Étude. Les serpents vendus dans les souks abritent des agents zoonotiques pouvant être transmis à l’homme
Les reptiles utilisés en médecine traditionnelle et vendus dans les souks notamment, ainsi que les serpents détenus par les charmeurs de serpents, abritent des agents zoonotiques et pathogènes pouvant être transmis à l’homme par des vecteurs, par voie orale ou encore par des morsures.
C’est ce qui ressort d’une étude récente réalisée par un ensemble de chercheurs étrangers et marocains, et dont le but est d’identifier les parasites et pathogènes présents dans le sang et les excréments des reptiles manipulés sur les marchés et les places, afin d’évaluer le risque de transmission de maladies zoonotiques à l’homme.
Pour ce faire, l’ADN de ces animaux a été extrait et criblé moléculairement. Sur 118 reptiles examinés, près de 29%, soit 34 reptiles, étaient positifs à au moins un agent pathogène. 11 de ces reptiles (9,3%) appartenaient aux vendeurs de reptiles, tandis que les 23 autres (19,5%) appartenaient aux charmeurs de serpents.
Des reptiles utilisés en médecine traditionnelle ou pour divertir les touristes
En effet, les souks de villes marocaines regorgent de ces reptiles généralement utilisés en médecine traditionnelle ou en magie noire. Il s’agit principalement des tortues, des caméléons, des sauriens, des pythons, et des têtes de cobras égyptiens.
Tortues vendues dans les souks
Caméléon méditerranéen adulte
Têtes de cobras égyptiens
Différentes espèces de serpents, pour certaines très venimeuses, sont également exploitées par les charmeurs de serpents pour divertir les touristes. Ces serpents sont généralement capturés entre les mois d’avril et d’octobre, notamment dans le Sud-Ouest marocain, où plus de 27 espèces existent.
Les serpents couramment utilisés par ces charmeurs sont le cobra égyptien et la vipère qui sont très venimeux. Des espèces peu ou non venimeuses sont également exhibées, telles que la couleuvre de Montpellier et, dans une moindre mesure, la couleuvre fer-à-cheval.
Couleuvre de Montpellier
Ces reptiles vivent dans des cages surpeuplées, dans des conditions insalubres. Ces facteurs, associés à la manipulation constante par les charmeurs et à la proximité des badauds, sont des facteurs déterminants de la transmission vectorielle des agents pathogènes zoonotiques, ou par voie orale.
Sur les 118 espèces analysées par les chercheurs, auteurs de la présente étude, figurent 68 serpents exploités par ces charmeurs, à savoir :
- 20 vipères (Bite Arietans) très venimeuses ;
- 10 cobras égyptiens (Naja Haje) également très venimeux ;
- 28 serpents (ou couleuvres) de Montpellier (Malpolon Monspessulanus ), légèrement venimeux. Il s’agit de l'espèce exhibée généralement aux touristes pour prendre des photos ;
- 9 couleuvres de l’est de Montpellier (Malpolon Insignitus), légèrement venimeuses ;
- 1 serpent fer-à-cheval (Hémorrhée Hippocrète), non venimeux.
Les différents agents pathogènes détectés
Parmi les agents pathogènes détectés dans le sang de ces espèces, figurent :
- L’Anaplasma : détecté chez 4 serpents, dont 2 couleuvres de Montpellier. Cet agent pathogène peut provoquer des anaplasmoses.
- Rickettsia : détecté chez 1 caméléon méditerranéen et 4 vipères. Il s’agit d’un type de bactéries responsables de plusieurs maladies, y compris la fièvre pourprée des montagnes rocheuses, qui se manifeste notamment par une fièvre élevée et des céphalées violentes.
- Leishmania tarentolae : détecté chez 2 animaux, à savoir le caméléon méditerranéen et la couleuvre de Montpellier .
Dans leurs excréments, les chercheurs ont découvert les parasites suivants :
- Les nématodes, ou des vers ronds et effilés, chez 8 tortues et 2 couleuvres de Montpellier ;
- Les cestodes, ou des vers plats avec un corps très long formé de nombreux anneaux, chez 2 serpents de l’est de Montpellier et 1 couleuvre de Montpellier ;
- Les champignons chez 2 serpents (la vipère et la couleuvre de Montpellier) ;
- Ainsi que d'autres bactéries chez le caméléon méditerranéen.
Compte tenu de leur contact constant avec l’homme, ces reptiles jouent ainsi un rôle dans la transmission zoonotique de pathogènes et de parasites.
Bref, il y a du travail pour le ministère du Tourisme et le ministère de la Santé.
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