Lancement de la plateforme publique de vente d’ovins et caprins labelisés
La plateforme d’e-commerce "My ANOC Market" garantit l’achat d’ovins et de caprins aux particuliers, labélisés "ANOC" et contrôlés par l’ONSSA. Les professionnels sont également concernés par cette application, bientôt prévue pour la vente d’autres produits agricoles.
Devant un parterre de directeurs centraux et régionaux, ainsi que de représentants de l’Association nationale des éleveurs ovins et caprins (ANOC), Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, a procédé au lancement de la plateforme "My ANOC Market", ce mercredi 22 juin, à l’Office national du conseil agricole (ONCA) à Rabat.
"My ANOC Market" (une appellation curieusement anglophone) est une application d’e-commerce qui permet, aux particuliers comme aux professionnels, d’acquérir une grande variété d’ovins et de caprins toute l’année, sans avoir à se déplacer. Payante, la livraison est assurée aux quatre coins du Royaume.
Les caractéristiques de chaque produit sont détaillées par race, âge, poids et prix. Dévelopée en sept mois, l’application, téléchargeable sur Android, sera bientôt disponible sur iOS avant d’être déclinée en site web et web mobile.
Suppression des intermédiaires
Sa particularité ? Des ovins et caprins labellisés "ANOC" et conformes aux critères qualitatifs de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaire (ONSSA). En outre, elle permet un contact direct entre l’éleveur et le consommateur, excluant de fait les intermédiaires. Elle est également destinée aux opérateurs des viandes rouges (bouchers et chevillards) qui souhaitent acheter des animaux avec des caractéristiques bien déterminées.
La suppression d’intermédiaires permet une réduction du prix de vente "déterminée selon le marché", indique Abderrahmane Majdoubi, président de l’ANOC, à Médias24. Et d’ajouter : "La baisse peut aller de 1 à 2 DH par kilo, ce qui correspond à une partie des commissions perçues par les intermédiaires."
"Cela n’empêche pas l’acheteur d’avoir la possibilité de se déplacer chez l’éleveur pour s’assurer de la qualité de l’animal", affirme Jamal Benhamou, directeur du Soft Center à Oujda.
Comment s’assurer que le mouton choisi est bien celui livré ? Que faire en cas de problème de livraison ? Jamal Benhamou nous assure que le système permet de régler les éventuels problèmes grâce à la transparence et la traçabilité. "Impossible qu’il y ait erreur car les seuls moutons vendus sont ceux avec une matricule fixée sur l’oreille, après vérification de l’ONSSA et du ministère de l’Agriculture. Ils sont identifiés et vaccinés."
Pour sa part, le président de l’ANOC précise tabler "sur environ 4.000 transactions". "Dans trois ou quatre ans, nous pensons que l’application aura une place forte, le temps de convaincre les éleveurs de ses bienfaits, notamment en termes de réduction des problématiques liées aux déplacements. Les éleveurs doivent se réveiller à 2h du matin pour aller installer leurs moutons avant la vente dans les grandes villes", détaille-t-il.
Elargissement à d’autres produits
La genèse de la création de l’application remonte à 2020, au moment de la crise sanitaire. "My ANOC Market est le fruit d’une démarche duale d’intelligence collective et d’open innovation, en collaboration avec l’Ecole nationale des sciences appliquées (ENSA) d’Oujda", avance Jamal Benhamou.
L’ENSA a en effet participé à l’expérience pilote menée en 2021 dans l’Oriental. Une première ébauche jugée concluante, l’application ayant alors permis la vente de plusieurs centaines d’animaux.
"Nos étudiants ingénieurs ont également participé à son élaboration", se félicite El Hebil Farid, directeur de l’ENSA d’Oujda. "L’ENSA a lancé un appel à la création de startups, qui vont récupérer l’application afin d’assurer la maintenance puis explorer tous les projets de recherche générés par cet écosystème", ajoute-t-il.
"Avec l’ANOC et l’ENSA, nous sommes partis sur une logique d’open source. Nous avons structuré l’architecture technique de la solution de telle sorte qu’elle puisse être adaptée à n’importe quelle coopérative du secteur agricole", conclut Jamal Benhamou.
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