CloudFret lance sa deuxième levée de fonds en moins d’une année
CloudFret est une plateforme digitale qui connecte intelligemment les transporteurs de marchandises et les expéditeurs, en optimisant les retours à vide des camions. En moins d’un an, la startup marocaine, qui compte à son actif plus de 4.500 camions référencés, lance sa deuxième levée de fonds.
"Le transport routier représente un marché de 300 milliards d’euros annuel et 90% du trafic interurbain et inter-États de marchandises en Afrique", précise Driss Jabar, fondateur et PDG de CloudFret, dans un échange avec Médias24.
Très fragmenté, constate-t-il, le secteur compte 90% des transporteurs provenant des sociétés de petites tailles, avec moins de deux camions, et qui utilisent des outils obsolètes pour confirmer les voyages, suivre les chargements ou partager les documents de transport (CMR, factures, etc.) avec les donneurs d’ordres. Qui plus est, "plus de 30 % des camions retournent à vide", note notre interlocuteur.
A la lumière de ces constats, le premier chantier a donc consisté à bâtir une communauté large et fiable de transporteurs partenaires marocains puis espagnols, portugais et français, avant de proposer leurs services aux chargeurs répartis entre les deux rives de la Méditerranée. Ce qui n’a pas été une mince affaire avec "un secteur du transport et de la logistique au Maroc qui est resté longtemps en dehors des radars de la transformation digitale". Driss Jabar recommande à ce titre que le secteur soit accompagné par des spécialistes pour lui apporter des solutions efficaces et durables, notamment face aux contraintes qu’il subit.
Driss Jabar décide alors de lancer CloudFret, une plateforme digitale innovante qui connecte les transporteurs de marchandises nationaux et transnationaux qui font des retours à vide avec les expéditeurs, optimisant ainsi les coûts des deux parties dans un cadre gagnant-gagnant.
C’est une solution intelligente qui fait "le lien entre les appels d’offres du transport et les capacités de chargement, et prédit ainsi les retours à vide des camions et les optimise, en agrégeant toute la data transporteur disponible dans son système", détaille notre interlocuteur. Et d’ajouter : "Le prix de la solution est transparent et déterminé en temps réel en fonction de l’offre et de la demande. Avoir un intermédiaire (samsar) qui passe ses journées à passer des coups de téléphone sans garantie ni plus-value et requiert des commissions opaques, ce n’est pas très rentable et ça tire le secteur vers le bas."
Un an après sa création, la startup affiche un bilan encourageant
"CloudFret séduit de plus en plus de transporteurs et d’expéditeurs car la solution est intuitive", se réjouit Driss Jabar. La startup compte aujourd’hui des clients comme de grandes exploitations agricoles et de grands industriels européens, ainsi qu’un réseau de plus de 150 transporteurs partenaires, représentant une flotte de plus de 4.500 camions référencés. "CloudFret a pour ambition d’atteindre 10.000 camions en 2022."
En moins d’un an, la startup a consolidé son assise à Casablanca et à Paris. Son chiffre d’affaires affiche "une croissance mensuelle qui dépasse 50% les derniers mois".
Ces résultats ont permis à l’entrepreneur de légitimer et d’asseoir son modèle économique et séduire en conséquence des investisseurs, comme le fonds de capital-risque marocain Azur Innovation, qui a investi un ticket de 400.000 dollars, et l’investisseur américain Plug & Play. Des investissements qui permettront à la startup de recruter des talents pour faire face aux différents challenges et d’accélérer sa croissance à l’international, notamment en renforçant son positionnement sur le marché européen et africain. Car si CloudFret dispose aujourd’hui d’une capacité à répondre à toutes les demandes de l’Europe vers le Maroc ou le Sénégal, il compte "tracer son chemin vers les pays d’Europe de l’Est, en plus de développer son offre en Afrique francophone".
Driss Jabar indique que la startup est aujourd’hui "valorisée à plusieurs millions de dollars" et en phase de lever un deuxième tour, avec comme ambition d’accélérer son expansion à l’international.
Autre coup de projecteur offert à CloudFret : la startup fait actuellement partie du top 8 des startups où investir en Afrique selon VC4A, un réseau international qui connecte les startups à fort impact aux opportunités. Ce tableau laisse entrevoir une licorne marocaine en devenir.
Bon vent !
à lire aussi
Article : Emploi : les députés valident l’insertion des non-diplômés et la limitation du temps de travail des agents de sécurité
Portés par Younes Sekkouri, les deux textes adoptés lundi 22 juin prévoient d’étendre les incitations de l’ANAPEC à un public jusque-là exclu et de ramener les journées des salariés du gardiennage privé du régime possible des douze heures vers le droit commun.
Article : Ligue arabe : passage de témoin égyptien entre Ahmed Aboul Gheit et Nabil Fahmy, désigné secrétaire général
Réunis lundi 22 juin à Amman, les ministres arabes ont confirmé pour cinq ans le choix de l’ancien chef de la diplomatie égyptienne, qui prendra ses fonctions le 1er juillet.
Article : Huit ans après sa mise en service, Acwa prévoit d’étendre de 40 MW le parc éolien de Khalladi
Avec ses 40 éoliennes, ses 120 MW installés et une production annuelle supérieure aux prévisions, le site de Jbel Sendouq sert aujourd’hui de vitrine à un modèle encore peu répandu au Maroc : vendre directement une électricité décarbonée à des industriels, sans faire porter le risque sur l’acheteur public.
Article : Mardi 23 juin 2026 : le dirham se déprécie face au dollar
Ce mardi 23 juin 2026, vers 8 h 30, la première cotation centrale USD/MAD de la journée, telle que publiée par Bank Al-Maghrib (BAM), fait […]
Article : Antidumping sur les couvertures : Mazafil et Cosyfil s'expliquent
Mazafil et Cosyfil demandent l’instauration de droits antidumping sur les importations chinoises et égyptiennes d’étoffes à longs poils pour couvertures. Les deux producteurs dénoncent des prix anormalement bas et défendent une mesure destinée, selon eux, à rétablir une concurrence loyale.
Article : Viandes rouges : la hausse des prix devient-elle la nouvelle norme ?
Après les fortes tensions observées durant la période de Aïd al-Adha, les prix restent orientés à la hausse un mois plus tard. Cette situation interroge d'autant que ces prix, jugés autrefois exceptionnels, s'installent. Les dessous d’une flambée durable.