“Ryanair revient en force au Maroc et nous avons hâte !” (Eddy Wilson, CEO)
Dans cet entretien, Eddy Wilson, CEO de Ryanair, évoque la reprise de l'activité marocaine de la compagnie irlandaise, ainsi que ses visées après la réouverture de l'espace aérien marocain.
Pour consolider leur partenariat et reprendre en force l'activité sur le Maroc, la compagnie aérienne Ryanair et l'ONMT (Office national marocain du tourisme) ont signé un accord ce mercredi 16 mars.
La compagnie s'engage dès à présent, pour la saison été 2022, sur une capacité record de 2.073.600 sièges, soit une augmentation de 54% par rapport à 2019, année de référence pré-Covid. Ryanair compte opérer 37 routes, desservant ainsi le Maroc depuis 45 aéroports européens vers 10 destinations marocaines, à savoir Agadir, Essaouira, Fès, Marrakech, Nador, Ouarzazate, Oujda, Rabat, Tanger et Tétouan.
Plusieurs nouvelles liaisons sont inaugurées entre des aéroports européens et des destinations marocaines : London Stansted–Tanger, Rome-Tanger, Las Palmas-Marrakech, Edimbourg-Marrakech, Limoges-Marrakech, Alicante-Marrakech, Porto-Fès, Lisbonne-Fès, Rome-Fès, Bologne-Fès.
Eddy Wilson, CEO de Ryanair, revient pour Médias24 sur la reprise de l'activité de la compagnie irlandaise, et sur ses ambitions à la suite de la réouverture des frontières.
Médias24 : Comment se porte l’activité de votre compagnie depuis la réouverture de l’espace aérien marocain, il y a plus d’un mois ?
Eddy Wilson : Nous étions prêts à revenir au Maroc depuis un certain moment. Nous avons complètement repris depuis l’été 2019, et nous sommes actuellement à 100% de notre capacité. Nous avons étroitement travaillé avec l’ONMT, à savoir avec Adel El Fakir et son équipe qui se sont récemment rendus à Dublin. Nous étions donc totalement préparés à la réouverture de l’espace aérien marocain.
Nous avons dix avions et de nombreux employés ici (au Maroc, ndlr) qui ont hâte de reprendre les vols. Il y a donc une fantastique connexion avec le Maroc, venant de toute l’Europe. Nous sommes de retour et nous avons hâte !
- Deux ans après la pandémie et les restrictions qui en découlent, comment gérez-vous l’incertitude liée à ces mesures (fermeture des frontières, changement des conditions de voyage, etc.) ?
- Nous avons dû faire preuve de flexibilité, mais nous avons pris des décisions clés dès le début. Nous savions que la pandémie allait prendre fin un jour, nous avons donc gardé nos avions, ainsi que tous nos employés, afin d’être prêts pour la reprise.
Il y a certes eu des arrêts et des démarrages, mais nous avons repris. Nous nous sommes préparés au mieux et sommes prêts à reprendre les vols de nouveau. Les gens ont été confinés pendant plus de deux ans, ils souhaitent partir en vacances, et le Maroc représente pour nous un milliard d’euros d’investissement. Nous avons dix avions et de nombreux employés ici. Je sais que l’industrie du tourisme attend notre retour, parce que nous sommes capables de drainer les touristes, et c’est ce que nous allons faire.
- En été 2022, Ryanair a l’ambition de dépasser de plus de 50% la capacité en sièges qui avait été programmée en 2019. Cet objectif est-il atteignable ?
- Absolument. Nous sommes la compagnie low cost la plus efficace. Ce que nous faisons, c’est que nous facilitons les arrivées ici, et cela signifie que, lorsque les gens viennent au Maroc, ils ont beaucoup plus d’argent à dépenser dans les hôtels, les restaurants et les attractions. C’est pour cela que notre modèle a tant de succès. Nous attirons les passagers, tandis que d’autres compagnies ont un travail beaucoup plus difficile à faire. Cela marche depuis trente-deux ans, il n’y a pas de raison pour que cela ne continue pas ainsi.
- Le Maroc s’attend à recevoir, à partir de fin 2023, 13 millions de touristes ; soit le chiffre avant-pandémie de 2019. Que signifient ces prédictions pour votre compagnie ?
- Nous prévoyons de développer cela. Nous avons signé un accord aujourd’hui [mercredi 16 mars 2022, ndlr] avec l’ONMT. Nous avons une bonne base sur laquelle nous pouvons construire. Il ne faut pas oublier que Ryanair n’est pas seulement la compagnie aérienne la plus large d'Europe, c’est aussi celle dont la croissance est la plus rapide sur ce continent.
Nous sommes donc les seuls à avoir une quantité de sièges sur le plan matériel, qui peut sérieusement influencer la croissance du tourisme marocain. Et nous allons continuer à travailler avec Adel El Fakir et son équipe sur ce que nous pouvons développer dans le marché dans les prochaines années, et nous serons aptes à le faire. Nous avons aussi une excellente relation de travail, et je ne vois pas de raison pour laquelle nous ne pourrions pas poursuivre ces annonces positives.
- Ryanair dispose de trois bases aériennes dans les aéroports de Marrakech, Fès et Agadir. Projetez-vous d’en créer de nouvelles ?
- Il ne faut pas oublier qu’il ne s’agit pas seulement de bases aériennes. Nous avons également des destinations que nous pouvons joindre à des bases aériennes en Europe. Nous pouvons aussi continuer à développer les bases aériennes existantes, et à graduellement créer des emplois. Mais nous attendons la prochaine phase.
Pour l’instant, nous avons dix avions, un milliard d’euros d’investissement et 6,5 millions de passagers de et vers le Maroc, soit près de 3 millions de touristes. Et nous pensons que nous pouvons continuer à développer cela.
- Sur quoi porte l'accord signé ce mercredi 16 mars, et quelle est son importance pour Ryanair ?
- Son importance est dans le fait que cela apporte une certitude en termes de partenariat. L’ONMT essaie de développer le marché. Et l’avantage avec Ryanair, c’est que nous pouvons donner un accès à la majorité des pays européens, pas uniquement aux grandes villes, mais aussi aux plus petites pour que les gens puissent venir au Maroc. Quand vous avez une bonne relation et une bonne base, et ce sur quoi porte l'accord d'aujourd'hui, c’est que nous pouvons continuer à développer tout cela.
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