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Architecture et urbanisme

L’École supérieure de technologie de Guelmim, une architecture contemporaine bien intégrée au site

Notre rubrique architecture vous présente ci-dessous l’École supérieure de technologie de Guelmim, réalisée par trois architectes talentueux et dignes d’intérêt. Le projet remonte à 2011. Nous alternerons en effet les projets anciens et les projets récents, ainsi que les portraits d’architectes. Voici donc l’EST de Guelmim, pour le plaisir des yeux.

L’École supérieure de technologie de Guelmim, une architecture contemporaine bien intégrée au site
Rania Lahmar
Le 12 juillet 2023 à 10h10 | Modifié 12 juillet 2023 à 16h58

Dans le cadre du développement du volet institutionnel universitaire dans les régions du Sud du Maroc, le projet de l’Ecole supérieure de technologie (EST) de Guelmim a été réalisé, entre 2008 et 2011, comme annexe de l’université Ibn Zohr d’Agadir, sur une surface couverte de 6.883 m².

La maîtrise d’œuvre est partagée entre Mohamed Amine Siana, lauréat de l’Ecole nationale d’architecture de Rabat en 2004 et fondateur de son agence d’architecture en 2005 à Casablanca, un architecte contemporain marquant l’empreinte moderne dans l’architecture marocaine dans ses projets ; Saad Kabbaj, architecte basé à Casablanca, et dont la démarche repose essentiellement sur la recherche de la créativité et le sens dans l’espace ; et Driss Kettani, lauréat de l’Ecole nationale d’architecture de Rabat, ayant fondé son agence en 2005 à Casablanca, et qui se focalise sur le lieu, la culture et les habitants pour mener la réflexion poétique vers la rigueur architecturale dans ses projets. Il est actuellement enseignant à la SAP+D de l’UM6P.

Par ailleurs, les trois architectes partenaires avaient remporté en 2006 le prix du concours de la Faculté polydisciplinaire de Taroudant. Ce dernier, ainsi que celui de l’Ecole supérieure de technologie de Guelmim, ont été publiés dans plusieurs revues d’architecture et exposés à New York, Paris, Venise et Milan. L’EST Guelmim a été, par ailleurs, shortlistée pour le grand prix Aga Khan d’architecture en 2016.

En contemplant l’Ecole supérieure de technologie de Guelmim, la première chose qui saute aux yeux, c’est sa relation avec son environnement immédiat, de par sa cohérence architecturale avec le contexte local, l’usage des matériaux locaux et son lien étroit avec le caractère local patrimonial de la région évitant toute rupture ou incohérence. En projetant le bâtiment dans son site, il se caractérise par un style architectural imposant et très communicant par son aspect distingué, créant une ambiance propre à lui.

Le concept consiste à respecter le programme diversifié de l’école en matière d’entités, à savoir les volets administration, enseignement, hébergement, recherche, sport, etc., à prévoir une répartition logique et efficace aussi bien pour l’étudiant, l’enseignant, le fonctionnaire, que pour n’importe quel usager qui va utiliser cet espace, et à retranscrire une certaine échelle et atmosphère avec des outils modernes.

La première partie de l’école est elle-même divisée en deux parties : d’un côté, une partie dédiée à l’administration, à la pédagogie et à la scolarité ; de l’autre, une partie dédiée à l’amphithéâtre et au centre de recherche et de documentation, avant de franchir le pas vers les espaces spécialement consacrés à l’enseignement, les salles de TP, de TD, les salles de cours et les salles d’enseignement spécialisé. Le trajet du couloir s’achève par la présence d’une cafétéria pour étudiants, isolée des autres espaces vu sa fonction d’échange et de partage et la nécessité de faciliter l’accès pour toute personne, interne ou externe au bâtiment.

Cet axe central est orienté nord-sud et est partiellement couvert, afin d’optimiser la qualité thermique et viser un bon éclairage et une aération convenable à la totalité des espaces. Ces derniers s’articulent autour de formes en L et de jardins intérieurs, permettant ainsi une lisibilité claire des entités du projet et préservant un jeu d’échelles adapté à la diversité du programme.

A l’intérieur de l’école, les espaces sont dégagés, bénéficiant de grandes ouvertures et de baies vitrées libérant la vue sur l’extérieur, notamment dans les espaces tertiaires, concernant les salles de cours et l’amphithéâtre, plusieurs fenêtres et meurtrières servent d’ouvertures pour être en cohérence avec le style défini dans l’ensemble du bâtiment. Les fenêtres du Rdc et de l’étage, notamment du bâtiment pédagogique, se caractérisent par leur encadrement en maçonnerie qui sort de la surface de la façade et les met en relief. Elles sont organisées de façon monotone et répétitive, créant ainsi une ambiance particulière et un jeu d’ombres et de lumières naturelles et artificielles jour et nuit, avec une vue exceptionnelle sur le paysage naturel aux alentours de l’école.

La circulation horizontale et verticale se veut fluide et bien organisée, à savoir les grandes cages d’escaliers réparties dans les deux extrémités de l’édifice avec un plafond et des parois perforées par des ouvertures rectilignes horizontales conférant une vue sur l’extérieur.

L’espace extérieur de l’école est animé par quelques bancs et des arbustes, avec des terrains polyvalents. Les espaces de stationnement sont divisés en deux ; un parking dédié aux étudiants de 25 places, et de l’autre extrémité du bâtiment, un parking pour enseignants et administrateurs de 39 places donnant accès directement au bloc scolarité et administration.

Le matériau de revêtement des façades dérive d’une volonté de suivre le contexte local et d’exploiter ses ressources en termes de finition, et c’est de l’enduit à terre qui vient revêtir les murs des façades de l’école. À l’intérieur, la blancheur des murs confère aux espaces une certaine ambiance lumineuse et une continuité d’un espace à un autre.

Ce projet concrétise un exemple qui nous montre qu’il est possible de faire de la contemporanéité un outil de conception, peu importent les circonstances du site et son emplacement, en se basant sur les ressources locales, et en exploitant les matériaux, les circonstances climatiques et paysagères ainsi que l’ambiance existante afin d’aboutir à un bâtiment adapté à son environnement et à son entourage, en y injectant une vision contemporaine et un vocabulaire moderne tout en conservant son aspect cohérent.

Fiche technique :

Maître d’ouvrage : Université Ibn Zohr Agadir
Architectes : Saâd El Kabbaj / Driss Kettani / Mohamed Amine Siana
Collaborateurs: Yassine El Aouni / Rachid El Maataoui
Bet : Bepol Sarl
Entreprise Tce : Zerkdi & Fils
S.H.O.T. : 6.883 m²
Etudes – Réalisation : 2008-2011
Photographies : Fernando Guerra – Fg+Sg

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Rania Lahmar
Le 12 juillet 2023 à 10h10

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