DGSN: Le Maroc disposera de 21 brigades antigang d’ici 2023, celle de Marrakech opérationnelle

Depuis 2018, la DGSN a doté neuf villes du Maroc d’une brigade antigang dont la dernière vient d’être inaugurée le 15 juin à Marrakech. Une source policière de haut niveau revient pour Médias24 sur les missions et l’utilité de ces nouvelles unités de lutte contre la petite et la grande criminalité qui vont être généralisées à l’ensemble des 21 préfectures du territoire national entre 2022 et 2023.

DGSN: Le Maroc disposera de 21 brigades antigang d’ici 2023, celle de Marrakech opérationnelle

Le 19 juin 2021 à 13h21

Modifié 19 juin 2021 à 18h11

Depuis 2018, la DGSN a doté neuf villes du Maroc d’une brigade antigang dont la dernière vient d’être inaugurée le 15 juin à Marrakech. Une source policière de haut niveau revient pour Médias24 sur les missions et l’utilité de ces nouvelles unités de lutte contre la petite et la grande criminalité qui vont être généralisées à l’ensemble des 21 préfectures du territoire national entre 2022 et 2023.

Annoncée en décembre 2020 par la Direction Générale de la Sûreté Nationale, la brigade antigang de la ville ocre est désormais la 9e unité opérationnelle de ce genre au Maroc qui en comptera 21 dans deux ans au maximum.

Neuvième BAG opérationnelle du Maroc

Sollicité par Médias24, un officier supérieur nous explique qu’au regard des succès enregistrés sur le terrain criminogène par les brigades antigang, la DGSN compte les généraliser au sein des plus importantes sûretés régionales et sûretés provinciales du territoire, à savoir dans la plupart des préfectures de police du Maroc.

“Neuvième du genre après les sites pilotes de Salé et de Fès où elle a obtenu des résultats très probants, cette expérience a ensuite été dupliquée à Casablanca, Rabat, Agadir, Tanger, Kénitra, Oujda puis Marrakech.

“En effet, l’expérience qui a démarré en 2018 dans les anciennes villes criminogènes de Salé puis de Fès a été plus que concluante en termes de résultats, avec une baisse significative de la petite et grande criminalité”, nous a déclaré notre interlocuteur pour expliquer sa généralisation à l’ensemble du territoire.

Une brigade de proximité à l’image de la BAC française

A la question de savoir pourquoi ce genre de brigades qui existent partout dans le monde a été créé aussi tardivement au Maroc, l’officier a expliqué que si l’appellation de cette brigade est ancienne, elle n’avait pas la même signification qu’aujourd’hui car la nouvelle antigang n’a pas les mêmes tâches que son ancêtre qui était assimilée à une brigade spécialisée comme les Stups ou la Crim.

« Aujourd’hui, le concept de l’antigang a changé car son champ d’intervention polyvalent est différent du passé.

« Sachant qu’il est construit sur la proximité et la rapidité de déplacement, la BAG ressemble plus à la BAC française (brigade anti-criminalité) dont la mission est de patrouiller dans les rues pour réaliser des flagrants délits ou alors d’assister d’autres brigades comme la BRI (brigade de recherches et d’intervention) sur de grosses opérations.

« Chaque unité compte 170 éléments de moins de 40 ans »

« Concrètement, chaque brigade antigang marocaine compte 160 à 170 policiers d’une moyenne d’âge de 30 ans qui ne dépasse pas la quarantaine et dont la grande majorité travaillent sur le terrain.

« Chacune est divisée en plusieurs groupes constitués d’un nombre d’éléments fixe selon l’étendue du territoire. Ainsi, une mégapole comme Casablanca qui a de nombreux arrondissements demandera plus de groupe d’intervention qu’une ville comme Marrakech qui compte beaucoup moins d’habitants.

« Concernant les moyens alloués, chaque élément est équipé d’une tenue tactique (gilet de protection et casque) ainsi que de véhicules modernes (moto, voiture) facilitant les interventions rapides sur le terrain », précise l’officier.

« Force de frappe contre la petite et la grande criminalité »

Questionné sur la signification marocaine du terme gang, le membre de la DGSN explique que c’est une appellation légale pour définir un groupe de personnes qui agissent en concertation pour commettre un crime.

« En fait, c’est une application technique un peu générale car sur le plan opérationnel, la mission de la brigade antigang est de lutter contre tous les genres de crimes à savoir les vols avec violence, les agressions physiques, le trafic de stupéfiants…

« Placée sous l’autorité des services de la police judiciaire, son travail consiste également à effectuer des opérations ciblées comme l’arrestation des personnes recherchées sur le fichier national ou international.

“Au regard de ses moyens humains et matériels, la vraie finalité de l’antigang est d’être une force de frappe disponible 24 heures/24 et 7 jours/7 contre la petite mais aussi la grande criminalité, en cas de besoin d’autres services.

« Une brigade d’appoint polyvalente pour renforcer le dispositif sécuritaire existant »

“En effet, que ce soit à Marrakech ou dans les autres villes où elle existe, la brigade antigang a aussi une fonction complémentaire pour travailler avec d’autres entités comme la police judiciaire et la sécurité publique.

« Sachant que la ville ocre n’est pas particulièrement criminogène, son rôle sera de renforcer le dispositif sécuritaire aux côtés de la brigade touristique qui est la plus importante du pays avec 200 éléments”, précise l’officier en ajoutant que la DGSN a commencé à doter les villes aux besoins importants avant de passer à celles comme Marrakech où la criminalité est moins importante.

12 nouvelles brigades antigang d’ici 2023

Selon lui, les neuf premières brigades antigang qui existent aujourd’hui au Maroc s’inscrivent dans une politique de maillage sécuritaire de la DGSN qui vise à couvrir rapidement l’ensemble du territoire national.

« Nous nous sommes donnés le temps et les moyens nécessaires pour qu’à terme 21 préfectures de police du Maroc disposent chacune de sa propre brigade antigang »

« Si je ne peux pas vous fournir une date précise, la plupart de nos grandes villes disposeront d’une brigade antigang à l’horizon 2022 voire au plus tard en 2023”, conclut notre interlocuteur pour qui la généralisation de ces unités fera mécaniquement baisser les chiffres de tous les types de criminalités .

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