La préparation des réunions du FMI et de la Banque mondiale à Marrakech montre l’urgence d’un Palais des congrès
Censées recevoir 14.000 participants, les assemblées générales du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale se tiendront sur le site de Bab Ighli, qui avait déjà accueilli la COP22 en 2016. Selon une source autorisée, après cet événement planétaire, la construction d’un vaste palais des congrès va s’imposer.
"Après la COP22 qui a donné au Maroc une incroyable visibilité mondiale, la tenue des assemblées générales du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, qui va drainer à Marrakech, entre le 9 et le 15 octobre, un minimum de 14.000 participants venus du monde entier, sera l’événement le plus important de cette dernière décennie", se réjouit un grand opérateur de la ville. Ce dernier s’attend à un taux d’occupation hôtelier exceptionnel après la saison estivale qui affiche toujours complet.
"Les travaux ont déjà démarré"
Au regard des retombées ultérieures de cette grand-messe annuelle des financiers de la planète, de nombreux intervenants publics sont impliqués dans son organisation, à l’instar des ministères des Finances et des Affaires étrangères, de la wilaya de la ville, du Conseil régional du tourisme (CRT) de Marrakech-Safi, de la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) et de l’Office national marocain du tourisme (ONMT).
Plus d’un an après la fin de la crise sanitaire qui avait mis à genoux l’industrie du tourisme, cet événement est très attendu, d’autant que les réservations hôtelières laissent entrevoir une basse saison exceptionnelle pour l’ensemble des établissements classés de la ville ocre.
Au terme des travaux − en cours − de viabilisation du site (égouts, sanitaires, parking, espaces de restauration…), d’une superficie de plusieurs hectares, où s’était déroulée la COP22 en 2016, des pylônes seront installés pour supporter les chapiteaux avec une capacité d'au moins 16.000 personnes.
Un espace supplémentaire devrait être aménagé sur le terrain qui fait face au palace La Mamounia, afin d’y loger certaines personnalités du FMI et de la Banque mondiale.
Un palais des congrès d’au moins 10.000 places... avant 2026
Un extraordinaire coup de publicité pour le Maroc, qui incitera un grand nombre de participants aux assemblées générales à revenir en famille et à en parler à leur entourage.
Si la ville dispose déjà de trois centres des congrès − 2.000 places pour le plus grand −, elle n’est pas en mesure de recevoir autant de participants. Cet événement ne manquera donc pas d’accélérer la construction d’un palais des congrès capable d’accueillir entre 10.000 et 40.000 personnes.
En effet, selon une source ministérielle, la feuille de route du tourisme a fait de ce projet une véritable priorité grâce à un partenariat entre la région, la commune, le ministère du Commerce et la SMIT.
"Le palais des congrès de Marrakech n’en est plus au stade de projet ; nous sommes d’ores et déjà parvenus à la phase de financement et d’exécution", nous révèle l’un des quatre partenaires engagés dans sa planification. Selon notre interlocuteur, le futur palais des congrès pourra accueillir plus de 11.000 personnes assises, et le parc des expositions mitoyen pourra recevoir 30.000 à 40.000 personnes, soit bien plus que le nombre de participants prévus aux assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale.
Si l’on ne connaît pas encore sa localisation et sa superficie, cet espace international de conférences sera certainement l’un des plus grands d’Afrique, devant le palais des congrès d’Addis-Abeba en Ethiopie, révèle notre source.
D’un coût estimé à 1 milliard de dirhams, il sera totalement opérationnel et inauguré avant 2026.
"Des projets programmés depuis plus de 25 ans qui n’ont toujours pas vu le jour"
Se réjouissant de la perspective de cet événement qui renforcera la visibilité du Maroc dans le segment MICE (Meetings, Incentives, Conferences, Exhibitions), une source du secteur privé avance qu’avec des infrastructures permettant d’accueillir autant de monde que les assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale, le secteur serait capable d’en recevoir au moins un par mois.
Le potentiel est considérable, mais problème : ces projets structurants tardent à voir le jour alors qu’ils étaient inscrits comme prioritaires dans les programmes de la Vision 2010 et de la Vision 2020.
Cela devrait inciter les autorités à accélérer la concrétisation de ces projets, qui affichent un retard inexplicable lorsque l’on sait que cette question s’est posée après la tenue de la COP22 à Marrakech en 2016, mais aussi celle de la COP7 dans la même ville en 1996, et au lendemain de l’Assemblée générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui avait eu lieu en 1994 dans la ville ocre.
Idem pour le projet du futur palais des congrès de Casablanca, inscrit en 2006 dans le programme de développement de la ville. Un engagement national resté au stade des études.
"Le Maroc ne capte que 1% de la demande d’événements MICE"
Si les grandes villes comme Marrakech et Casablanca disposaient d’un palais des congrès d’une capacité de 10.000 places assises et d’un parc mitoyen d’exposition pouvant accueillir 20.000 à 40.000 personnes, le Maroc serait en mesure de capter une demande bien plus importante.
En l'absence d’infrastructures, les donneurs d’ordres internationaux ne font pas appel au Maroc, qui ne figure pas sur la liste des pays capables d’offrir ce type de prestations.
Le pays se contente d’accueillir 1% de la demande mondiale, comme des événements politiques ou publics de moindre importance à l’occasion desquels les autorités mettent en place des structures éphémères, alors qu’avec sa capacité hôtelière de grande qualité, le Royaume n’aurait aucun mal à capter des manifestations d'envergure.
"Les structures éphémères coûtent plus cher et ne séduisent pas les donneurs d’ordres internationaux"
De plus, la construction d’espaces polyvalents permettrait d’éviter de louer au coup par coup des terrains avant d’y monter des chapiteaux pour abriter des événements d'envergure, qui finissent par coûter beaucoup plus cher qu’une infrastructure permanente.
Entre la recherche de financement et l’achèvement des travaux, il faudra au moins cinq années pour qu’il devienne opérationnel ; il y a donc urgence car les grands congrès sont déjà réservés jusqu’à 2030.
En effet, les acteurs de ce segment d’affaires organisent des années à l'avance des événements comparables à la tenue des assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale. Ils ne feront donc pas appel au Maroc avant que l’infrastructure ne devienne vraiment opérationnelle, avec une promotion convaincante.
Le Maroc ne pourra pas exister sur la scène internationale du tourisme d’affaires avec des structures éphémères, de surcroît en plastique et donc pas vraiment écologiques, conclut notre interlocuteur.
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