Tourisme : tous les acteurs prédisent une accélération de la reprise cet été
Après la réouverture des frontières, la reprise, bien que lente, semble prometteuse pour les hôteliers désireux de refaire le plein à l’international dès la fin du ramadan. Un optimisme partagé par la ministre de tutelle qui évoque un début de retour à la normale à partir de l'été.
Sollicités dans un premier temps pour estimer le niveau de réservations hôtelières durant les vacances scolaires françaises, la ministre du Tourisme et plusieurs acteurs du secteur privé ont été unanimes pour dire que l’activité hôtelière va retrouver très rapidement son niveau de 2019.
« Un taux de récupération de 50% en 15 jours »
« Comme prévu, le redémarrage de l’activité touristique à l’international est lent depuis la réouverture des frontières aériennes mais, à ce jour, nous réalisons un taux de récupération de 50% très prometteur.
"En d’autres termes, en seulement deux semaines d’ouverture, le Maroc a été en mesure de récupérer la moitié des passagers qu’il recevait durant l’année 2019, soit avant le déclenchement de la crise sanitaire.
"Si une partie de ces voyageurs sont des MRE qui ne vont pas tous séjourner dans des hôtels classés, c’est quand même un très fort taux de retour qui augure le meilleur à court terme », estime la ministre du Tourisme pour qui le Maroc va rapidement retrouver son réseau aérien de 2019.
« Dès l'été, le Maroc aura retrouvé son réseau aérien et son flux d’arrivées de 2019 »
« Pour faire revenir le plus rapidement possible un maximum de touristes étrangers, notre secteur aérien devrait d’ici au mois d’avril, au plus tard, avoir quasiment récupéré toutes ses liaisons internationales.
"Ce retour à la normale, voire le dépassement de nos capacités de vols suivi d’un travail de promotion, permettra de préparer la saison estivale qui s’annonce d’ores et déjà exceptionnelle », conclut Mme Ammor qui espère pouvoir récupérer le même flux d’arrivées étrangères qu’en 2019.
« Un assouplissement nécessaire pour revenir dans le jeu »
Tout en confirmant la reprise de l’activité hôtelière, Hamid Bentahar, président de la Confédération nationale du tourisme (CNT) plaide pour un assouplissement rapide des mesures d’accueil des touristes étrangers.
« Si nous voulons reprendre nos parts de marché, il faut trancher entre la présentation obligatoire d’un test PCR négatif à l’arrivée OU d’un pass vaccinal, et non pas les deux comme c’est exigé aujourd’hui.
"A l’instar des destinations concurrentes comme la France, qui vient d’opter pour un seul document (pass vaccinal), le Maroc pourra alors être en mesure de retrouver, à la fin de l’année, 100% de son activité de 2019, au lieu de regagner à peine 70% », déclare Hamid Bentahar. Selon lui, l’obligation d’effectuer un test PCR à une famille de quatre personnes reste rédhibitoire en termes concurrentiels.
Trois à six mois pour reprendre confiance dans une destination imprévisible
Interrogés à leur tour, plusieurs hôteliers de la ville ocre estiment que trois à six mois seront nécessaires avant d'accorder de nouveau sa confiance à une destination imprévisible, n'ayant pas cessé d’alterner des choix incompréhensibles, qui ont souvent profité aux concurrents tunisien, égyptien, turc -…
« Actuellement, nous avons un niveau de réservations bien meilleur que celui durant la fermeture des frontières, mais il reste cependant très faible et limité par rapport à l'année 2019, ou même 2018 », nous confie Holger Adam Frehde, directeur commercial de l’établissement Four Seasons à Marrakech.
« Si nous enregistrons un nombre croissant de réservations permettant d’espérer 50% d’occupation en février-mars, notre clientèle se méfie toujours d’une nouvelle fermeture des frontières sans crier gare », déclare notre interlocuteur qui table sur une vraie reprise à partir d’octobre prochain.
Un début de rebond espéré durant la saison estivale
Plus optimiste, Mehdi Bennani Smirès, propriétaire de l’hôtel boutique Sirayane, avance qu’en l’absence de nouvelles évolutions sanitaires, son activité rebondira en été.
« C’est à cet horizon qu’il y aura davantage de visibilité sur la confiance de notre clientèle internationale, mais aussi sur l’aide financière promise aux hôteliers pour redémarrer leur activité », conclut Bennani Smires en rappelant qu’il réalise toujours 80% de chiffre d’affaires en moins par rapport à 2019.
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