L’intermédiation pour l’emploi appelée à s’adapter aux besoins des jeunes ruraux
Le Policy Center for the New South met en exergue le faible niveau de qualification et de participation à la vie active des jeunes ruraux, notamment la catégorie des NEET.
Les jeunes dans le monde rural souffrent d’un faible niveau de qualification et de participation à la vie active, d’une précarité et d’une faible qualité des emplois qu’ils occupent, indique un rapport publié par le Policy Center for the New South (PCNS).
Malgré les programmes élaborés par le gouvernement, un manque d’adéquation entre la formation et les besoins du marché de l’emploi subsiste.
Les services d’intermédiation dans le monde rural, qui permettent de prendre connaissance des offres et des demandes d’emplois, présentent également des lacunes, souligne le think tank marocain. Son rapport s’appuie sur les données du Haut-Commissariat au Plan (HCP) et sur les résultats d’une étude menée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans la province de Taounate en 2018.
Le Policy Center for the New South recommande de mettre en place des interventions ciblées pour aider les jeunes ruraux, notamment les NEET (ni en éducation, ni en emploi ou formation), qui ont accumulé des déficits en termes d’éducation, de formation et de soft skills, afin d’améliorer leur employabilité et de faciliter leur transition vers la vie active.
Les jeunes actifs ruraux sous-employés
Près de 71% des jeunes ruraux étaient en situation d’activité en 2018, dont 48% au chômage et 23% en emploi. Les jeunes ruraux en situation d’inactivité représentaient quant à eux 29% au niveau de la province de Taounate.
Les jeunes ruraux âgés de 15-24 ans sont les plus touchés par le sous-emploi, avec un taux de 16,7% contre seulement 6,3% pour les adultes âgés de 45 ans et plus, selon le HCP.
D’autre part, selon l’étude de la FAO à Taounate, 76% des actifs occupés ayant entre 15 et 29 ans le sont sans contrat de travail. 88% d’entre eux n’ont ni couverture sociale, ni diplôme.
Des jeunes "découragés"
Selon les chiffres du HCP, en milieu rural, 73,3% de la population est sans diplôme, contre 36% en milieu urbain. En contrepartie, les diplômés de l’enseignement supérieur ne sont que 3,5% dans le monde rural, contre 26,6% en milieu urbain. Le taux de NEET, qui fait référence aux jeunes sans emploi et hors du système éducatif ou de la formation professionnelle, s’élève à 29% au niveau national.
Si les femmes au foyer constituent la majorité des jeunes NEET au niveau national, les jeunes chômeurs restent la principale composante de la population des jeunes NEET dans les zones rurales de la province de Taounate. Le profil des jeunes NEET en 2018 y était composé de 79% de chômeurs et de 21% d’inactifs. Parmi ces 21% d’inactifs figuraient 10% de "jeunes découragés" et 4% de personnes "s’occupant du foyer", selon l’enquête de la FAO.
Les services d’intermédiation appelés à s’adapter aux besoins locaux
Le rapport recommande que les services d’intermédiation répondent mieux aux besoins des cas particuliers, notamment les chercheurs d’emploi en milieu rural et dans les zones éloignées.
Le mieux est d’intervenir en faveur des groupes les plus à risques et de cibler des services plus nombreux et différents, comme la multiplication des possibilités de formation, un levier de création d’opportunités.
Le développement de solutions digitales pour l’intermédiation peut également contribuer à réduire les coûts de recherche et de transaction sur le marché du travail, et à accroître les opportunités de formation et d’accès aux emplois pour les jeunes NEET et les autres groupes défavorisés dans les zones rurales.
Le rapport appelle les pouvoirs publics à réaliser une analyse approfondie des facteurs de risques de devenir NEET. Celle-ci permettra d’apporter des solutions appropriées afin de faciliter l’inclusion économique et sociale des jeunes en milieu rural.
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