La station de dessalement de Tanger se concrétise
L’Office national de l’électricité et de l’eau potable lance les études techniques et spécifiques du projet d’approvisionnement en eau potable de la zone de Tanger par dessalement d’eau de mer, confirmant ainsi le maintien de ce projet d’envergure.
Le projet de station de dessalement de l’eau de mer de Tanger se concrétise. S’il avait été évoqué en septembre 2022 par Mohamed Mhidia, wali de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima (TTAH), lors d’une rencontre sur la problématique de l’eau dans cette zone, des rumeurs ont récemment circulé dans différents médias nationaux faisant état de son abandon, au profit d’une autoroute de l’eau à partir de Oued El Makhazine vers le barrage Dar Kheroufa.
Le lancement par l’ONEE des études techniques et spécifiques pour la réalisation de ce projet plaide ainsi pour son maintien ; information qui nous a déjà été confirmée par le ministre de l’Agriculture dans un article précédent.
Contactés par Médias24, des membres du conseil régional de TTAH nous ont pour leur part confié que ce projet avait bien été mis en stand-by auparavant par le ministère de l’Intérieur, qui l’a à présent validé et visé et a autorisé le lancement des appels d’offres relatifs aux études précédant sa réalisation.
Un budget de 9 MDH et une capacité de 30 millions de m3/an pour une première phase d'études
Le coût de prestation de ces études est estimé à un peu plus de 9 millions de DH (MDH) (9.076.800 DH). La capacité de cette future station est de 30 millions de m3 par an (Mm3) en première phase, pouvant aller jusqu’à 60 à 80 Mm3/an, destinés à satisfaire les besoins en eau potable.
Cette capacité est donnée à titre indicatif, lit-on sur le cahier des prescriptions spéciales dudit marché. Elle sera actualisée en fonction de l’analyse du bilan des besoins ressources. Ce débit pourra donc être revu lors du déroulement des études techniques et spécifiques, tenant compte de nouveaux besoins éventuels.
Etude détaillée de la station et des adductions d’eau potable
Ce marché a pour objet la réalisation d’études détaillées du projet de dessalement de l’eau de mer dans la zone de Tanger, y compris les études des adductions d’eau potable. Les prestations seront menées en quatre composantes principales, à savoir :
- L’étude détaillée de la station de dessalement d’eau de mer ;
- L’étude détaillée des adductions à partir de la station ;
- La réalisation des études topographiques, bathymétriques, géophysiques, géotechniques, ainsi que l’analyse de la qualité de l’eau de mer nécessaire à la réalisation de l’usine de dessalement ;
- La réalisation des études topographiques, géotechniques et celles d’agressivité du sol.
L’objectif de ces prestations est de définir et d’optimiser le projet programmé du point de vue implantation et conception des différentes composantes (conduites, station de dessalement, stations de pompage, réservoirs, etc.), en tenant compte des ouvrages existants.
Mais avant, une analyse du choix du site, des solutions retenues...
La construction de cette station de dessalement sera cependant précédée par une étude d’avant-projet détaillée, qui comprend notamment une analyse critique des besoins en eau potable, qui pourrait entrainer une hausse ou une baisse des débits prévus initialement, ainsi qu’une analyse critique des ressources actuellement mobilisées pour l’approvisionnement en eau potable de la zone de Tanger.
Les sites potentiels pour accueillir cette usine doivent également être identifiés, et la superficie nécessaire à son implantation étudiée en fonction des terrains disponibles. Le choix des sites potentiels doit faire l’objet d’une analyse multicritère, ce dernier devant être justifié sur le plan technique, économique, environnemental et social.
Le titulaire de ce marché devra alors étudier, entre autres :
- L’implantation des ouvrages en tenant compte d’une extension éventuelle ;
- La description détaillée du mode de réalisation de la solution retenue, avec une justification sur le plan technico-économique et environnemental ;
- La description détaillée du mode d’exploitation ;
- La conception détaillée des ouvrages de prise ;
- L’examen des données maritimes et de propagation des houles ;
- Le dimensionnement économique des différents ouvrages et équipements hydrauliques en cherchant, dans la mesure du possible, la standardisation du matériel ;
- L’étude détaillée de tous les problèmes relatifs au mode de la prise retenue : problèmes hydrauliques, d’exploitation, d’entretien des équipements, etc. ;
- L’estimation des coûts des ouvrages de la prise ;
- La conception des ouvrages annexes à prévoir tels que le bâtiment d’exploitation comprenant les aires de stockage des réactifs, les bacs de réactifs, le laboratoire, le local de commande, les bureaux, les logements et les ateliers, etc.
D’un point de vue environnemental, il devra analyser l’ensemble des variantes de réalisation du projet, pour faire ressortir :
- Les différentes options de technologie de dessalement qui ont été analysées ;
- Les contraintes et les problèmes anticipés, ainsi que les solutions identifiées.
...et de leurs impacts sur l’environnement et les habitants
Le titulaire du marché devra également comparer les différentes options analysées, du point de vue de leur impact sur l’environnement, de leurs coûts d’investissement et d’exploitation et de leur compatibilité avec les conditions locales.
Les impacts relatifs à l’expropriation des terrains (nombre d’agriculteurs ou de propriétaires touchés par le projet) devront aussi être précisés, de même que la nature et la quantité des cultures détruites (arbres fruitiers, etc.), les superficies et la valeur des terrains, les relocalisations et les déplacements physiques ou économiques, permanents ou temporaires de population, les indemnisations et les compensations prévues.
L’incidence financière du tarif de dessalement sur la population desservie doit également être évaluée, en tenant compte des coûts des mesures d’atténuation dégagées, et des retombées économiques sur la main d’œuvre locale anticipées.
Ces analyses donneront lieu au dossier de consultation des entreprises (DCE) pour la réalisation des travaux de construction de ladite station. Le DCE doit laisser, dans la mesure du possible, aux entreprises soumissionnaires la liberté de proposer certains principes d’exécution ou brevets qui leur sont propres.
Cette usine est présentée comme étant une mesure préventive. Selon les responsables de la région, il s’agit de l’approche la plus pertinente face aux effets imprévus du changement climatique, qui peuvent contribuer au déclin des ressources traditionnelles issues des eaux de pluie, des barrages et des nappes phréatiques. Selon le benchmark réalisé par la région initialement, cette station pourrait coûter entre 2 et 3 milliards de DH.
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