Bank of Africa obtient une nouvelle vente judiciaire contre la Gazelle d’or
Bank of Africa obtient une nouvelle fois la vente aux enchères de son débiteur, la Gazelle d’or. Programmée pour fin mars, l’opération concerne le fonds de commerce, mis à prix pour près de 30 MDH. La banque veut obtenir le paiement d’un crédit souscrit dans des conditions contestées par l’établissement hôtelier.
Débarrassée d'un lourd contentieux entre actionnaires, la Gazelle d'or joue désormais sa survie. Le mythique hôtel a été de nouveau placé aux enchères judiciaires. L'opération vise son fonds de commerce, mis en vente pour un prix initial de 29,9 millions de dirhams.
Les enchères sont programmées au 28 mars 2023. Elles se tiendront au tribunal de commerce de Taroudant, juridiction dont relève l'établissement créé dans les années 1980.
La vente vient en exécution à un jugement condamnant la Gazelle d'or à régler plus de 27 MDH à Bank of Africa. Sauf report ou annulation, la vente sera effectuée à la demande et au profit de l'établissement bancaire.
En mai 2022, la même banque avait provoqué une décision de vente judiciaire visant le titre foncier sur lequel opère la Gazelle d'or. Ce bien avait été proposé à 47 MDH, mais la cession avait finalement été ajournée.
Avant la vente, un verdict décisif attendu dans une semaine
Cette affaire de crédit impayé fait l'objet d'une bataille judiciaire qui court depuis 2018. Bank of Africa a obtenu la reconnaissance de sa créance en première instance, mais la Gazelle d'or a amorcé un recours auprès de la cour d'appel de commerce de Casablanca. Le 6 mars dernier, cette juridiction a mis le dossier en délibéré. Le verdict est attendu lundi prochain.
La créance de Bank of Africa est contestée par Ghita Bennis, la dirigeante de la Gazelle d'or. Elle dénonce un crédit "abusif", souscrit à son insu, alors qu'elle n'était pas aux commandes de l'hôtel. L'intéressée avait été un temps écartée de la direction, à la suite des jugements reconnaissant la propriété de l'établissement aux héritiers de la famille Adham, ses adversaires.
Embourbé dans ses péripéties judiciaires depuis 2013, l'hôtel est à l'arrêt et en piètre état. Son sort est plus que jamais compromis.
La sentence en appel sera décisive, car exécutoire. Et si la condamnation de l'hôtel est infirmée, elle sera en mesure de bloquer la vente qui devait en découler. En cas de confirmation du jugement de première instance, on voit mal comment l'établissement pourrait échapper à sa mise en vente, jusque-là reportée à plusieurs reprises. A moins que la Gazelle d'or n'obtienne une protection judiciaire sous forme de sauvegarde ou de redressement. Ces procédures permettent la suspension de toutes les actions individuelles en paiement, ainsi que les voies d'exécution (ex-saisies).
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