Jamaâ el-Fna : les animaux ne sont pas assez contrôlés
Singes, serpents et lézards, présentés aux touristes comme dressés et inoffensifs, ne sont pas assez contrôlés par les autorités. Un charmeur de serpent est récemment décédé des suites d’une morsure de son cobra.
Il y a quelques semaines, un charmeur de serpent de la place Jamaâ el-Fna, à Marrakech, a rendu l’âme, mordu par son propre animal. Drame qui suscite beaucoup d’interrogations auxquelles les autorités, qui le qualifient de « cas isolé », n’apportent aucune réponse.
L’homme, qui tentait de séduire un groupe de touristes lorsque le cobra, qu’il croyait avoir dressé, a déversé son venin sur sa langue, est décédé le même jour à l’hôpital Ibn Rochd, où il a été transporté d’urgence.
Un cas isolé, diront certains, mais ce drame, qui peut bien entendu à tout moment se reproduire, a le mérite de nous interpeller sur les risques qu’encourent aussi bien les touristes que les dizaines de charmeurs de serpents , de montreurs de singes et autres mordus de la halqa qui peuplent la place du matin au soir. Sont-ils sensibilisés au danger ? Comment s’assure-t-on que les animaux exposés au public sont « apprivoisés » ? Ces spectacles obéissent-ils à un contrôle ?
De tous les responsables que nous avons contactés, aucun n’a su nous répondre clairement à ces questions. Une source autorisée au sein du Conseil régional du tourisme de Marrakech (CRT) nous a expliqué qu’un travail de sensibilisation s’effectue tous les… cinq ans, avant de nous guider vers le ministère de l’Intérieur, demeuré injoignable. Le président du Conseil de la région de Marrakech-Tansift-Al Haouz, Ahmed Touizi, nous a précisé, de son côté, que le sujet ne le concernait pas directement.
Ces reptiles seraient ainsi lâchés dans la « nature » sans le moindre examen. «Il y a une commission mixte qui effectue des contrôles réguliers, mais on ne peut vérifier si tous les animaux sont domptés», nous explique Fatima Zahra El Mansouri, maire de la ville ocre, que la question ne concerne pas directement. Toujours est-il qu’aucune mesure n’a été prise jusqu’à présent pour rassurer les touristes. « Il s’agit d’un cas isolé », insiste-t-elle. Pourtant, il y a deux ans, un touriste s’est fait attaqué par un signe, qui n’était pas d’humeur joueuse. D’autres témoignages nous confirment également qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé.
La médiatisation dont a fait l’objet le drame survenu en février, qui ne remplace pas toutefois le rôle des autorités, ne sera pas sans impact sur l’activité touristique de la ville. Sur les forums, le sujet n’est pas pris avec la même légèreté.
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