Hevo Ammoniac Maroc : premiers détails sur le projet de production d'hydrogène vert au Maroc
La première tranche du projet "Hevo Ammoniac Maroc", programmé globalement en quatre phases et sur une surface de 1.000 hectares, sera financée par le consortium international Fusion Fuel à hauteur de 22 millions d’euros. Toutefois, ces engagements suscitent également des réserves.
Contacté par Médias 24, Mohammed Cherkaoui , conseiller scientifique de la société portugaise de technologie, Fusion Fuel Green nous livre plus de détails concernant "Hevo Ammoniac Maroc", le projet de production d'hydrogène et d'ammoniac lancé mardi 13 juillet à Rabat.
M. Cherkaoui explique que ce projet va se positionner sur plusieurs sites qui remplissent les conditions de radiations solaires optimales et de proximité aux ports pour la logistique d’export.
Il y aura, selon lui, quatre phases de construction programmées sur 4 ans (2022 à 2026), la production commencera en 2022 et augmentera jusqu'à atteindre les objectifs voulus ( 31.850T/an d'hydrogène vert, 151.800 T/an de nitrogène et de 183.650 T/an d'ammoniac vert ) en 2026.
Concernant le financement de ce projet, qui nécessite la mobilisation de 865 millions d’euros, la même source déclare que "le coordinateur du consortium international Fusion Fuel vont financer la première tranche du projet en 2022 à hauteur de 22 millions d’euros. D’autres fonds d’investissements, comme la Société financière internationale (SFI), vont financer le reste du projet."
Fusion Fuel a annoncé, mercredi 14 juillet, que ce projet va permettre au Maroc de réduire de 280.000 tonnes son émission annuelle de CO2 par an. Mohammed Cherkaoui nous confirme ce chiffre et précise que "ce projet est très respectueux de l'environnement. L’eau nécessaire pour produire l’hydrogène va prendre sa source au niveau de la station de dessalement de l’eau de mer."
Concernant la superficie, ce projet a été annoncé comme étant la plus grande ferme d’hydrogène et d’ammoniac verts à l'échelle mondiale, Mohammed Cherkaoui nous a confié qu'il s'étalera sur une surface de 1.000 hectares avant de souligner qu'il n'existe actuellement aucun projet similaire de cette taille.
Concernant les exportations d'hydrogène et d'ammoniac qui seront exclusivement dédiées à l'Europe, Mohammed Cherkaoui nous explique que ce choix a été fait car l'un des partenaires du projet est Vitol, l'une des principales sociétés de trading pétrolier au monde et qui exploite l'ammoniac et l'hydrogène en Europe, et dont le besoin augmente tous les ans, souligne t-il.
Concernant l'utilisation au niveau national, "la production va pouvoir subvenir à une partie des besoins d'OCP, qui est le plus grand consommateur d’ammoniac à l’échelle mondiale et en importe plus de 2 millions de tonnes par an", selon Mohammed Cherkaoui,
"On prévoit également le déploiement à travers le Maroc de stations d’hydrogène pour la mobilité urbaine et extra urbaine pour alimenter les bus à hydrogène et éventuellement des taxis," déclare-t-il.
Enfin, s'agissant de l'exploitation de ce projet, notre source nous confie qu'il y aura création au Maroc d’une joint-venture qui regroupe le consortium international et qui sera le véhicule qui portera le projet.
"Nous allons également faire appel aux industries marocaines pour fabriquer les composants technologiques à travers des partenariats stratégiques et des transferts technologiques. Nous prévoyons un taux d’intégration industriel local de 80%," conclut Mohammed Cherkaoui.
Des engagements qui suscitent aussi des réserves
Toutefois, une source professionnelle de haut niveau nous confie que ce projet n'est pas mature car il y a un risque technologique. Selon notre source, ce projet ne se base pas sur des méthodes classiques pour produire de l'hydrogène et l'équipement nécessaire pour produire de l'Ammoniac n'est toujours pas disponible..
"Il va falloir attendre, ça prendra sûrement du temps, pour valider les technologies et savoir si effectivement ce projet aura un avenir, ou pas" conclut notre source.
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