Le nouveau “Sawt Al-Maghrib” s’ajoute au paysage médiatique marocain (entretien)
Le nouveau média "Sawt Al-Maghrib" ("La Voix du Maroc") est porté par les deux journalistes Youness Meskine et Hanane Bakour. Il a été lancé le 10 décembre 2023 pour apporter "une valeur ajoutée distincte au paysage médiatique" marocain.
Médias24 s’est entretenu avec Youness Meskine, co-fondateur du média "TheVoice.ma" et ex-directeur de publication du quotidien Akhbar Al Youm, au sujet de son nouveau projet, un média arabophone qui combine l’écrit, le visuel et le podcast, ainsi qu’un magazine hebdomadaire en ligne qui sera éventuellement disponible en version papier.
Médias24 : Quelle est la genèse de ce projet médiatique ?
Youness Meskine : L’idée du projet La Voix du Maroc est née après notre départ, moi et ma collègue Hanane Bakour, des journaux Akhbar Al Youm et Al Youm24 ; une expérience professionnelle qui s’est douloureusement achevée comme certains l’ont suivi.
En réalité, l’idée de se lancer dans une nouvelle aventure professionnelle, dont nous serions à l’origine, ne nous est pas venue immédiatement, mais après une période de réflexion et de considération sur notre avenir professionnel et notre tentative de lire le paysage médiatique national. Nous avons alors été convaincus de l’existence d’une opportunité malgré la difficulté du contexte général de la profession journalistique.
- Quand avez-vous entamé vos démarches pour créer ce nouveau média ?
- La préparation de ce projet médiatique a nécessité deux années complètes, depuis décembre 2021, date à laquelle nous avons fait le premier pas en créant légalement la société, pour entamer ensuite les étapes suivantes jusqu’au lancement du journal le 10 décembre 2023.
Cela a pris tout ce temps car nous avons dû nous préparer à deux choses différentes : la première est le projet en tant qu’entreprise nécessitant financement, planification et choix économiques, et la seconde, la préparation de la plateforme médiatique et du contenu que nous avions imaginé dès le début comme devant être distinctif.
- Quelles sont vos ambitions et que voulez-vous apporter au paysage médiatique à travers La Voix du Maroc ?
- Notre ambition est simple mais grande en même temps : ajouter un média qui apporte une valeur ajoutée distincte au paysage médiatique marocain et répondre à toutes les attentes que nous avons identifiées lors de notre étude de marché.
Ce que le Maroc a connu ces dernières années en termes de déclin douloureux de son paysage médiatique, pour des raisons objectives et d’autres liées à des choix politiques et de gestion, a fait sentir à beaucoup que le paysage médiatique marocain était en train de se transformer en un désert aride où les plateformes et expériences médiatiques exceptionnelles ne représentaient que de rares oasis dans de vastes déserts.
Je ne prétends pas que nous aspirons à changer complètement cette réalité, mais nous croyons en la possibilité d’initiatives et d’ouverture de voies, ce qui s’est réalisé au-delà de toutes nos attentes avec le lancement de la plateforme, lors duquel nous avons ressenti un important accueil et une chaleureuse réception, en particulier de la part de nos collègues journalistes. Le message a donc bien été reçu. Nous espérons que cela marquera le début d’une nouvelle ère positive dans notre paysage médiatique national.
Nous aspirons à grandir et à devenir l’une des voix médiatiques influentes et de référence, et plus important encore, à être une source d’information fiable et au service de l’intérêt collectif, loin de tout alignement idéologique ou au service d’un quelconque agenda, quel qu’en soit le porteur.
- Quelles catégories de lecteurs ciblez-vous ?
- Comme le sous-entend le nom de la plateforme, notre journal vise le citoyen marocain dans sa globalité. Bien que nous soyons un média de langue arabe − langue parlée par plus de 400 millions de personnes −, nous avons choisi dès le début d’être "La Voix du Maroc", c’est-à-dire l’expression des aspirations, des rêves, des attentes et des revendications des Marocains, en ciblant particulièrement ceux qui partagent notre idée de travailler à la réforme et au développement du Maroc dans une direction qui le rende plus démocratique, plus juste et plus respectueux de l’État de droit et des institutions.
Autrement dit, nous cherchons à porter l’idée du rêve partagé par tous les Marocains : le progrès collectif, mais pas au détriment des individus.
- Dans quels formats le média est-il disponible ?
- Nous avons opté pour un choix composite, reflétant également la nature composite du modèle économique que nous avons essayé de concevoir pour atteindre notre objectif de durabilité et d’équilibre.
Comme vous le savez, il existe deux grands modèles économiques dans le domaine de la presse digitale − car le choix numérique est devenu inévitable ; ce n’est plus simplement une option parmi d’autres −, à savoir le modèle gratuit et le modèle d’abonnement.
Après avoir étudié la nature du marché marocain de la presse arabophone, il nous est apparu que le fait de s’appuyer sur l’un de ces modèles exclusivement ne serait pas fructueux. Nous avons donc tenté d’innover en faveur d’un modèle hybride qui combine les deux choix.
Le résultat final est un site d’information en ligne qui offre un accès gratuit mais propose un contenu varié et équilibré, avec à la fois l’écrit, le visuel et le podcast, et un magazine hebdomadaire doté d’un contenu approfondi offrant l’analyse et l’éclaircissement recherchés par une partie du public. Ce magazine, initialement disponible en version numérique avec paiement, vise à terme à être distribué en kiosque en version papier.
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