Archéologie préhistorique : on en sait davantage sur les vestiges retrouvés dans les Rehamna
Médias24 est allé à la rencontre des chercheurs de l'Institut national des sciences de l'archéologie et du patrimoine. Au menu, les dernières découvertes archéologiques de Rehamna et les nouvelles réponses qu'elles nous apportent sur les origines de l'existence de l'homme au Maroc.
"La région de Rehamna n'avait pas fait l’objet de recherches archéologiques systématiques et de grande envergure depuis plus de 60 ans. Nous avons choisi de nous y atteler car la région représente une vaste plaine très prometteuse qui n'a pas connu d'effet d'érosion prononcé", nous explique Nawfal Ghayati, doctorant en archéologie et membre de l'équipe de chercheurs à l'origine de cette découverte.
Les recherches dans les sites de Rehamna ont été effectuées par une équipe de chercheurs et d’étudiants en archéologie et en géomorphologie, dans le cadre d’un projet de coopération scientifique entre l’INSAP, l’Université Cadi Ayyad et l’Université Hassan II.
Travaillant sous la proche supervision de Abdeljalil Benzouggar, directeur général de l'Institut national des sciences de l'archéologie et du patrimoine (INSAP), l'équipe a mené des fouilles minutieuses sur les 44 sites de la région pendant une durée de 15 jours, du 4 au 19 avril, afin de s'assurer que tous les vestiges présents soient collectés et ramenés à l'institut pour subir les études nécessaires.
La première étape était d'abord de dater ces trouvailles. Selon Abdeljalil Benzouggar, il existe deux types de datation, relative et absolue. Le directeur général de l'INSAP nous explique dans un échange exclusif quels sont les éléments qui différencient ces deux types de datation, puis nous en dit davantage sur les périodes auxquelles appartiennent les vestiges retrouvés.
Les ossements de Rehamna
Les ossements trouvés dans les sites de Rehamna correspondent principalement à des fragments de vertèbres, des côtes et des tibias qui appartiendraient à des individus d’âges différents (adultes et juvéniles), ainsi que des fragments crâniens. "Ils étaient tous issus d’une coupe stratigraphique. (couche géologique)", nous précise Meryem Ben Erradi, doctorante en paléontologie qui a également participé aux fouilles.
Les ossements résistent bien au temps, car ils sont formés de minéraux et restent protégés des altérations chimiques (ex. : pluie) lorsqu’ils sont enterrés, souligne Meryem Ben Erradi. "Ils ne se décomposent pas, mais s’altèrent à un rythme relativement lent lorsque les conditions du sol leur sont propices. Ils perdent de leur densité osseuse et deviennent plus fragiles, mais ne disparaissent pas."
Le matériel lithique
Les prospections de Rehamna ont révélé un matériel lithique d'une grande diversité, témoignant de l'importance des sources de matières premières dans la région. Des gisements de silex et de quartz ont été découverts, offrant une gamme variée de ressources pour la fabrication d'outils. Selon Othmane Ba Amrani, doctorant en archéologie préhistorique, les périodes couvertes s'étendent du paléolithique inférieur, avec la présence de bifaces et d'outils taillés tels que les outils de découpe et des couteaux primitifs, au néolithique où des outils à gorge ont été découverts.
Parmi les trouvailles notables figurent également des nucléi, des lames, des lamelles, des grattoirs et une multitude de types de racloirs, sans oublier les débris et esquilles qui sont la preuve même d'une production locale. "Cette richesse et cette variété exceptionnelle d'outils reflètent l'évolution des techniques et des besoins des communautés préhistoriques de la région de Rehamna. Elles attestent également de la présence d’un mode de vie sédentaire et de la pratique de l’agriculture", assure Othmane Ba Amrani.
Une cartographie des fouilles pour la région
Pour mieux comprendre la vie de ces populations, les chercheurs dont développé une carte préhistorique de la région de Rehamna. On retrouve en jaune les sites stériles où aucun vestige n'a été trouvé, en orange les sites quasi stériles où peu de vestiges ont été trouvés, et en rouge les sites qui contiennent d'importants vestiges archéologiques.

Selon les chercheurs, les sites stériles sont également importants car ils indiquent l'absence d'habitat ou de passage des groupes humains. En effet, ce type de sites permet aux chercheurs de se poser davantage de questions sur la structure de mobilité de ces groupes. "La présence comme l'absence de traces de mobilité ou d'habitat sont tous les deux un facteur clé nous permettant d'établir une modélisation et, ainsi, une reconstitution des couloirs géographiques empruntés par les hommes du passé", précise Nawfal Ghayati.
Médias24 suivra l'équipe de l'INSAP lors de ses prochaines fouilles qui auront lieu en septembre sur le site très riche de Tafoughalte dans la province de Berkane.
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