Eau potable : des perturbations d'approvisionnement attendues l'été prochain dans plusieurs villes
Marrakech et Oujda, principalement, ainsi que 54 villes/centres desservis par l'ONEE connaîtront des perturbations dans leur approvisionnement en eau potable au cours de l'été prochain. L'ONEE déploie plusieurs mesures d'urgence, ainsi que des projets à moyen et long terme pour pallier le déficit de ressources hydriques.
La crise de la pénurie des ressources en eau face à la diminution des réserves des barrages, et les mesures d'urgence entreprises pour assurer la sécurité hydrique, deux sujets d'actualité qui ont été discutés ce mardi 1er mars lors d'une réunion de la Commission des infrastructures, de l'énergie, des mines et de l'environnement, en présence du ministère de l'Equipement et de l'eau, et l'Office national de l'eau et de l'électricité (ONEE).
Dans sa présentation, l'ONEE fait le point sur le situation de l'approvisionnement en eau potable dans les villes et les centres.
"Toutes les grandes villes desservies par les régies ou les délégataires sont globalement approvisionnées de façon régulière, à l'exception de la ville d'Oujda, où une diminution du débit et de la pression ont été enregistrés dans certaines zones surélevées de la ville", est-il précisé dans le document consulté par Médias24.
En ce qui concerne 762 villes et centres desservis par l'ONEE, "une majorité est approvisionnée de façon régulière, sauf 26 centres, soit près de 151.000 clients, qui enregistrent des perturbations d'approvisionnement en eau potable", avance l'Office.
Trois raisons expliquent les perturbations actuelles et à venir dans l'approvisionnement en eau potable :
- la faible productivité des ressources souterraines à cause de la faiblesse des précipitations ;
- la surexploitation des eaux souterraines à des fins agricoles ;
- l'augmentation de la demande en eau potable et son impact sur la capacité d'accueil de certaines installations de production.
Mais le plus dur reste à venir. C'est la saison d'été. A ce sujet, l'ONEE explique que "les grandes villes ne connaîtront globalement aucune perturbation, sauf pour le cas de Marrakech et Oujda qui vont enregistrer un faible approvisionnement en eau dû à la baisse considérable des ressources en eaux de surface".
Par ailleurs, 54 villes et centres desservis par l'ONEE directement connaîtront également des perturbations dans l'approvisionnement, ce qui représente 7% de l'ensemble du périmètre d'intervention de l'Office. Cela concerne près de 233.000 clients.
Les mesures prises à court terme
Pour pallier le manque de ressources hydriques, l'ONEE a pris plusieurs mesures à très court terme :
- mobilisation des camions citernes par les autorités locales, pour approvisionner les groupements et quartiers qui connaissent un manque ;
- mobilisation de nouvelles ressources locales en eau, et approfondissement des puits actuellement exploités pour augmenter leur débit ;
- surveillance continue des installations de production et de distribution pour une intervention rapide ;
- recherche et réparation de fuites dans les réseaux de distribution et les canaux de traction ;
- développement de programmes de distribution d'eau potable ;
- mise en place de programmes de sensibilisation et de campagnes pour économiser l'eau.
Plusieurs projets d'urgence sont également déployés. Voici quelques enveloppes budgétaires mobilisées par ville ou région :
- 850 MDH à Berkane, Nador, Driouch, Zaïo. La réalisation des projets de cette région a été confiée à l'Office régional de mise en valeur agricole de la Moulouya pour réduire le gaspillage d'importantes quantités d'eau, résultant de la faible efficacité des conduites multi-usages (eau potable et irrigation).
- 413 MDH à Oujda.
- 374 MDH à Casablanca, en notant que l'ONEE s'est vu confier en décembre la responsabilité du processus pour la réalisation de la station de dessalement de Casablanca.
- 40 MDH à Taourirt, Laâyoune, Sidi Mellouk.
- 37 MDH à Guercif et 17 MDH à Midelt.
A moyen et long terme, l'ONEE est engagé sur un programme de construction de nouvelles stations d'épuration ou d'extension de stations existantes afin d'augmenter la production.
L'Office envisage de réaliser des projets de restauration des réseaux de distribution afin d'augmenter leur rentabilité, et d'équiper de nouveaux puits après s'être assuré de leur débit et de la qualité de l'eau.
Les investissements prévus pour résorber le déficit hydrique devraient atteindre 2,2 milliards de dirhams, dont 1,8 milliard de dirhams est mobilisé et 358 millions de dirhams sont proposés au financement par des bailleurs de fonds internationaux.
28 MMDH d'investissement sur la période 2022-2027
Dans sa présentation, l'ONEE détaille également son programme d'investissement pour l'activité eau potable sur la période 2022-2027. C'est une enveloppe de 28 milliards de DH. L'Office précise toutefois qu' "une partie de cet investissement pourra être confiée aux Sociétés régionales multiservices, dont le projet de création est à l'étude, avec pour objectif de leur confier la gestion des services de distribution d'électricité, d'eau potable et d'assainissement".
Cette enveloppe sera investie, d'une part, dans des projets de renforcement et de maintenance des ouvrages de production et de distribution d'eau potable, pour un montant de 19,4 MMDH, permettant un débit supplémentaire de 18,3 m3/seconde.
D'autre part, 8,6 MMDH seront investis dans des projets ayant trait à la généralisation de l'approvisionnement en eau potable en milieu rural, au profit de 195.200 habitants.
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