Près d'Agadir, la zone de Tifnit sera remise à l'état initial et les habitations illégales démolies
Les autorités de Chtouka ont-elles décidé de détruire du jour au lendemain (dans un délai de cinq jours) un petit village de pêcheurs, paradisiaque et sauvage, où des gens habitent depuis plusieurs générations ? Vérification et réponse.
Une vidéo de nos confrères d'Al Omk a mis le feu aux poudres et, avant elle, quelques articles alarmistes appelant au sauvetage du village de pêcheurs de Tifnit.
Tifnit est un lieu-dit où 200 logements sont recensés. Ces derniers ne sont pas tous habités en permanence et sont construits, comme le montrent les images de la vidéo, sur le domaine maritime public. Plus encore, toute la zone est protégée puisque faisant partie du parc national de Souss-Massa. L'endroit est d'une beauté sauvage qui se fait rare de nos jours. La présence de quelques barques lui a valu l'étiquette de village de pêcheurs. L'Etat a même construit un point de débarquement aménagé (PDA) pour faciliter cette activité.
Mais derrière la carte postale, plusieurs sources sur place, contactées par Médias24, évoquent des habitations en très mauvais état, dont plusieurs menaçant ruine. Des squatters sont signalés, ainsi que des problèmes de sécurité. Les habitations construites sans autorisation font l'objet de transactions. Un témoignage évoque des victimes de ces "ventes" à l'aide de faux titres fonciers. Ces victimes ne reverront pas facilement leur argent, voire jamais. Un article d'Hespress, publié en 2019, décrivait la beauté du lieu comme l'arbre qui n'arrive pas à cacher la saleté et les déchets.
C'est dans ce contexte que, le 6 décembre 2023, un courrier a été adressé par le ministère de l'Equipement à toutes les personnes fréquentant les lieux ou "possédant" l'un des 200 logements recensés. Il leur donnait cinq jours pour remettre les lieux en l'état, comme le prévoit d'ailleurs la loi. Ce courrier est reproduit sur ce blog d'Agadir.
Une source informée a indiqué à Médias24 que cette décision de démolition était une procédure normale et légale. Elle dément l'existence d'un quelconque projet immobilier dans la région. "La zone sera remise à son état initial", ajoute notre source, qui rappelle l'absence de tout document d'urbanisme ou autre document légal autorisant ces constructions, dont "certaines présentent un risque létal d'effondrement".
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