Liquidation transfrontalière : le cas EMMSA interpelle les créanciers marocains
Les créanciers surveillent de près le dossier de reconnaissance de la liquidation d'EMMSA par la justice marocaine. Des centaines d'entreprises et de salariés attendent d'être payés depuis 2015. Pour pouvoir désintéresser ses créanciers, la société espagnole espère débloquer de l'argent qu'elle réclame à OCP, son principal client au Maroc.
La potentielle reconnaissance de la liquidation de la société espagnole EMMSA n'a pas échappé à ses créanciers marocains. Des centaines d'entres eux scrutent la procédure et espèrent recouvrer leur dû, bloqué depuis la mise en faillite de la société en 2015.
"Tous les créanciers au Maroc ont reçu un rapport de reconnaissance de dettes, mais malheureusement, la plupart des sociétés n'ont rien touché", nous indique le représentant d'un créancier.
L'intéressé nous a contactés à la suite de la publication, dans nos colonnes, de l'article annonçant la demande de liquidation transfrontalière initiée début janvier par le liquidateur d'EMMSA. La requête est examinée par le tribunal de commerce de Casablanca. L'initiative est la première en date depuis l'introduction, en 2019, de cette option dans le livre V du Code de commerce.
EMMSA (Española de montajes metálicos) a été placée en liquidation depuis 2015. Ce jugement a été prononcé par une juridiction barcelonaise. La société, qui opérait dans le secteur de la construction métallique, a laissé sur le carreau quelques milliers de créanciers répartis entre l'Espagne, le Maroc, le Portugal, la France et l'Algérie.
"Beaucoup de sociétés ont déclaré faillite”
Au Maroc, où EMMSA dispose d'une filiale, la société reconnaît aussi un nombre important de créanciers, dont une centaine de salariés. Certains ont déjà diligenté des actions en paiement, parfois concrétisées par des voies d'exécution (essentiellement des saisies arrêts). Mais rares sont ceux qui ont récupéré leurs droits.
"Beaucoup de sociétés ont déclaré faillite à cause de ça... Le problème, c'est qu'on n'a pas trouvé de bureau pour les aviser de notre procédure judiciaire... EMMSA avait bien des bureaux à Mohammédia, mais ils étaient en location", confie ce créancier. Et d'ajouter qu'à "chaque trimestre, nous recevons un rapport disant qu'EMMSA connaît des difficultés pour récupérer son argent au Maroc".
L'argent dont il est question est en réalité une créance qu'EMMSA réclame à OCP, son principal client marocain. La société évoque une somme autour de 107 MDH, là où l'Office ne reconnaît qu'une vingtaine de millions de dirhams, selon les documents dont Médias24 détient copie. Les parties sont à la recherche d'un règlement amiable et, aux dernières nouvelles, les négociations sont au point mort.
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Une première : la justice marocaine sur un dossier de liquidation transfrontalière
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