“La marocanité du Sahara a été une position constante de ma part” (Sarkozy)
VEBATIM. Invité par le Conseil du développement et de la solidarité à l'occasion de la parution de son dernier livre "Le Temps des combats", Nicolas Sarkozy a livré sa vision du monde actuel. Voici les propos saillants à retenir.
Le think tank "Conseil du développement et de la solidarité" a reçu, ce mercredi 13 décembre à Rabat, Nicolas Sarkozy, ancien président de la République française, pour un échange sur son parcours et sur les enjeux géopolitiques actuels à l'occasion de la parution de son nouveau livre Le Temps des combats.
Cet amoureux du Maroc ne rate aucune occasion d'exprimer cette relation qu'il a avec le Royaume. "J'aime votre pays et j'aime les Marocains. Ça ne s'explique pas, c'est comme ça", lance l'ex-président.
"J'ai toujours eu une grande admiration pour Sa Majesté, quelles que soient les époques. J'ai eu souvent l'occasion de débattre avec lui. C'est un des grands dirigeants du monde, sage et visionnaire. Il y aurait beaucoup de choses à dire, mais la façon dont il a géré les printemps arabes, la réforme de la Constitution, la conception qui fait qu'il nomme le Premier ministre au sein du parti qui gagne les élections... C'est un homme que j'admire, et j'ai rencontré beaucoup de dirigeants dans le monde. C'est une chance pour le Maroc. Je ne le dis pas parce que je suis ici à Rabat, je l'ai dit partout."
"Je voudrais d'ailleurs saluer notre ambassadeur. On a un bon ambassadeur, ça change. Comprendront ceux qui veulent comprendre, ceux qui ne veulent pas comprendre, tant pis pour eux après."

"J'ai toujours accepté la différence. Et si j'avais dû m'en tenir aux commentaires, sur ce que j'étais ou sur ce que je faisais, j'aurais fait comme beaucoup d'autres, rien. J'ai rêvé ma vie pour être un acteur, pas un commentateur. Et on ne peut pas être les deux. On est engagé à 100% ou on ne l'est pas".
Ce qui me passionne, c'est l'action
"Je respecte les commentateurs mais quand vous êtes un acteur, ce n'est pas pareil, et moi, ce qui me passionne, c'est l'action. Et d'ailleurs, et c'est valable pour tous ceux qui sont ici dans la vie, ce qui compte ce n'est pas ce qu'on dit, c'est ce qu'on fait. Et peut-être même que les choses les plus importantes qu'on fait dans la vie, c'est celles qu'on réfléchit le moins".
"La vie n'est qu'un risque"
"Vous m'avez dit que j'aimais le risque ! Mais la vie n'est qu'un risque. Faire des enfants est un risque, se marier est un risque. Vouloir construire des bâtiments éternels alors que notre vie dure le temps d'un timbre-poste, c'est un risque. Le bonheur est dans l'épreuve surmontée, jamais dans l'épreuve évitée, et ce n'est pas parce que vous ne prenez pas de risques que vous n'avez pas de problèmes".
"La vie n'est qu'un long tissu d'épreuves qu'on surmonte en attendant la prochaine. On ne choisit pas d'être malade, on ne choisit pas d'échouer, mais c'est parce qu'on échoue qu'on peut gagner. Donc oui, j'aime les risques, parce que j'aime la vie, et la vie n'est faite que pour cela".
"D'ailleurs, avec l'expérience qui est la mienne, je sais bien que les ennuis n'arrivent jamais par là où on croit qu'ils vont venir. Vous passez votre temps à vous inquiéter de quelque chose sur votre droite, et un mauvais microbe arrive sur votre gauche".
"Quand j'étais président, il ne pleuvait jamais quand je faisais une manifestation officielle (rires). C'est pas le cas de tout le monde. Mais je suis capable de faire changer ça, parce que quand j'arrive au Maroc, il pleut. C'est soit une question de talent, soit une question de chance. Et peut-être alors que la chance c'est le meilleur des talents".
"Vous savez, et mon ami André Azoulay le sait très bien, j'étais pour la première fois à Laayoune en 1989, c'était le père de Sa Majesté qui était souverain".
"La marocanité du Sahara (...) me paraît une évidence"
"La situation dans le Sahel est tellement difficile, tellement instable. C'est tellement vaste, il y a tellement besoin de développement. Il y a tellement de risques de terrorisme et d'insécurité. J'ai tout de suite été convaincu de la marocanité du Sahara occidental. J'ai toujours défendu cette position. La position du Roi a toujours été une position d'ouverture et de développement. Si on pense qu'au Sahel, il n'y a pas assez d'ennuis et qu'il faut créer d'autres raisons pour avoir des ennuis, alors les bras m'en tombent".
"La marocanité du Sahara occidental a été une position constante de de ma part. Je ne le dis pas aujourd'hui parce que je suis ici, je l'ai écrit. J'ai défendu cette idée à l'époque du père de Sa Majesté. Je défends cette idée aujourd'hui. Cela me paraît une évidence. Et tout ce temps perdu malheureusement, alors que le monde accumule tant de crises, crée des facteurs de déstabilisation et d'instabilité. On a besoin ici de certitude et de stabilité. Je ne le dis pas contre qui que ce soit. Je connais la région. Je peux dire mon attachement au Maroc sans que ça soit ressenti comme une blessure pour tel ou tel de vos voisins".
Le Maroc n'avait pas tous les atouts pour réussir
"Le Maroc n'avait pas tous les atouts qu'ont d'autres pour réussir. Bien sûr, il y a du phosphate mais il n'y a pas de réserves en hydrocarbures qui ont si généreusement doté l'identité d'autres pays, et tant mieux pour eux".
"Le Maroc, qui a eu moins d'atouts économiques et énergétiques pour réussir, a construit une économie forte et est devenu un pays qui compte en Afrique et dans la région. Et je pense que nous Français, devons aussi faire évoluer notre regard sur nos partenaires. Nous sommes dans un monde tout à fait nouveau. Il faut arrêter avec les complexes du passé, arrêter avec les suffisances du passé et construire un avenir commun fait de confiance, d'amitié et d'égalité".
"Pourquoi j'admire le Maroc"
"Pourquoi j'admire le Maroc ? Parce que c'est un pays qui respecte sa culture et son histoire, qui vénère le travail de ses anciens, et qui en même temps épouse la modernité. S'il y a bien un endroit où la question identitaire est centrale, c'est ici. S'il y a bien un endroit où on peut comprendre que l'identité n'est pas une fermeture mais une ouverture, c’est ici".
"A tous ces prétendus intellectuels qui bêlent sur la diversité du monde, qu'est-ce que la diversité du monde s'il y a pas l'identité de chacun, si vous n'avez plus d'identité, qu'est-ce que vous amenez en partage ? Rien. Le vide absolu. Une langue moyenne, une culture moyenne, pas d'idées, pas d'épices, pas de saveur. Ce choix excellent qui consistait à dire aux Français : 'Relevez la tête, vous êtes les héritiers d'une grande identité culturelle.' Et de ce point de vue, le travail qui a été fait au Maroc est une fois de plus un exemple".
A mon époque, la France était à l'avant-garde sur la question du Sahara
"A mon époque, la France était à l'avant-garde sur la question du Sahara occidental parce que quand le Roi a pris cette initiative, j'ai déclaré à ce moment précis, à l'époque de ma visite d'État au Maroc, qu'il n'y avait qu'une seule solution crédible, c'était la solution marocaine. Je vais vous faire une confidence qui va vous bouleverser: j'aurais bien continué, et on a vu ce qu'il en advenait des promesses de celui qui m'a succédé".
"Les choses ont aujourd'hui évolué. Nous étions en avance, et je souhaite que, à l'image de ce qu'ont fait les États-Unis, l'Europe progresse vers cette évidence vers laquelle tout le monde finira par arriver. Mais la question est la suivante : est-ce qu'on peut y arriver à l'heure et pas en retard ? Je n'ai pas de doute sur le point d'arrivée".
"Au delà des contingences, des problèmes, des malentendus, il y a un amour exceptionnel entre le Maroc et la France. Tous les Français qui vivent au Maroc, tous les étudiants marocains qui étudient en France, le rapport que les Marocains ont avec la culture et les artistes, et le rapport que nous avons aussi, le rapport à la gastronomie. Quand je viens ici, j'ai l'impression d'être comme chez moi."
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