CAN 2023. Amrabat-El Azzouzi, des milieux défensifs aux profils similaires ? (Data)
Garant de l’équilibre collectif de l’équipe nationale, Sofyan Amrabat possède un profil aussi rare que précieux. Avec Oussama El Azzouzi, le sélectionneur national semble avoir trouvé la doublure idéale du Mancunien. Preuve en chiffres, dans ce quatrième épisode de notre série consacrée aux performances statistiques des internationaux marocains.
Affirmer que Walid Regragui tient en haute estime Oussama El Azzouzi relève davantage de l’évidence que du scoop. Ces derniers mois, le sélectionneur national a toujours eu un mot pour le milieu de terrain, qu’il soit convoqué ou pas. La dernière déclaration en date du coach Regragui au sujet du droitier de 22 ans avait des allures de soulagement.
"Oussama El Azzouzi est le joueur dont le profil se rapproche le plus de celui de Sofyan Amrabat", s’est réjoui le sélectionneur national au moment de dévoiler la liste des 27 joueurs engagés lors de la Coupe d’Afrique des nations 2023. Il faut dire que jusqu’à l’avènement du milieu de terrain évoluant en Série A, remplacer Sofyan Amrabat a toujours été un caillou dans la chaussure du sélectionneur.
A plusieurs reprises, Walid Regragui a souligné la difficulté de remplacer poste pour poste Sofyan Amrabat, qui présente un profil particulier. Il y a eu plusieurs essais (Yahya Jabrane, Imrane Louza), sans succès. Du moins, avant que le sélectionneur ne jette son dévolu sur El Azzouzi. Comment expliquer que le natif de Veenendaal (Pays-Bas) ait tapé dans l’œil du sélectionneur au point que ce dernier le présente comme le remplaçant naturel de Sofyan Amrabat ?
Un poste en constante évolution
Avant de se lancer dans une comparaison des profils d’Oussama El Azzouzi et de Sofyan Amrabat, il faut comprendre les spécificités du poste de milieu défensif. Si les éléments offensifs ont l’habitude d’attirer la lumière des projecteurs, au cœur du jeu, il faut aussi des hommes de l’ombre.
Le milieu défensif est placé devant ses défenseurs centraux et derrière ses milieux relayeurs ou offensifs. Pendant de longues années, il a traditionnellement été appelé "récupérateur". Sa zone préférentielle est la même que celle du meneur de jeu adverse dont il tente de réduire l’influence, sans oublier d’équilibrer l’équipe, notamment en sécurisant l’arrière-garde en cas de montée des latéraux.
"Il faut beaucoup parler et utiliser son cerveau, parce qu’il faut souvent être au bon endroit au bon moment", a expliqué l’ancien international français, Patrick Vieira, au magazine de football anglais FourFourTwo. Pour schématiser, le milieu défensif récupérateur a pour fonction de couvrir :
- les espaces entre le milieu de terrain et les quatre défenseurs ;
- les latéraux s’ils se projettent vers l’avant ;
- les défenseurs centraux lorsqu’ils gagnent du terrain balle au pied.
Toutefois, l’évolution du football a ouvert la voie à de nouveaux profils de milieux défensifs. En premier lieu, la plaque tournante, à l’image de Busquets (F.C. Barcelone). Tête levée, le Blaugrana a la particularité de participer au jeu et de contrôler les espaces. Sergio Busquets n’était pas un monstre physique, mais grâce à sa malice et à sa culture tactique, il avait la mainmise sur l’entrejeu. Idem pour Andrea Pirlo, qui a popularisé le poste de Regista.
Certes, l’Italien n’était pas seul devant la défense. Au Milan, il avait à ses côtés Gennaro Gattuso qui effectuait la sale besogne. Carlo Ancelotti, l’entraîneur des Rossoneris de l’époque, avait demandé à Pirlo d’occuper cette position basse, dans un rôle de quarterback de football américain.
A la lumière de ces éléments, Sofyan Amrabat possède les caractéristiques d’un numéro 6 à l’ancienne. Il est puissant, rapide, fort dans les duels mais il pêche parfois lorsqu’il doit relancer sous pression. En outre, il a un peu de mal à gagner du terrain balle au pied. Disons que les courses progressives ne sont pas dans sa nature. Quid d’Oussama El Azzouzi ? A-t-il le profil technique ?
Oussama El Azzouzi vs Sofyan Amrabat
D’abord sur le plan physique, El Azzouzi n’a rien à envier à son aîné du haut de son 1m89. Quelques centimètres supplémentaires qui comptent. Qui plus est dans cette zone du terrain. D’ailleurs, il est beaucoup plus efficace dans les duels aériens que Sofyan Amrabat. La morphologie du joueur formé au Vitesse Arnhem et au FC Groningue l’aide également à être solide sur ses jambes, ce qui lui permet de sortir le plus souvent gagnant des duels qu’il dispute, dépassant de peu son compatriote.
Toujours défensivement, Sofyan Amrabat et Oussama El Azzouzi font tous les deux preuve d’un excellent sens du placement. Résultat, ils récupèrent et interceptent plus de dix ballons par match. Difficile de les départager sur ce point, même s’il faut noter qu’Oussama El Azzouzi jouent rarement seul devant la défense. En revanche, dans l’utilisation du ballon, une petite nuance est à apporter au fait qu’ils aient le même profil.
En réalité, leur profil technique est assez similaire sans le ballon, mais en phase de possession, Oussama El Azzouzi est plus adroit. Sauf quand il faut jouer long. Une lacune à gommer rapidement pour espérer devenir une référence à son poste. En tous cas, même s’il ne joue pas énormément cette saison, il est entraîné par Thiago Motta, l’un des meilleurs milieux défensifs de l’histoire du football.
Un avantage qui devrait permettre à Oussama El Azzouzi de poursuivre une progression quelquefois interrompue par les blessures, en vue d’assurer la relève de Sofyan Amrabat, à court, moyen ou long termes. Sinon, Amir Richardson risque de pointer le bout de son nez rapidement.
Le Rémois est dans une forme resplendissante depuis quelques mois. Il marque, fait marquer et stabilise le bloc Rémois quand son entraîneur Will Still fait appel à lui. Pour le sélectionneur national, avoir sous la main Sofyan Amrabat, Oussama El Azzouzi et Amir Richardson est une bénédiction après avoir été à court de solution.
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