Mohamed Boussaid : La coalition gouvernementale sera d’ordre programmatique
Deux membres du bureau politique du RNI reviennent pour Médias24 sur les étapes nécessaires avant d’aboutir à une coalition gouvernementale. Selon Mohamed Boussaid et Rachid Talbi-Alami, leur parti n’a pas encore commencé à négocier avec le PAM et le PI, mais contrairement à 2016, le futur exécutif ne pourra exister que sur la base de son propre programme.
Jour de fête au RNI, qui a célébré ce jeudi 9 septembre sa victoire aux élections législatives de la veille, qui ouvrent la voie à la chefferie du gouvernement.
Avant d'être nommé par le Roi, Akhannouch endosse déjà un costume rassembleur de chef de l’exécutif
Visiblement sur un petit nuage, c’est un Aziz Akhannouch heureux, et entouré d’une garde prétorienne constituée de 15 membres du bureau politique, qui est apparu sur scène pour délivrer un discours centré sur «sa gratitude» à l’égard des électeurs, et des Marocains dans leur ensemble.
Endossant d’avance un costume rassembleur de chef de gouvernement, mettant de côté les luttes partisanes parfois violentes de la campagne électorale, le président a rappelé, sous les vivats incessants, le fort engouement électoral de 8,78 millions d’électeurs qui ont «su faire la différence avec le passé».
« Contrairement à la coalition sortante, la mienne sera homogène »
Se disant disposé à «travailler avec l’ensemble des partis sur la base du programme du RNI qui contient 5 grands axes et 25 mesures, dont le contenu est inspiré de ses rencontres avec les Marocains lors des tournées régionales du RNI», le ministre sortant de l’Agriculture a promis une nouvelle ère fondée sur le consensus.
Pour cela, il s’est engagé, en conclusion, à «construire un avenir meilleur avec une majorité homogène», en laissant entendre que la future coalition serait en rupture avec celle du chef du gouvernement sortant.
Les négociations avec les autres partis démarreront après la nomination du successeur d’El Otmani
Sollicité dans les couloirs du siège du parti, le membre du bureau politique Mohamed Boussaid nous a confié qu’il était encore trop tôt pour savoir avec qui le RNI allait gouverner le pays pendant cinq ans.
«Nous ne sommes pas encore parvenus à cette étape des discussions directes, pour la bonne raison qu’il faut en premier lieu attendre de connaître les résultats définitifs du scrutin législatif, puis enfin la désignation par Sa Majesté du nouveau chef du gouvernement.»
« La seule ligne rouge en termes d’alliance sera programmatique »
Selon Mohamed Boussaid, ce n’est qu’à ce moment-là que ce dernier sera en mesure de négocier avec ses futurs alliés. «Comme l’a précisé notre président, hormis une base d’ordre programmatique qui devra réunir le RNI avec ses futurs partenaires, il n’y aura aucune ligne rouge en termes d’alliances politiques.»
Boussaid a confirmé qu'ils étaient «prêts à travailler avec tous les partis, sans exception». Il s'est félicité de la forte participation «des électeurs qui, en retrouvant le chemin des urnes, ont prouvé leur confiance dans le processus électoral et, par conséquent, dans la représentation politique.»
« Coalition large ou ramassée, les résultats définitifs détermineront l’ossature du futur gouvernement »
A la question de savoir si son président comptait construire une large coalition de partis, comme celle du gouvernement sortant qui en compte 5 (PJD, RNI, USFP, MP, UC, et jusqu'à 6 avant la sortie du PPS), ou une plus ramassée avec simplement 3 partis, sachant qu’une majorité parlementaire (198 sièges) comprenant RNI-PAM-USFP (214) ou RNI-PI-USFP (210) serait largement suffisante pour gouverner, Boussaid a répondu ne pas être décisionnaire.
Devant notre insistance à évoquer le confort généré par une majorité constituée d’un minimum de partis, afin d'éviter d’avoir à gérer les égos d’une coalition fragmentée, notre interlocuteur a répliqué qu’il fallait attendre pour trancher cette question.
« Notre priorité économique sera d’imaginer un plan de relance pour surmonter la crise qui a épuisé les finances du Maroc »
Interrogé sur la priorité économique à court-terme du prochain gouvernement, l’ancien ministre des Finances a affirmé que l’impact socio-économique de la pandémie depuis deux ans, qui a épuisé les finances de nombreux pays en les poussant à s’endetter à l’international, nécessitait une réponse rapide de l’Etat.
«Concernant le Maroc, dont plusieurs secteurs névralgiques comme celui du tourisme ont été fortement impactés, nos deux priorités consisteront à accompagner les opérateurs privés qui ont beaucoup souffert, et surtout à imaginer un grand plan de relance capable de nous faire retrouver une croissance honorable qui permettra de créer des emplois dans les secteurs touchés par la crise sanitaire», a conclu Boussaid.
« Notre coalition ne décevra pas les Marocains » (Rachid Talbi-Alami)
Aussi optimiste que son collègue de parti, l’ancien président de la Chambre basse, Rachid Talbi Alami, nous a confié que le bureau politique ne s’était pas encore réuni pour trancher sur la question des partis susceptibles de constituer une coalition gouvernementale sous la conduite du RNI, chef de file.
Tout en n’excluant pas un gouvernement ramassé, constitué de 3 ou 4 partis au maximum, l’ancien ministre de la Jeunesse et des sports a affirmé que le plus important pour le RNI était de remplir ses promesses électorales dans le cadre d’une coalition gouvernementale. Le parti devra tenir tous ses engagements à l’horizon 2026, afin de ne pas décevoir et d’être réélu dans cinq ans.
Ci-après, le premier discours du président du RNI au lendemain de sa victoire aux 3 scrutins :
Déclarations à Médias24 de Rachid Talbi Alami, membre du bureau politique et ancien ministre :
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