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Notes de lecture : “Le rêve interdit” de Lahcen Zinoun

Une note de lecture signée Driss Khrouz. Extrait : “Bien sûr qu’il y a cette ignoble injustice qu’il a subie à travers l’interruption brutale de sa création artistique à un moment donné ; mais il y a plus et il y a mieux dans ce livre.”

Notes de lecture : “Le rêve interdit” de Lahcen Zinoun

Le 20 septembre 2022 à 11h03

Modifié 20 septembre 2022 à 13h12

Une note de lecture signée Driss Khrouz. Extrait : “Bien sûr qu’il y a cette ignoble injustice qu’il a subie à travers l’interruption brutale de sa création artistique à un moment donné ; mais il y a plus et il y a mieux dans ce livre.”

Je connais le grand artiste chorégraphe, danseur, cinéaste et producteur de cinéma, je viens de faire connaissance avec l’écrivain.

Lahcen Zinoun, discret, profond, responsable, engagé et persévérant, livre au lecteur des pans que je ne connaissais pas de sa personnalité, de son milieu familial, de son épouse, de ses enfants, de ses convictions, de ses cheminements, de ses succès et de ses échecs.

Passionnant est son livre Le rêve interdit (Maha Editions, Casablanca, 2021, 120 DH). Il ne m’appartient pas de le faire évidemment, mais j’ai envie de l’intituler “Au-delà du rêve interdit, la vie reprend le dessus”.

Il y a le miracle de la vie, de l’espoir ; il y a aussi la volonté d’un gamin issu d’un milieu familial modeste et conservateur, de Hay Mohammadi à Casablanca. Il y a le chemin forcé, forgé par la vie, d’un enfant qui outrepasse les pesanteurs sociétales, familiales, du milieu, du convenu, pour suivre ses élans, ses appels intérieurs pour braver tout et tous et faire de sa vie ce qui lui convient, à lui, pour lui et en fonction de lui.

Fuyant le traumatisme de l’école coranique du quartier, Lahcen, l’enfant de Derb Moulay Cherif, a suivi en secret des cours de danse au conservatoire municipal de musique : “C’est que j’entendis une délicate musique filtrer à travers la grande fenêtre de l’une de ces bâtisses. J’étais hypnotisé. Il me fallait en savoir plus… Le destin avait frappé. Il allait changer ma vie.” (page 53)

Le reste a suivi par une succession de luttes, de rencontres, de réussites, de satisfactions, de joies, de tristesses, de drames personnels, de déceptions, d’ingratitudes et de réalisations nouvelles, renouvelées et têtues.

Dans un style élégant, raffiné et une expression qui oscille entre le voilé et le fond qui monte à la forme, avec cette langue qu’il brode, comme un trapéziste, avec esthétique, humour, suggestions et “coups de gueule”, l’auteur nous transporte dans ses valises dans plusieurs régions, plusieurs pays, une multitude de lieux et d’espaces. Certains pays, certaines villes, certains lieux et certains personnages ont joué des rôles et ont eu plus de poids que d’autres dans sa vie.

Le must ce n’est pas tout cela, mais bien ses pas qui ne s’arrêtent jamais, refusent la défaite et marchent en marchant vers lui – même et par lui-même.

Danseur ‘étoile’ mondial, Zinoun le doit à ses étoiles, à ses compétences et à sa sensibilité, aux engagements de quelques personnes humanistes, universalistes, solidaires, d’abord au service de l’art, de la création, de l’esthétique et de la liberté sans frontière, sans couleur et sans passeport.

Son épouse et ses enfants sont sa boussole permanente. C’est dans sa famille qu’il se ressource et prend ses élans. Une famille de culture, de musique, de danse et de chorégraphie.

La seule obsession qui a toujours habité sa vie, c’est la création artistique pour lui, pour sa famille et pour le monde, à partir et à travers son pays, le Maroc.

Autant la Belgique et d’autres pays ont reconnu, porté et valorisé son art et ses créations, autant dans son pays ses œuvres ont été occultées, combattues et ostracisées.

C’est son combat, c’est sa blessure profonde

Son combat pour la création de théâtres, de conservatoires, d’écoles, de maisons de culture pour former les jeunes au génie de la création, développer une culture de l’émotion, de l’imaginaire, du rêve, de la sensibilité et du vivre ensemble dans du beau et du fécond.

Un Maroc de respect pour que les jeunes filles et les jeunes garçons puissent vivre ensemble en créant du beau et du raffiné dans le respect, l’égalité et l’épanouissement pour chacune et pour chacun.

En épanouissant les personnes, l’art et la culture épanouissent et consolident la société et distillent le bien-être.

C’est cela le rêve brisé de Lahcen Zizoun ; il est plus profond que l’autre qui lui a été interdit.

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