Le secteur financier demeure résilient face aux séquelles de la crise sanitaire (Comité des risques systémiques)

| Le 15/7/2022 à 11:58
Les indicateurs de suivi examinés par le Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques lors de sa 15e séance, continuent de montrer jusqu’ici la résilience du secteur financier face aux séquelles de cette crise.

Le Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques (CCSRS) a tenu, jeudi 14 juillet, sa quinzième séance au siège de Bank Al-Maghrib (BAM) à Rabat, d’après un communiqué de la banque centrale.

Le comité a examiné et approuvé le rapport sur la stabilité financière au titre de l’année 2021 et fait le point sur l’état d’avancement de la feuille de route de stabilité financière couvrant la période 2022-2024.

Il a également passé en revue la synthèse des travaux mensuels de ses représentants tenus depuis le début de la crise sanitaire. Les indicateurs de suivi examinés continuent de montrer jusqu’ici la résilience du secteur financier face aux séquelles de cette crise.

Ci-après, quelques principales synthèses tirées de l’examen du secteur financier, telles que listées par BAM :

Le secteur bancaire demeure solide et résilient sur le plan de la rentabilité, de la liquidité et de la solvabilité. Après une contraction observée en 2020, le résultat net cumulé des banques a connu, au titre de l’exercice 2021, un rebond de 76,4%. Le ratio de liquidité à court terme s’établit à des niveaux confortables.

Les ratios de solvabilité et de fonds propres de première catégorie se situent à 15,8% et 12% à fin 2021, sur base sociale, pour des minimas réglementaires de 12% et 9%. Sur base consolidée, ces ratios ressortent respectivement à 13,9% et à 11,2%.

L’exercice de macro stress test de solvabilité réalisé par Bank Al-Maghrib en juin 2022 montre une résilience du secteur bancaire, face à des scénarii simulant la dégradation des conditions macroéconomiques.

Les infrastructures de marchés financiers continuent de faire preuve d’une forte résilience, tant sur le plan financier qu’opérationnel, et présentent toujours un niveau de risque faible pour la stabilité financière.

De son côté, le secteur des assurances connaît un retour à la situation d’avant-crise. Ce secteur a pu reprendre une bonne dynamique pour atteindre un niveau de croissance de son chiffre d’affaires de 9,9% en 2021, contre 1% un an auparavant. Le résultat financier a rebondi de 64,7%, profitant de la bonne performance du marché boursier, tandis que la marge d’exploitation s’est repliée, en raison notamment de l’augmentation de la sinistralité qui a retrouvé son niveau d’avant-crise. Le secteur a ainsi vu son résultat net progresser de 35% et son taux de rendement des fonds propres (ROE) se hisser à 9,5%.

Le ratio des plus-values latentes sur les placements s’est amélioré, passant de 13% en 2020 à 15,5% en 2021. Sur le plan prudentiel, le secteur continue de dégager une marge de solvabilité confortable par rapport au minimum réglementaire. Cette marge, qui ne couvre à ce jour que le risque de souscription, pourrait être amenée à baisser avec l’entrée en vigueur du cadre prudentiel de la Solvabilité Basée sur les Risques (SBR). Par ailleurs, les exercices de stress tests réalisés font ressortir une bonne résilience des entreprises d’assurances aux chocs sur le portefeuille actions et immobilier, et aux conditions macroéconomiques et techniques défavorables.

Concernant les régimes de retraite, l’intégration des enseignants contractuels des AREF (Académies régionales d’éducation et de formation) au régime des pensions civiles géré par la Caisse marocaine des retraites (CMR), devrait atténuer, sur le long terme, les déficits accumulés.

Cependant, du fait de l’horizon de viabilité très réduit de ce régime, l’intégration de ces enseignants n’aura pas d’impact significatif sur sa pérennité à court terme. La réforme paramétrique qu’a connue le régime général du Régime collectif d’allocation de retraite (RCAR) a permis l’amélioration de ses horizons de viabilité, sans toutefois permettre d’asseoir une tarification équilibrée des droits futurs. Le rétrécissement des marges de manœuvre d’une année à l’autre nécessite l’accélération de la mise en place de la réforme systémique des régimes de retraite.

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