Enseignement : 70.000 grévistes malgré l’accord entre le gouvernement et les syndicats
Malgré la signature d’un nouvel accord entre le gouvernement et les représentants des cinq centrales syndicales les plus représentatives, les enseignants continuent à faire grève contre la réforme de Chakib Benmoussa. Leur taux de participation avoisine les 40% au lendemain d’une réunion jugée "fructueuse" par les parents d’élèves mais "décevante" pour les coordinations "écartées" du dialogue.
Le taux de participation aux grèves avoisine les 40% avec 70.000 grévistes ce jeudi 28 décembre, selon une première évaluation de source autorisée.
La poursuite des grèves du corps enseignant intervient malgré le nouvel accord signé mardi 26 décembre 2023 entre la Commission ministérielle et les représentants des cinq centrales syndicales les plus représentatives.
Réunion "fructueuse" pour les parents d’élèves
Du côté des associations des parents et tuteurs d’élèves, les instances représentatives ont salué, ce mercredi à Rabat, les résultats de l’accord conclu entre le gouvernement et les syndicats de l’enseignement et ont appelé les enseignants à rejoindre les salles de classe pour rattraper le temps scolaire perdu.
Selon le président de la Fédération nationale des associations des parents d’élèves au Maroc, Noureddine Akkouri, la réunion a été "fructueuse". Elle a en effet porté sur deux points fondamentaux, à savoir le rattrapage du temps scolaire perdu et les résultats de l’accord avec les syndicats, qu’il a qualifiés de "positifs" et "allant dans le sens de la réforme de l’école publique".
Il est actuellement question de se pencher sur les moyens de rattraper le temps scolaire perdu afin que la saison actuelle se déroule dans les meilleures conditions, dans l’intérêt des élèves.
Le nouvel accord, objet de discorde
Dans un communiqué rendu public le mardi 26 décembre, la Coordination nationale des enseignants a exprimé son mécontentement quant au contenu de l’accord qui "ne satisfait pas le strict minimum des besoins des enseignants lésés qu’ils soient retraités ou en fonction".
Ainsi, différentes coordinations, qui se disent "écartées du dialogue", refusent catégoriquement le nouvel accord du 26 décembre et annoncent la poursuite des grèves.
Rappelons que l’accord porte essentiellement sur le renouvellement du statut unifié via un nouveau décret abrogeant l’ancien texte. En vertu de cet accord, il a été convenu de :
- Conférer la qualité de fonctionnaire public à l’ensemble des travailleurs du secteur de l’Education nationale, en les soumettant aux dispositions du statut général de la fonction publique.
- Définir la durée hebdomadaire d’enseignement des cadres de l’enseignement, par une décision de l’autorité gouvernementale en charge de l’Education nationale, et ce, après consultation de la commission permanente de renouvellement et d’adaptation des curricula et des programmes, en ce qui concerne l’allégement des programmes et des curricula et son impact sur l’allègement de la durée d’enseignement et des rythmes académiques.
- Définir un régime spécial d’évaluation de la performance professionnelle, sur des critères mesurables, qui prend en compte les spécificités du secteur de l’Education nationale, ainsi que l’octroi d’une indemnité aux fonctionnaires classés au grade exceptionnel (hors échelle), dont le montant mensuel est fixé à 1.000 DH, à partir du grade 3 au lieu du grade 5.
- Une augmentation des indemnités complémentaires aux enseignants agrégés d’un montant mensuel net de 500 DH, qui sera calculée à la retraite, en plus d’une augmentation dans les indemnités complémentaires des conseillers d’orientation et des conseillers de planification pédagogique, d’un montant mensuel net de 300 DH.
- Créer une classe exceptionnelle hors échelle avec échelon spécial au profit des cadres dont le parcours professionnel prend fin à la classe exceptionnelle (hors échelle).
- Mettre en place un statut unifié propre aux enseignants agrégés au cours de l’année 2024 sur la base des conclusions d’une commission technique composée de représentants du gouvernement et des syndicats de l’enseignement les plus représentatifs, ainsi que du traitement des cotisations à la retraite relatives aux fonctionnaires recrutés entre 2017 et 2021.
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