Nizar Baraka : le Maroc s'achemine vers une nouvelle année sèche, la situation hydrique est alarmante
Aziz Akhannouch avait indiqué en début de semaine au Parlement : "Attendez-vous à des mois durs dans le domaine de l'eau, il faudra se serrer la ceinture". Ce jeudi 21 décembre, Nizar Baraka, ministre de l'Équipement et de l'eau, a fourni des explications chiffrées sur la question. Les coupures d'eau potable en cas de nécessité ne sont pas écartées.
Nizar Baraka a lancé "une sorte d'alerte précoce" concernant l'eau. C'est lui-même qui utilise cette formule pour évoquer la situation actuelle et son évolution prévisible, sauf si le Maroc reçoit des quantités significatives de précipitations au cours des prochaines semaines. "Tous les indicateurs des trois derniers mois montrent que nous nous dirigeons vers une année de sécheresse, à Dieu ne plaise", a-t-il précisément averti au cours de la traditionnelle conférence de presse qui suit le Conseil de gouvernement (vidéo). Car les précipitations ont encore baissé, pour atteindre une moyenne de 21 mm au cours du trimestre, soit une baisse des deux tiers par rapport à la même période de l'année précédente. Et que le Maroc a, en quelque sorte, raclé les fonds des barrages et ceux des nappes, car la situation de sécheresse dure depuis 2019. Une situation inédite dans l'histoire du pays, précise-t-il.
Il cite les chantiers réalisés et ceux en cours. L'interconnexion entre les bassins du Sebou et du Bouregreg pour alimenter Rabat et Casablanca : 1,3 million de mètres cubes d'eau sont acheminés quotidiennement, soit 500 Mm3 par an. Les travaux de la station de dessalement de Casablanca commenceront en janvier 2024. Et si le groupement Acciona, Green of Africa et Afriquia Gaz a remporté ce marché, c'est parce qu'il a proposé un prix très bas, moins de 4,50 DH par m3 selon lui, du jamais vu jusqu'à présent. Des appels d'offres seront lancés en 2024 pour d'autres stations de dessalement, a-t-il annoncé.
En attendant, eh bien, il y a les modes alternatifs (dessalement, traitement de l'eau saumâtre, recyclage des eaux usées, eaux pluviales) et, surtout, les économies d'eau (efficacité du réseau, réduction de la pression, coupures s'il le faut). C'est la première fois qu'un ministre cite l'éventualité de coupures d'eau potable, c'est dire !
Ci-dessus, l'évolution des trois derniers mois par rapport à la même période de 2022 : il fait plus chaud et plus sec.
Ci-dessous, le bilan des bassins hydrauliques (source : Nizar Baraka)
Ci-dessous, feuilletez notre tableau de bord sur les barrages [réservé aux abonnés] :
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