Covid-19 : Situation sanitaire, vaccination, immunité collective… éclairage du Pr Azeddine Ibrahimi
Pour le professeur Ibrahimi, nous vivons actuellement le pic de cette vague qui se caractérise par son hétérogénéité régionale. Il insiste également sur l'importance de la vaccination. Détails.
Le professeur de médecine, directeur du laboratoire de biotechnologie de la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat et membre du Comité scientifique et technique de la vaccination, Azeddine Ibrahimi, a publié un long texte sur son compte Facebook afin d’éclairer l’opinion publique sur la situation sanitaire et son évolution au Maroc.
« Oui, le vaccin de Sinopharm protège contre le variant Delta », c’est ainsi que le professeur entame sa tribune.
La situation épidémiologique
« Je pense que nous sommes en train de vivre le pic de la vague » affirme le professeur. "Nous pouvons évoquer l'aplatissement de la courbe au niveau national", mais pour le Pr Ibrahimi ce plateau apparent peut être illusoire, car bien que les chiffres au niveau national semblent arrivés à un palier, "les différentes régions du royaume n’ont pas connu cette vague au même moment".
Il explique que malgré l'amélioration de la situation épidémiologique dans les régions de Souss et Marrakech, il fait remarquer que "les régions de Rabat-Salé-Kénitra et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima connaissent une augmentation du nombre de cas".
Par ailleurs, le professeur rappelle que l’indicateur de référence pour évaluer l’évolution de l’épidémie reste le taux de positivité des tests et non pas le nombre de nouveaux cas. Il note que cet indicateur commence à se stabiliser, et que le taux de létalité a baissé, en passant de 1,7% à 1,4%.
Le vaccin de Sinopharm est-il moins efficace que les autres ?
Selon une étude citée par le professeur, publiée dans la prestigieuse maison d’édition Taylor & Francis, le vaccin de Sinopharm protège, à différents degrés, contre tous les symptômes de la maladie, et est efficace à 90% contre les formes graves de la maladie. Il ajoute que les vaccins ne protègent pas contre la contamination, mais réduisent le risque de contagion chez les personnes vaccinées et protègent contre les formes graves de la maladie.
Et bien qu’il « respecte la décision des autorités françaises de mettre le Maroc dans sa liste rouge », le scientifique ne cache pas son amertume concernant leur décision de considérer les personnes vaccinées au vaccin de Sinopharm comme « non vaccinées ». « Sur quelle base scientifique cette décision a-t-elle été prise ? » s’interroge-t-il.
Vaccinés… pour combien de temps ?
Selon les dernières études, une baisse de l’immunité est observée après 7 mois de la vaccination, spécialement chez les personnes âgées et chez les personnes souffrant de maladies auto-immunes.
C’est la raison pour laquelle plusieurs pays recommandent l’injection d’une troisième dose, ajoute Pr Ibrahimi.
« Je pense qu’il est temps de recommander cette dose supplémentaire aux personnes âgées et aux malades chroniques au Maroc afin de protéger leurs vies», préconise-t-il.
Vaccination des enfants
Le membre du Comité scientifique et technique de la vaccination s'arrête aussi sur la vaccination des 12-17 ans qu'il juge primordiale pour freiner la propagation de l’épidémie.
Pr Ibrahimi n'hésite pas à appeler les parents à faire vacciner leurs enfants en les rassurant quant aux éventuels risques liés à la vaccination des adolescents. « Naturellement, je ferai vacciner ma fille de 14 ans, comme j’ai fait vacciner mon fils de 18 ans. » assure-t-il.
Quant à la vaccination des moins de 12 ans, il se dit contre une telle décision, non pas pour des raisons scientifiques, mais pour des raisons déontologiques et éthiques. « Je n’accepte pas de vacciner cette catégorie alors que le taux de vaccination en Afrique ne dépasse pas 2%. ». Avant d’ajouter, « nous pourrions gérer l’épidémie localement, mais la sortie de crise ne se fera que de manière globale ». Comptant plus d’un milliard d’habitants, la non vaccination du continent risque de faire muter le virus encore une fois, et créera ainsi d’autres variants. D’où la nécessité d’une distribution équitable du vaccin.
Vers une immunité collective
Le professeur reste optimiste quant à l’évolution de la situation épidémiologique. « La situation devrait s’améliorer vers la mi-septembre, avec la vaccination de la moitié de la population. ». Ainsi, il réitère son appel pour l’accélération du processus et appelle les personnes non vaccinées à le faire.
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