Pêche maritime : stagnation de l’investissement dans le PLF 2022
Pas d’amélioration en perspective pour le budget d’investissement du département de la Pêche maritime. Le même montant de l’exercice 2021 sera reconduit en 2022, soit 221 millions de dirhams. En revanche, l’enveloppe destinée au fonctionnement devrait légèrement augmenter de 1%, à 509 millions de dirhams.
C’est ce qui est ressorti de la présentation du ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, en début de semaine devant la commission parlementaire des secteurs productifs. La stagnation de l’investissement s’explique, pour l’essentiel, par la coupe de 4% dans la dotation allouée au programme de développement de la pêche et d’aquaculture, arrêtée à 175 millions de DH contre 182 millions pour l’exercice qui touche à sa fin.
Cependant, le financement du programme de pilotage et gouvernance bondit de 28%, alors que celui de mise à niveau, de promotion sociale et sécurité des hommes de la mer augmente de 10%. Ces deux plans totalisent, quasiment à parts égales, 47 millions de DH.
Dans le détail, les projets programmés dans le budget d’investissement du département de la Pêche se déclinent en huit actions. Il s’agit de l’acquisition de gilets de sauvetage pour les marins de la pêche artisanale ; de l’achat des filets renforcés au profit des zones du Nord ; de la création d’un pôle aquacole ; de la mise en œuvre du système de sécurité sociale au profit des marins victimes des attaques du dauphin 'negro' ; du programme de soutien à la recherche et à la valorisation des produits de la mer. La liste porte également sur les opérations de contrôle des activités de pêche, des achats de logiciels et du lancement d’études pour le déploiement de la nouvelle stratégie halieutique 2020-2030.
Une enveloppe de 80 millions de DH attribuée à l’ensemble de ces actions
En ce qui concerne les projets d’intégration de la pêche artisanale et d’aquaculture, une dotation de 22 millions de DH devrait servir à la mise à niveau d’un village de pêcheurs à Agadir, à la construction d’un bâtiment administratif à Dakhla et d’entrepôts de stockage à Sidi Ifni.
La présentation de Mohammed Sadiki devant les membres de la commission parlementaire apporte également un éclairage sur la situation du secteur de la pêche au titre des huit premiers mois de l’année. Ainsi, il a été constaté une baisse de 7% des débarquements du poisson pélagique, en particulier sous l’effet du plongeon de 21% du volume de la sardine, qui représente 63% de ce segment, est-il précisé dans la communication du ministre.
Par conséquent, les quantités exportées ont accusé une baisse de 8% en moyenne. Un recul qui résulte principalement des sorties de conserves, semi-conserves, farine et huile de poisson. Ces produits représentent 40% du total des exportations des produits de la mer.
En revanche, la valeur des exportations a bondi de 17% à 14,9 milliards de DH. L’explication tient principalement à l’explosion de 52% de l’export du poisson congelé, dont la valeur a culminé à 8,9 milliards de DH au lieu de 5,9 milliards, une année auparavant. En volume, les sorties de poisson congelé ont totalisé 237.000 tonnes, contre 197.000 au terme des huit premiers mois de 2020.
Les précisions du ministre renseignent sur la situation de crise vécue par les conserveurs. Organisés au sein de l’Union nationale de l’industrie de la conserve de poisson, ces derniers avaient en effet alerté sur le marasme que traverse leur activité. À leurs yeux, il y a deux raisons à cela : la rareté de la ressource halieutique et la concurrence entre les activités du traitement du poisson.
En clair, la congélation et la farine de poisson sont mieux fournies en matière première que les conserveries qui, elles, ont tourné à moins de 40% de leur capacité. L’approvisionnement des usines avait, selon la profession, chuté de moitié au cours du premier semestre 2021.
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