RAM : une nouvelle subvention publique à l'étude, réunion décisive jeudi
Avec seulement 20 vols intérieurs par semaine actuellement, la situation de la RAM pourrait s’aggraver si la fermeture des frontières se poursuit. Des sources sûres nous ont révélé qu’un comité de pilotage se réunira jeudi 13 janvier pour décider d’une éventuelle rallonge budgétaire qui lui permettra de tenir jusqu’à la reprise.
Plusieurs sources sûres nous ont confirmé qu'un comité interministériel de pilotage qui se tiendra jeudi 13 janvier sera consacré à la situation financière de la compagnie aérienne Royal Air Maroc (RAM).
L'objectif de cette réunion de haut niveau est de discuter de l’éventualité du versement d’une nouvelle subvention à la compagnie nationale.
La RAM étant le pavillon national aérien, l’État ne pourra jamais l'abandonner.
Sachant que la question de la volonté de soutenir la RAM n'est donc pas posée, il reste encore à connaître les modalités de cette aide étatique, et surtout son montant.
Après deux mois d’inactivité quasi-totale, hormis quelques vols domestiques insuffisants et peu lucratifs, la RAM a en effet de plus en plus de mal à honorer ses nombreux frais mensuels, en particulier les traités de remboursement d'achats d’avions, qui représentent le premier poste de dépenses avant les dépenses de fonctionnement.
« En attendant la reprise, une nouvelle aide publique s’impose »
En effet, "la réduction de la flotte, la politique de départs volontaires, et enfin le plan d’aides publiques de 6 milliards de dirhams de 2020, sont désormais dépassés pour faire face à une crise qui s’éternise et ne voit pas le bout du tunnel", estime une source interne dans un échange avec Médias24.
Cette dernière confirme que la RAM n’aura d’autre choix que de solliciter une nouvelle aide de l’État pour équilibrer ses comptes, surtout s'il y a un risque que la fermeture des frontières se poursuive au-delà du 31 janvier.
Tout en se disant optimiste sur un redémarrage très fort en termes de trafic passagers, notre source avance toutefois qu’une contribution publique sera nécessaire avant d’être en mesure d’effacer les déficits commerciaux, qui ne cessent de s’accumuler malgré une éphémère reprise encourageante l’été dernier.
La RAM démarre avec une perte d’au moins 2 MMDH
S’il est encore trop tôt pour parler des prochains résultats financiers de la RAM, qui a réalisé un résultat déficitaire d’au moins 2 milliards de dirhams lors de son dernier bilan comptable (arrêté à fin octobre, car c'est un bilan à cheval sur deux années), la fermeture des frontières qui a démarré début décembre l’a d’ores et déjà privée d’environ 2 milliards de dirhams de recettes.
En effet, l’écroulement de ses recettes commerciales lors du mois de décembre, qui correspond habituellement à un pic d’activité annuelle, puis de janvier, ne manqueront pas d’impacter son prochain bilan comptable et ses dépenses à court terme, nous déclare, plutôt pessimiste, une source interne fiable.
"Sans visibilité ni certitude au-delà du 31 janvier, qui correspond à la date de la fin de la fermeture des frontières, le management a dû mettre au chômage technique la majorité de ses employés, en leur demandant de consommer le reliquat de leurs congés, y compris à l’avance ceux de l’année 2022", nous explique-t-on.
"En termes d’activité aérienne, quelques pilotes effectuent une vingtaine de vols domestiques et cargos par semaine, contre 2.300 rotations hebdomadaires avant la pandémie en 2019".
"Faute de recettes suffisantes depuis le début de la crise pour faire face à ses nombreuses dépenses, la direction essaye de les réduire au maximum, mais la vraie difficulté, c'est qu’à chaque fois qu’elle trouve une solution pour un problème donné, une nouvelle tuile conjoncturelle tombe sur la compagnie", conclut notre source.
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