Comment l’Agence du bassin hydraulique du Bouregreg-Chaouia évalue les risques de crue
Dispositifs de mesure, aménagements de protection, logiciel SIGMA… autant d'outils qui permettent de gagner du temps en cas de crue, afin de protéger les biens et les populations.
ThinkHazard, l’outil en ligne conçu pour évaluer les risques de catastrophes naturelles dans plusieurs régions du globe, conclut que le risque de crue est faible dans la majorité du bassin hydraulique Bouregreg-Chaouia.
D’après la modélisation opérée par cet outil, développé en collaboration avec le dispositif mondial pour la réduction des risques de catastrophes naturelles (GFDRR), la probabilité que des crues causent des dommages et menacent des vies dans les dix prochaines années est de 10%.
Cela dit, l’historique des inondations dans la zone d’action de l’Agence du bassin hydraulique du Bouregreg-Chaouia (ABHBC) appelle à la vigilance. En 1997, ces catastrophes naturelles avaient entraîné des dégâts importants, notamment dans les villes d’El Jadida, de Casablanca et de Mohammédia. Cette dernière a d’ailleurs été paralysée par les inondations de novembre 2002.
Pour se préparer à ce genre de scénario, à défaut de s’en prémunir complètement, l’ABHBC a mis en place, puis densifié un réseau d’annonce de crue, en équipant plusieurs sites avec des dispositifs de mesure du niveau des oueds et de mesure de la pluviométrie.
Des aménagements de protection contre les inondations ont également été réalisés dans plusieurs zones à risque, en l'occurrence des canaux de déviation, des barrages et des digues.
28 sites équipés de capteurs de niveau
Ce dispositif d’annonce de crue a été modernisé une première fois, à travers la réalisation d’études hydrauliques sur les bassins versants concernés, afin de dimensionner les équipements sur les stations de mesure existantes.
La seconde phase a consisté en l’installation de matériel de mesures automatiques. Vingt-huit sites ont été équipés de capteurs de niveau, dont des radars limnimétriques (mesurant le niveau de l'eau) au niveau des stations hydrologiques et des sondes piézorésistives (qui captent la résistance) dans les barrages.
Des capteurs de pluviométrie ont également été mis en place, ainsi que des automates de traitement de l’information, alimentés par des panneaux solaires.
L’ensemble de ce dispositif permet d'assurer un temps d'alerte de quatre à cinq heures avant la crue. Un délai précieux quand il s'agit de sauver des vies et de prévenir les dégâts matériels.
L’architecture du système se définit comme suit :
1- Stations de mesure ;
2- Unités de traitement des données ;
3- Transmission au central via un relais ;
4- Poste central de gestion des informations ;
5- Diffusion des informations auprès des autorités compétentes.
L’information produite localement est transférée via un dispositif radio jusqu’au siège de l’Agence du bassin hydraulique du Bouregreg-Chaouia, où est situé le poste central. Sa mission est de collecter les données générées au niveau des stations.
Ces données sont ensuite traitées puis archivées par le logiciel SIGMA, avant d'être exploitées par le personnel chargé de la gestion du dispositif d’annonce de crue. Un écran géant est mis à disposition pour renseigner sur les tronçons entre chaque station.
Chaque station a un code couleur. L’utilisateur peut voir en direct le passage à un niveau d’alerte plus élevé, et prendre les dispositions nécessaires afin d’informer les autorités.
Une meilleure estimation des risques
En attendant qu’il soit perfectionné pour un coût total de 500.000 DH, ce dispositif assure plusieurs objectifs :
- une amélioration de la gestion des crues ;
- une meilleure estimation des risques ;
- une bonne gestion des retenues des barrages ;
- une information, à temps, aux populations sur les risques encourus.
Par ailleurs, ce dispositif facilite le travail de l’ABHBC en ce qui concerne l’optimisation des réseaux de mesures, la modélisation des écoulements, la fixation et la régionalisation des seuils d’alerte, et l’échange d'informations.
À découvrir
à lire aussi
Article : Trophées Marocains du monde 2026 : la diaspora à l’honneur le 9 mai 2026 à Marrakech
Le samedi 9 mai 2026, Marrakech abritera la 8ᵉ édition des Trophées Marocains du monde, réunissant 18 profils d’exception en lice dans six catégories. Organisé par la Fondation TMM, l’événement mettra à l’honneur le rayonnement de la diaspora, avec un hommage au neurobiologiste Aziz Moqrich.
Article : Sécurité : Abdellatif Hammouchi en visite de travail à Vienne à la tête d’une importante délégation sécuritaire
En visite à Vienne, Abdellatif Hammouchi participe à une réunion sécuritaire de l'Organisation des Nations unies et renforce la coopération bilatérale avec l'Autriche face aux menaces terroristes.
Article : Banques marocaines. Capital, créances en souffrance, Revolut, SREP et résultats… le point avec Fitch Ratings
Les banques marocaines abordent 2026 avec des fondamentaux renforcés. Pour Fitch Ratings, la trajectoire reste favorable, mais le secteur entre dans une phase plus exigeante, entre capital, coût du risque, qualité des actifs, SREP et pression concurrentielle potentielle. Médias24 fait le point avec Ramy Habibi Alaoui et Jamal El Mellali, responsables des notations bancaires Moyen-Orient et Afrique chez Fitch Ratings.
Article : Modernisation hospitalière. Le point sur l'entrée en service des CHU de Rabat et de Laâyoune
Lors d’un récent échange avec la presse, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a précisé le calendrier de mise en service des nouvelles infrastructures hospitalières. Cette stratégie vise, à terme, à doter chaque région du Royaume de son propre Centre hospitalier universitaire (CHU).
Article : Santé : la Fondation Mohammed VI signe un accord avec l’OMS pour renforcer les capacités au Maroc et en Afrique
Le mémorandum d’entente porte sur la prévention, la formation des professionnels, la gouvernance sanitaire, la recherche et les politiques publiques fondées sur les données.
Article : Fluidra, leader mondial des piscines, compte s'implanter à Tanger
Dans ses résultats du premier trimestre 2026, le groupe espagnol coté à Madrid indique vouloir ouvrir une nouvelle installation au Maroc, dans le cadre d’une réorganisation industrielle qui prévoit aussi une consolidation en Amérique du Nord et la fermeture d’un centre en Chine.
