Depuis début juin, le Maroc a réalisé 11% d'économie d’eau des barrages par rapport à l'année dernière
En comparaison avec le taux moyen de remplissage des barrages enregistré il y a un an, le Maroc a économisé près de 100 millions de mètres cubes entre début juin et la mi-août. Cette baisse de la consommation de l’ordre de 12% a été possible grâce à une réduction du débit, à la lutte contre les fuites et au dessalement d’eau de mer.
La majorité des grandes retenues d’eau artificielles du Royaume ont vu leurs réserves diminuer ces deux derniers mois. Mais malgré la canicule, cette baisse a été atténuée en comparaison à la même période de l'année dernière, à la faveur de la lutte contre les fuites d’eau, la réduction du débit et le dessalement d’eau de mer.
Depuis début juin dernier, le taux moyen de remplissage des barrages a baissé. Selon la Direction générale de l’eau, à la date du 14 août, les réserves globales du Royaume se situent à 4,5 milliards de mètres cubes (28,2%), contre 5,3 MMm3 (33%), le 4 juin 2023.
Environ 800 millions de mètres cubes ont été consommés en l’espace d’un peu plus de deux mois. Une consommation moins importante que celle de l’année dernière, dans le même laps de temps (899 Mm3). Une économie d'eau a donc été réalisée à hauteur de 12%. Elle équivaut à environ cinq mois de consommation d’eau potable d’une grande ville comme Casablanca, dont le pic de consommation est de 650.000 m3 par jour.
Un objectif rendu possible notamment par le développement de l’offre du dessalement d’eau de mer. Par exemple, grâce à des unités de dessalement de l’OCP, Safi est alimentée en eau potable depuis fin juillet, en attendant El Jadida à la fin du mois d'août. Ce projet permet de réduire la pression sur le barrage Al Massira à raison de 40 Mm3. En plus, OCP n’utilise plus les eaux de cet ouvrage à des fins industrielles (-90 Mm3).
Autre modèle de gestion, Marrakech où la consommation en eau potable peut atteindre 250.000 m3 par jour. Le Plan d'action de rationalisation de la demande en eau se base sur un programme de détection des fuites, de modulation de pression, d'actions de sensibilisation et d'identification de solutions par typologie de consommateurs pour un potentiel d’économie en usage domestique et industrielle à hauteur de 38% (585.606 m3/an).
Baisse des retenues des barrages de plus de 400 Mm3
Par ailleurs, voici l'évolution des plus grandes retenues d'eau artificielles du Royaume :
- Les réserves du barrage Bin El Ouidane (13,7%), d’une capacité de 1,2 MMm3, ont baissé de 30,5 Mm3 pour s’établir à 166,9 Mm3. En aval, le barrage Ahmed El Hansali n’a pas non plus été épargné. D’une capacité de stockage de 668,2 Mm3, ses réserves sont passées de 57,8 Mm3 (8,6%) à 43,9 Mm3 (6,6%), soit une diminution de l’ordre de 13,9 Mm3.
- Deuxième plus grand barrage du pays par la taille de son bassin de retenue (2,6 MMm3), Al Massira a vu ses réserves passer de 115,5 Mm3 (4,3%) à 87 Mm3 (3,3%) depuis le 4 juin 2023. Une diminution de l’ordre de 28,5 Mm3. D’une capacité de stockage de 1,1 MMm3, les ressources du barrage Idriss Ier (25,2%) ont baissé de 42,4 Mm3 (21,4%). À noter que le taux de remplissage de cet édifice était de 32,9%, il y a un an, jour pour jour.
- Le barrage Al Wahda, plus grande retenue d’eau artificielle du pays (3,5 MMm3), est lui aussi concerné par cette diminution. Entre le 4 juin (1,9 MMm3) et le 14 août (1,7 MMm3), ses réserves ont baissé de 200 Mm3. Non loin, les réserves (21,4%) de l’édifice de Dar Al Khorfa ont également baissé, pour s’établir à 102,7 Mm3.
- Cette tendance concerne également le barrage de Oued El Makhazine dont les réserves sont de l’ordre de 445,8 Mm3 (66,3%), contre 530,1 Mm3 (78,8%) en juin dernier, sur une capacité de retenue de 672,9 Mm3.
- Édifié en 1974 pour mobiliser les eaux des bassins versants des oueds Bouregreg, Grou et Korifla, le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah possède une capacité de retenue de l’ordre de 974,8 Mm3. Son taux de remplissage est passé de 23,6% (230,3 Mm3) à 16,8% (164 Mm3) ; l’équivalent de 66,3 Mm3 en moins. L'année dernière, à la même époque, ses réserves étaient de 293,4 Mm3 (30,1%).
- Enfin, dans la région Drâa-Tafilalet, les ressources du barrage Mansour Eddahbi ont également diminué. Les réserves de ce barrage (21,5%), d’une capacité de 445,3 Mm3, ont baissé de 22,6 Mm3 pour s’établir à près de 73,2 Mm3 (16,4%).
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