les faits, selon notre source. Parmi les personnes arrêtées, Reda Abakrim est également poursuivi dans le cadre d’une affaire distincte mais similaire.

Une affaire similaire en 2007

Son arrestation a permis de programmer sa comparution pour le 20 mars devant la Cour d’appel de Casablanca. Il est accusé, auprès de trois autres personnes, de "kidnapping", "séquestration" et "meurtre avec préméditation". Le procès en appel a démarré le 31 mai 2023 mais a fait l’objet de plusieurs reports. Onze au total, en comptant celui de la dernière audience du 19 février.

Contacté par nos soins, l’avocat de la partie civile, Me Mohamed Aghnaj, indique que l’affaire remonte à 2007, lorsqu’un certain Brahim Hajjaji, un Français d’origine marocaine, a disparu. Dans son entourage, l’enquête a identifié Reda Abakrim, qui accusait le disparu de vol d’une cargaison de stupéfiants avant de prendre les voiles et de disparaître également. Il ne sera retrouvé qu’en décembre 2020. Mais entre-temps, l’homme a été condamné par la Cour d’assises à 20 ans de réclusion, après avoir été reconnu coupable du meurtre de Brahim Hajjaji.

Selon la même source, c’est un complice, Français d’origine algérienne, Bilal Djerrad, qui a tout avoué à la police en 2010. Il a affirmé avoir conduit la victime chez Reda Abakrim, qui l’a tué. L’instruction de cette affaire a duré huit années avant de conduire, en 2020, à la condamnation de quatre individus (dont Reda Abakrim et Bilal Djerrad). Cela dit, ayant bénéficié de la libération provisoire durant la phase d’instruction, les trois autres hommes avaient également pris la fuite.

De son côté, Reda Abakrim, qui est également impliqué dans l’affaire de Reda Faras, a été interpellé au Maroc avec de faux documents de voyage. Il s’est avéré que l’homme s’était procuré une fausse identité, avec laquelle il a voyagé entre la France, le Maroc et les Emirats arabes unis entre 2007 et 2020.

En 2021, son procès a démarré devant la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca, à l’issue duquel il a été innocenté en avril 2023. La partie civile et le parquet ont fait appel de cette décision qui a conduit à l’ouverture du procès en appel, mais l’accusé était introuvable. Convoqué à plusieurs reprises, il ne comparaissait pas devant la Cour pour défaut de notification.

Son arrestation le 14 février dernier a donc rendu sa comparution possible. L’audience du 19 février a été reportée au 20 mars pour faire comparaître Reda Abakrim, également connu sous le surnom de "Turbo".

Rym Fikri : des accusations « infondées »

Dans l’affaire de Reda Faras, le sensationnalisme semble avoir dépassé le factuel. La famille de la victime a fait plusieurs sorties médiatiques dans lesquelles le principal sujet n’est autre que Rym Fikri, l’épouse du défunt. Celle-ci a certes été entendue par la police judiciaire à quatre reprises, comme tous les proches de Reda Faras, porté disparu à ce moment-là. Mais elle ne figure pas parmi les suspects, selon les éléments communiqués par la police judiciaire et selon les informations recueillies par nos soins.

Son avocat, qui n’a pas souhaité commenter l’affaire par respect pour le secret de l’enquête et de l’instruction, a publié un second communiqué en date du 15 février dans lequel il dénonce les accusations infondées à l’égard de sa cliente. Celle-ci n’a que très peu, voire pas du tout pris la parole depuis. Si ce n’est à travers une publication sur les réseaux sociaux pour partager son deuil suite à l’annonce de l'assassinat de son mari.

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