La reconnaissance de la marocanité du Sahara par le Mali “n'est pas à exclure” (ancien ministre)
Dans un contexte de tensions diplomatiques inédites entre Alger et Bamako, une reconnaissance de la marocanité du Sahara par le Mali est envisageable, selon l’ancien ministre mauritanien des Affaires étrangères, Ahmedou Ould Abdallah.
"La plupart des officiels maliens que je connais souhaitent que ce dossier du Sahara soit clos avec une reconnaissance, sinon de la marocanité du Sahara, du moins pas d’activité qui la met en cause", a déclaré l’ancien ministre mauritanien des Affaires étrangères et président du Centre de conseil 4S (Stratégie, Sécurité, Sahel, Sahara), Ahmedou Ould Abdallah, au micro de Radio France internationale (RFI).
La reconnaissance de la marocanité du Sahara par le Mali est envisageable, selon Ould Abdallah, qui étaye ses propos en rappelant ses échanges avec l’ancien président malien Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) qui, après son élection en 2013, avait exprimé "son désir de reconnaître la marocanité du Sahara, mais [qu’]il ne voulait pas, en période de tensions, offenser ou se mettre à dos Alger".
Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions inédites entre Alger et Bamako sur fond d’offensive militaire des troupes de Bamako au nord du Mali contre des groupes armés proches d’Alger. L’ambassadeur d’Algérie à Bamako a été convoqué par le ministère malien des Affaires étrangères pour des "actes inamicaux" et "une ingérence" d’Alger dans "les affaires intérieures" du Mali, selon la diplomatie malienne.
Ces tensions pourraient donc être en faveur du rapprochement diplomatique entre le Maroc et le Mali qui, auparavant, n’était pas possible, dans un souci de ne pas "gêner un partenaire algérien qui est très important dans la lutte contre le terrorisme", avait confié IBK à Ould Abdallah.
Rappelons que le Mali a reconnu le polisario sous le général Moussa Traoré et maintient son appui à ce dernier depuis.
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