Smartphones : la hausse des droits de douane serait une aubaine pour la contrebande selon les distributeurs
Le gouvernement prévoit de faire passer de 2,5% à 30% le droit d'importation appliqué à certains produits finis de consommation, notamment les smartphones. Contacté par Médias24, Omar El Boury, un expert télécom représentant un groupement spontané de distributeurs de téléphones mobiles au Maroc, nous fait part de son inquiétude quant à l'application de cette mesure.
“L’augmentation des droits d'importation de smartphones va avoir des conséquences brutales sur le business des distributeurs locaux”, avertit le représentant des constructeurs et distributeurs de téléphonie mobile au Maroc, Omar El Boury.
"Cette mesure conduira plus précisement à une augmentation des prix d'environ 40%, impactant très négativement le pouvoir d'achat des couches vulnérables, et limitant l'expansion positive de la transformation digitale", poursuit-il.
Des conséquences désastreuses pour le client et le distributeur
D’une part, les clients vont se tourner vers le marché informel pour acheter le même téléphone exposé en vitrine d'une boutique agréée, mais à moindre prix. D'autre part, face à "l'explosion" des prix, les distributeurs structurés ne seront plus capables d’importer les téléphones, explique notre interlocuteur.
Celui-ci souligne, pour illustrer son propos, que le gap existant entre les distributeurs agréés et les revendeurs informels est actuellement de 30%. "L'adoption de cette mesure ne peut qu'agrandir le fossé qui passera à 60%. Par ailleurs, les marges bénéficiaires des distributeurs sont très faibles et ne dépasse pas généralement 4%."
Outre la dimension matérielle, "cette mesure constitue une menace pour la santé du consommateur. L'augmentation du prix des smartphones vendus dans des boutiques agréées encouragera systématiquement les clients à acheter leurs produits sur le marché informel, et les exposera par conséquent à de la contrefaçon et la contrebande, dangereuses pour leur santé (chargeurs et téléphones défectueux, ...). D'autant plus que le marché de l’informel est intraçable et non réglementé", ajoute-t-il.
Une imposition progressive qui ne dépasse pas les 10%
L'écosystème de la distribution et de la construction de la téléphonie mobile représente entre 80.000 et 100.000 emplois directs et indirects, et pas moins de 4.000 points de vente, tient à préciser l'expert qui souligne par ailleurs que "le groupement est certes prêt à faire des concessions, mais celles-ci seront minimes".
La grande majorité des consommateurs achètent des téléphones qui coûtent entre 650 et 2.000 DH, précise-t-il. "Dans ce sens, logiquement, l'augmentation des droits de douane ne doit être applicable qu'aux téléphones haut de gamme vendus à plus de 15.000 DH (HT). Ces droits de douane ne doivent pas dépasser les 10% et doivent par ailleurs être progressifs."
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