La capacité bénéficiaire de la cote bondi de 65% en 2021 (BKGR)

| Le 5/4/2022 à 20:55
Le RNPG global de la cote a atteint 29 MMDH en progression nette 11,3 MMDH par rapport à 2020. Les banques ont le plus contribué à cette hausse des bénéfices grâce à la non-récurrence du don, la baisse du risque et l’amélioration des marges. Le secteur bancaire augmente ses bénéfices de près de 5 MMDH en valeur. La masse des dividendes annoncés en 2021 atteint 20 MMDH en hausse de 18% par rapport à l’année précédente.

Dans une note diffusée le 4 avril, la société de recherche BKGR a dressé les performances des sociétés cotées suite à la publication des résultats annuels 2021. En plus de l’évolution des revenus de la cote casablancaise en 2021, elle a également traité la progression des bénéfices de la cote.

Ces derniers ont très fortement progressé en 2021 par rapport à l’année précédente, notamment grâce à la non-récurrence des dons au fonds spécial Covid-19, mais également par le redémarrage économique du pays. Les bénéfices de la cote affichent une progression de 65% en 2021 à 29 MMDH. Retraitée des dons au fonds Covid, la hausse de la masse bénéficiaire s’affiche à +32,3%. Parallèlement, les dividendes ont bien progressé par rapport à 2020 avec une augmentation de 18% à 20 MMDH (pour les sociétés ayant communiqué quant à leur distribution, ndlr).

Les banques, matériaux de constructions et immobilières tirent la hausse des profits

Les bénéfices des groupes cotés ont été catalysés par les performances de différents secteurs. Dans le domaine industriel, le RNPG de la cote a affiché une hausse de 54,7% à 16,7 MMDH en 2021.

Il a notamment été conduit par l’amélioration des acteurs du BTP, particulièrement LafargeHolcim Maroc et Ciments du Maroc qui ont tous deux affiché des bénéfices en hausse de 34,7% et 69,8%. Les profits ont été tirés par la reprise des activités de cimenterie et de construction ainsi que par la non-récurrence des dons de respectivement 500 MDH et 100 MDH en 2020. Les bénéfices du secteur ont évolué de +1 419 MDH par rapport à 2020.

Les immobilières comme Addoha et Alliances ont, soit limité leurs pertes, soit sont repassées dans le vert en 2021. Elles ont respectivement affiché des résultats nets en progression de +656 MDH et +530 MDH en 2021. Une amélioration provenant « vraisemblablement de la non-constatation des dotations aux provisions pour dépréciations sur des terrains pour ADDOHA pour un montant de M MAD 1 035 et sur des stocks au niveau des filiales d’ALLIANCES pour près de M MAD 500 » explique BKGR. La capacité bénéficiaire du secteur s’est améliorée de 1 308 MDH par rapport à 2020.

Les télécoms ont également participé à la hausse des bénéfices avec les bonnes performances de Maroc Télécom qui a affiché une capacité bénéficiaire en hausse de 10,8%, principalement sous l’effet de la non-récurrence du don de 1,5 MMDH. Le secteur a jouté 585 MDH de bénéfices supplémentaires par rapport à 2020.

Le secteur bancaire est celui qui a affiché la plus grande progression de ses bénéfices avec une hausse de près de 5 MMDH. Cela équivaut à une hausse de 93,2% à 10,7 MMDH. Une progression très marquée provenant d’une part, de la baisse du coût du risque de 25% à 13,2 MMDH, de la non-récurrence des dons et du retrait de 6% des charges générales d’exploitation sur la période.

Le secteur des assurances a pu compter sur le redémarrage du secteur financier pour afficher une hausse de 236 MDH de sa masse bénéficiaire en 2021, notamment avec des RNPG de Saham Assurance et Wafa Assurance en hausse de, respectivement, +159 MDH et +132 MDH.

La baisse du risque et la non-récurrence propulsent les bénéfices à la hausse

BKGR note que par rapport à 2020, la capacité bénéficiaire de la cote s’est accrue de 11,5 MMDH. Une progression à laquelle les banques ont contribué à hauteur de 42,6%, le secteur des matériaux de construction 12,3%, les participations immobilières 11,3%, le gaz et hydrocarbures 5,4%, les télécoms 5,1% et les autres secteurs 23,4%.

Le seul secteur ayant apporté une contribution négative (-275 MDH, ndlr) à l’évolution de la masse bénéficiaire, est celui des ‘industries services’ « du fait de la contre-performance enregistrée par DLM au titre de l’exercice 2021 (un RN déficitaire de M MAD -402 contre M MAD -66 en 2020) » explique BKGR.

La société de recherche pointe également que la contribution nette (11,3 MMDH) à la capacité bénéficiaire de la cote, provient de différents facteurs. Premièrement, la non-récurrence des dons au fonds Covid. 40% de la contribution nette provient de la non-récurrence des dons par rapport à 2020, soit 4,3 MMDH (en net). Puis s’ensuit, la baisse du coût du risque dans le secteur bancaire qui compte pour 38% ou 4,5 MMDH en valeur, de la contribution nette aux bénéfices 2021. La non-récurrence des provisions des immobilières contribue à 13% de la hausse nette des bénéfices, soit 1,5 MMDH.

Cette hausse globale des bénéfices a également été accompagnée d’une amélioration de la masse de dividende. « La masse de dividendes de l’ensemble des années a été calculée sur la base des sociétés ayant, à date, communiqué leurs dividendes 2021 » note BKGR.

La masse des dividendes annoncée augmente de 18% par rapport à 2020

En 2021, la masse des dividendes (pour les sociétés ayant communiqué sur leur distribution au titre de 2021, ndlr) enregistre une hausse de 18% à 20 MMDH contre 17,1 MMDH l’année précédente.

Une amélioration notable que la société de recherche explique par « la hausse de l’enveloppe des dividendes d’Attijariwafa Bank (près de +M MAD 900) suivie de Maroc Telecom (près de +M MAD 700) et de LafargeHolcim Maroc (près de +M MAD 400) ». Il convient aussi de rappeler que la masse de dividende en 2021 affiche une progression de 11% par rapport à une année normative comme 2019.

Concernant le rendement de la cote, tout en gardant à l’esprit que 24 sociétés n’ont pas encore communiqué sur leur distribution, le yield demeure stable par rapport à 2020 à 3,14%.

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