Stellantis présente un ambitieux plan stratégique
Après avoir dévoilé des résultats financiers spectaculaires, Stellantis a présenté mardi 1er mars son plan stratégique à l’horizon 2030. Au programme : électrification massive et diversification des business, actant la volonté du constructeur automobile de se transformer en "Mobility Tech Company".
Il y a une semaine, Stellantis publiait les premiers résultats financiers de sa jeune existence, avec comme point d’orgue un bénéfice net de 13,4 milliards d’euros et une spectaculaire marge opérationnelle de 11,8%, digne des constructeurs dits "premium".
Mais en ce 1er mars, c’est pour se projeter dans le futur que son directeur général Carlos Tavares a repris la parole, afin de présenter le plan stratégique à long terme du groupe, poétiquement intitulé "Dare forward 2030".
Une présentation introduite, actualité oblige, par un hommage aux 71 collaborateurs ukrainiens de Stellantis, annonçant au passage la création par le constructeur d’un fonds spécial de soutien.
Cap vers l’électrique
L’électrification, véritable lame de fond déferlant sur l’industrie automobile, se retrouve logiquement au centre de ce plan. Et sur ce terrain, les ambitions de Stellantis sont… de l’ordre du stellaire : d’abord, atteindre, à l’horizon 2030, 100% de véhicules électriques commercialisés en Europe et 50% aux Etats-Unis ; ensuite, proposer au sein de ses gammes plus de 75 modèles "à piles" et en vendre un volume de 5 millions chaque année dans le monde.
Pour ce faire, le groupe avait déjà annoncé un investissement de 30 milliards d’euros entre 2021 et 2025, consacré à la conception et à la production de quatre nouvelles plateformes dédiées et des 3 motorisations zéro émission qui les accompagneront.
Voilà qui peut sembler contradictoire pour un constructeur dont le dirigeant avait ouvertement critiqué la marche forcée vers l’électrification. "Le cadre et les règles du jeu sont déjà en place, puisque plusieurs Etats, en Europe et en Amérique du Nord, ont fait le choix de l’électrification, a argumenté Carlos Tavares. Je ne suis pas là pour donner une opinion, mais pour montrer que Stellantis est et sera compétitif. La course est lancée et nous sommes prêts à la courir en tête."
Le groupe entend également prendre le leadership en matière de "verdure", promettant de réduire ses rejets de gaz à effets de serre de 50% d’ici 2030 et de parvenir à la neutralité carbone en 2038. Et de préciser, par la voix de son patron, que la cure de décarbonation ne concernera pas uniquement la production de véhicules, mais l’ensemble de son activité, de la chaîne d’approvisionnement jusqu’au client.
Conversion à la "Tech mobility"
Mais au-delà de son volontarisme écologique ou de l’électrification massive de son offre, c’est plutôt sur sa propre transformation que Stellantis insiste : aujourd’hui constructeur automobile, le groupe franco-italo-américain veut se muer en "Mobility tech company", une entreprise technologique de la mobilité. La conversion prendra corps dans une révision de son modèle économique, avec l’introduction de business units inédites comme autant de relais de croissance.
Ainsi, de nouvelles activités comme la production et la vente de Data, la conception de logiciels et les services de mobilité digitale, devront prendre davantage de place dans ses revenus, pour en représenter près de 15%. La fibre digitale touchera même l’activité traditionnelle : Stellantis cible en effet un tiers de vente en ligne à l’échelle mondiale en 2030, à travers une marketplace internationale, permettant aux clients d’accéder en ligne à l’intégralité de ses produits et services.
On s’en doute, la case rentabilité n’a pas été oubliée dans le plan "Dare Forward 2030". En 2030, le nouveau géant de l’automobile, qui regroupe 14 marques et plus de 300.000 salariés répartis sur les cinq continents, prévoit de doubler son chiffre d’affaires actuel, pour approcher la barre des 300 milliards d’euros. Le tout en maintenant des marges opérationnelles à deux chiffres tout au long de la décennie et les bénéfices qui en découlent. Osé comme objectif ? Quoi de plus normal, vu qu’en langue française, l’intitulé du plan est traduisible par "Oser aller de l’avant".
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