L'Agence de gestion des participations de l'État bientôt opérationnelle
L'Agence de gestion du portefeuille de l'État, dont la direction a été confiée à Abdellatif Zaghnoun, sera opérationnelle d'ici la mi-novembre, assure Nadia Fettah. Voici ses premiers chantiers.
Le gouvernement n'a opéré aucune privatisation en 2022. Ce ne sera le cas en 2023 que sous deux conditions. La première, l'entrée en service de l'Agence chargée de la gestion des participations stratégiques de l'Etat. Et la seconde, des conditions de marché favorables, car "il n'est pas question de brader les actifs de l'Etat", précise Nadia Fettah.
En attente de la stratégie actionnariale de l'État
Si la deuxième condition dépend davantage de la conjoncture, la première, elle, relève surtout de la volonté publique, mais aussi de l'urgence et de l'importance qu'on lui attribue. Et le travail est déjà engagé pour rendre l'agence opérationnelle le plus rapidement possible. Car c'est cette Agence qui doit veiller à la proposition et à l'exécution de la stratégie actionnariale de l'Etat, sans laquelle les privatisations ne peuvent s'opérer.
"Nous espérons tenir le premier conseil d'administration de l'Agence lors de la première quinzaine de novembre, qui va acter son démarrage effectif", assure Nadia Fettah, confirmant une information publiée en primeur par Médias24.
"L'Agence va avoir la responsabilité d'exécuter la stratégie actionnariale de l'Etat. Bien que celle-ci soit connue pour certains établissements, on va devoir se re-déterminer au regard de l'ensemble des réformes, de la dynamique d'investissement, de la volonté de laisser le privé prendre le relais... ", poursuit la ministre.
Cette dernière soutient que "beaucoup de travail a été réalisé pour que cette agence soit vraiment opérationnelle dès la tenue du conseil d'administration. Les diagnostics sont faits et partagés avec les EEP et les ministères de tutelle. Nous avons un cadre pour être opérationnels au plus tôt".
Sur quoi planche l'Agence actuellement
Pour être opérationnelle, l'Agence doit d'abord finaliser un certain nombre de chantiers internes sur lesquels elle accélère le pas, comme nous l'expliquent des sources sûres. Le premier chantier est le projet de décret relatif à la désignation des représentants de l'Etat, au niveau du conseil d'administration de l'Agence, définissant notamment les critères de choix. Sans ce décret qui est dans le circuit d'adoption, le conseil d'administration ne pourra pas se tenir. Il sera donc, en toute logique, adopté avant la mi-novembre.
Pour rappel, le conseil d'administration est présidé par le ministère des Finances et composé de 9 membres : 5 représentants de l'Etat et 3 administrateurs indépendants. Une fois ces membres désignés, le premier conseil pourra se tenir et sera consacré à l'adoption des instruments de gestion.
Nos sources précisent que parmi les points urgents sur lesquels planche l'Agence figure le recrutement. Elle veut se doter des meilleurs profils, aux conditions du marché, afin de pouvoir assurer au mieux les missions stratégiques qui lui sont confiées. Ainsi, l'adoption du statut du personnel de l'Agence sera probablement l'un des premiers sujets à l'ordre du jour du prochain conseil d'administration.
L'Agence travaille également sur le règlement des marchés, son budget annuel ainsi que son organigramme.
Parallèlement au chantier organisationnel, l'Agence planche sur le cœur de sa mission, à savoir incarner l'Etat actionnaire, surtout en matière de stratégie.
La stratégie actionnariale est proposée et discutée dans le cadre du conseil d'administration de l'Agence avant d'être soumise au département des Finances. Elle est ensuite validée en Conseil des ministres, puis en Conseil de gouvernement avant sa mise en exécution, nous explique-t-on.
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