La régulation des urgences médicales au Maroc est “globalement médiocre”, alerte le CESE
Dans un nouvel avis, le Conseil économique, social et environnemental pointe les dysfonctionnements qui guettent la prise en charge des urgences médicales, et émet ses recommandations pour y remédier.
En dépit des avancées réalisées dans le secteur, la prise en charge des urgences médicales au Maroc connaît plusieurs dysfonctionnements, déplore le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Ahmed Réda Chami, à l'occasion de la présentation, ce mercredi 21 juin, de l'avis du Conseil sur le sujet.
L'avis est intitulé : "Améliorer la prise en charge des urgences médicales pour préserver et sauver des vies, et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous".
Les vraies urgences médicales : 41% des cas admis dont 9% à caractère vital
Le CESE estime qu'il est d'abord et avant tout important de faire la distinction entre la définition commune des urgences médicales et les urgences médicales telles que définies par les spécialistes.
Les urgences médicales réfèrent communément aux services médicaux assurés par les gardes de 24 h dans les établissements de santé. Il s'agit plus globalement d'une perception subjective par le patient ou par ses proches de son état de santé.
Si l'on considère la terminologie médicale, les urgences médicales sont plutôt définies comme des situations nécessitant une intervention médicale, instantanée ou rapide, en vue de secourir une personne dont la vie, ou dont l'une des fonctions corporelles, est en danger. Elles sont déclarées sur décision d'un médecin selon des critères précis.
Les vraies urgences médicales représentent 40,7% des cas admis en urgence, dont seulement 9,3% sont à caractère vital, observe le CESE. Les urgences médicales subjectives, elles, représentent 50% des cas admis en urgence.
Régulation médicale
Parmi les dysfonctionnements qui guettent la prise en charge des urgences médicales au Maroc, figurent ceux constatés au niveau de la régulation médicale.
"La régulation médicale au Maroc est globalement médiocre", juge le Conseil. Le Service d'assistance médicale urgente (SAMU), joignable à travers le numéro d'appel d'urgence 141, souffre en effet des lacunes suivantes, poursuit le CESE :
- un service peu connu : seulement 10% des participants ont déclaré avoir déjà joint le SAMU, selon les résultats de la consultation citoyenne lancée sur la plateforme Ouchariko ;
- un service limité au secteur public ;
- la non-disponibilité au niveau de trois régions : Guelmim-Oued Noun, Drâa-Tafilalet et Dakhla-Oued Eddahab ;
- le manque de personnel : le SAMU a besoin d'au moins 4 médecins et 8 infirmiers ;
- des moyens logistiques restreints.
Services d'urgence et couverture sociale
Le CESE signale également des dysfonctionnements au niveau des services de prise en charge médicale en urgence.
Les hôpitaux publics connaissent par exemple une grande pression en matière de prise en charge, d'autant qu'ils souffrent de problèmes de gouvernance et d'un manque de personnel. Entre 2002 et 2022, seulement 29 médecins urgentistes ont été formés au Maroc. Les services d'urgence sont pris en charge par les médecins internes, qui ne sont toujours pas habiletés à gérer les urgences, note le CESE.
Malgré l'importance des services qu'il offre, le secteur hospitalier privé à but non lucratif connaît quant à lui une faible évolution. Il est également perçu comme un concurrent par le secteur hospitalier privé à but lucratif.
La faible représentativité et la concentration à hauteur de 80% au niveau de l'axe Casablanca-Rabat sont les dysfonctionnements que connaît pour sa part le secteur hospitalier privé à but lucratif. Un secteur par ailleurs critiqué pour le conditionnement des patients à la présentation de chèques de garantie, ainsi que pour la surfacturation.
La prise en charge insuffisante des frais des soins liés aux urgences médicales, en ce qui concerne la couverture sociale, est l'autre dysfonctionnement cité par le CESE.
Recommandations
Pour remédier aux lacunes observées en matière de prise en charge des urgences médicales, le CESE recommande ce qui suit :
- l'amélioration de l'organisation territoriale à travers la création d'un système pour les urgences médicales dans toutes les régions du Royaume, l'implication du secteur privé dans la fourniture de soins d'urgence et l'incitation de ce secteur à investir dans les infrastructures et les transports sanitaires ;
- le développement des ressources humaines opérant dans urgences médicales et le renforcement de leur rôle à travers l'amélioration de la formation de base et de la formation continue, et la reconsidération du dispositif juridique et du système d'indemnisation des gardes ;
- l'amélioration de la qualité des interventions médicales urgentes dans les services d'urgence dans les secteur public et privé.
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