Inflation. Le CESE diffuse une alerte pour organiser les circuits de commercialisation des produits agricoles
Dans cette alerte, la quatrième du genre, le CESE rappelle l’urgence d’une réorganisation des circuits de commercialisation et d’une réglementation du rôle des intermédiaires pour atténuer la hausse des prix des produits alimentaires.
Il n’est un secret pour personne que le système de commercialisation des produits agricoles reste marqué par un ensemble de fragilités et de dysfonctionnements organisationnels et fonctionnels.
Pour le Conseil économique, social et environnemental (CESE), cet état de fait a été l’un des facteurs qui ont contribué au renchérissement des prix des principaux produits alimentaires, et ce, parallèlement aux dysfonctionnements enregistrés en matière de gestion des ressources hydriques, exacerbés par les sécheresses récurrentes, la crise sanitaire et les répercussions de la guerre en Ukraine, sur le coût des facteurs de production.
Face à cette situation et afin de limiter l’impact sur le pouvoir d’achat des citoyens et ne pas compromettre la sécurité alimentaire du pays, les pouvoirs publics ont pris un ensemble de mesures d’urgence, à l’image des opérations de contrôle des prix et de lutte contre les spéculations, de la régulation de l’export pour sécuriser l’approvisionnement du marché intérieur, ....
Toutefois, ces efforts n’auront pas suffi, dans un contexte marqué notamment par la persistance de la tendance haussière des prix des intrants agricoles et des produits phytosanitaires.
A la lumière des différents constats et analyses établis par le CESE dans ses différents avis, il est proposé de prendre un ensemble de mesures permettant d’organiser les circuits de commercialisation des produits agricoles et de limiter la spéculation :
- Accélérer la réforme des marchés de gros en adoptant un dispositif ouvert à la concurrence et conditionné par le respect d’un cahier de charges, et en mettant en place une réglementation qui clarifie le fonctionnement interne de marchés, les modalités d’éligibilité des intervenants et le nouveau système de redevances ;
- Développer les circuits courts de commercialisation à caractère coopératif, promouvoir le commerce de proximité et encourager les petits et moyens agriculteurs à se regrouper dans des coopératives en s’inspirant des approches adoptées par la filière sucrière et la filière laitière ;
- Mettre en place un cadre juridique encadrant les pratiques de stockage des produits agricoles, à des fins de consommation ou destinés ultérieurement aux cultures et permettant de lutter efficacement contre l’entreposage à des fins spéculatives ;
- Accélérer la transformation digitale de la commercialisation des produits agricoles, notamment à travers la conception de plateformes digitales permettant aux agriculteurs, d’une part, d’accéder instantanément aux données sur les prix réels afin de mieux négocier avec tous les intervenants de la chaine de commercialisation ; d’autre part, d’écouler directement une partie de leurs produits ;
- Mettre en place un cadre réglementaire précis et opposable pour repenser et réguler le rôle et les missions du métier de l’intermédiaire qui explicite ses droits et ses obligations au niveau de la chaîne de commercialisation ;
- Elargir l’étendue et renforcer la fréquence des opérations relatives au contrôle des prix et au respect de la concurrence pour lutter efficacement contre les pratiques spéculatives dans les différents secteurs concernés par la hausse des prix ;
- Mettre en place un "observatoire des prix et des marges" qui pourrait être abrité par le Conseil de la concurrence, pour aider à la détection de tout comportement d’accumulation non justifiée des marges de profit au détriment du pouvoir d’achat des citoyens.
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