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EDUCATION

Les enseignants des AREF s’accrochent à l’intégration dans la fonction publique

Les enseignants des Académies régionales de l’éducation et de la formation continuent de réclamer l’intégration au statut fondamental du ministère de l’Éducation nationale. Une nouvelle grève de trois jours est annoncée à partir du 10 novembre prochain.

Les enseignants des AREF s’accrochent à l’intégration dans la fonction publique
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Le 9 novembre 2021 à 19h10 | Modifié 9 novembre 2021 à 19h10

Les enseignants cadres des Académies régionales de l’éducation et de la formation (AREF), qui ont obtenu gain de cause dans deux grands dossiers objets de leurs protestations depuis 2015, montent au créneau.

Ils entament une nouvelle grève nationale de trois jours à partir de mercredi 10 novembre 2021. Celle-ci sera accompagnée de différents types de manifestions, dont la nature sera décidée au niveau régional, apprend Médias24 auprès de leur Coordination nationale.

"L’intégration à la fonction publique ou rien"

La raison de leur nouvelle mobilisation est simple : "l’intégration à la fonction publique ou rien", nous fait savoir Othman Er-Rahmouni, membre de la cellule de communication de la Coordination nationale, joint par Médias24. "Tant qu’on sera affiliés aux Académies régionales de l’éducation et de la formation, nos protestations se poursuivront", insiste-t-il.

L’abandon du recrutement par contrat est le premier combat remporté par ces enseignants en 2019. Ceux-ci restent toutefois en désaccord avec le nouveau système de recrutement régional dans le cadre des AREF, adopté depuis.

En effet, lancé en 2015, le programme de recrutement sous contrat visait à recruter plus de 200.000 enseignants contractuels entre 2015 et 2030. Très critiquée, cette formule a été abandonnée en mars 2019, en faveur du recrutement régional dans le cadre d’un nouveau statut relevant des AREF.

Ce nouveau statut leur accorde les "mêmes droits" que les fonctionnaires des administrations publiques, d’après le ministère de l'Education nationale. Un plan qui n’a pas réussi à les faire adhérer.

Les enseignants, qui évoquent plusieurs disparités entre les deux systèmes, notamment en matière de mobilité, continuent ainsi à réclamer l’intégration au statut de la fonction publique auprès du ministère de l’Education nationale, afin de profiter des mêmes avantages que leurs confrères recrutés dans le cadre de la fonction publique.

Selon eux, ils sont toujours privés de la mobilité nationale, au profit de la mobilité régionale, contrairement aux groupes recrutés avant 2016. Une situation qui a entraîné la dispersion de plusieurs familles, alors la question de la mobilité était inscrite sur le dossier revendicatif de la Coordination nationale depuis sa création.

Par ailleurs, "les enseignants cadres des AREF doivent rester à la disposition des directions régionales à chaque début d’année, pour combler le déficit dans certains établissements s’il y en a, ce qui en résulte un manque de stabilité sociale", lit-on sur le communiqué annonçant la grève.

La Coordination dénonce également "l’absence de promotion, l’incapacité de passer d’un cycle à un autre, l’incapacité de passer des concours d’enseignement supérieur, les retenus sur salaires en raison des grèves, l’arrestation d’enseignants protestataires, ainsi que le retard des différentes Académies régionales dans le versement de certaines indemnités". "Nous ne voulons plus de ce système", déclare M. Er-Rahmouni.

Le second combat rempoté par ces contractuels est relatif au système de retraite. Le ministère de l’Education nationale a donné son feu vert en juin 2021 pour leur affiliation à la Caisse marocaine des retraites (CMR). Ils étaient jusqu’à cette date affiliés au Régime collectif d’allocation de retraire (RCAR), qui est moins avantageux en termes de taux de cotisation et de pensions de retraite.

La régionalisation avancée implique le recrutement régional

La mobilisation de ces enseignants intervient dans un contexte marqué par la refonte du système éducatif, en application des recommandations du Nouveau modèle de développement, notamment dans le cadre de l'accompagnement du processus de régionalisation avancée. L’objectif de ce grand chantier est de permettre à chaque région de prendre en main sa destinée en matière de développement, et ce dans tous les secteurs.

Interpellé sur ce point, M. Er-Rahmouni souligne que "le programme de recrutement par contrat remonte à plusieurs années, et non à 2016, année de sa mise en place. Il figure dans l’article 35 de la charte nationale de 1999 du ministère de l’Education nationale".

"Dans cette chate, il n’a jamais été question de régionalisation. Et même si l’on voulait adhérer à ce processus de régionalisation, il faut qu’il soit appliqué à tous les secteurs, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui."

"Si nous continuons dans ce sens, nous irons vers la disparition de la fonction publique, qui est l’un des droits fondamentaux de tout citoyen marocain, et vers la privatisation de l’enseignement".

Absence de dialogue avec le nouveau gouvernement

Rappelons que le bras de fer entre le ministère de l’Education nationale et les enseignants des AREF perdure depuis 2015, année de l’adoption du recrutement contractuel. Depuis, plusieurs réunions ont été tenues entre la tutelle et les représentants des enseignants.

La Coordination dénonce ainsi l’absence de dialogue avec le nouveau ministre de l’Education nationale, depuis sa prise de fonction. "Malgré les changements opérés au niveau du ministère, nous restons confrontés au manque de dialogue", regrette Othman Er-Rahmouni.

Chakib Benmoussa a pourtant tenu une première réunion avec les syndicats les plus représentatifs du secteur de l’enseignement le 15 octobre dernier. Selon ce membre de la cellule de communication de la Coordination des contractuels, "il s’agissait d’une simple rencontre introductive, lors de laquelle aucun point concret n’a été discuté".

"On cessera donc de manifester uniquement lorsque le ministère décidera d’entamer le dialogue, mais dans le sens de l’amélioration des conditions de travail des enseignements, et essentiellement de l’intégration à la fonction publique".

"Actuellement, plus du tiers des enseignants sont des contractuels. 15.000 autres seront recrutés au titre de l’année 2022, pour s'ajouter aux 102.000" recrutés entre 2017 et 2021, conclut-il.

Contactée par Médias24, une source proche du dossier nous explique que "le recrutement de ces 15.000 enseignants cadres des AREF était indispensable pour cette première année d’exercice du nouveau gouvernement. Nous avons un besoin énorme en termes de professeurs, vu le grand nombre de départs en retraite. Nous avons aussi besoin d’alléger les salles de classe".

"Ce dossier pourrait toutefois connaître des changements à l’avenir, puisque rien n’a encore été tranché pour l’instant. Il est en cours d’étude au niveau du ministère", conclut notre source.

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